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Enquête de suivi de la sécurité alimentaire (FSMS) Juin 2014

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FSMS Juin 2014: FAITS SAILLANTS

A. En juin 2014, 26,2% des ménages mauritaniens sont en insécurité alimentaire. Ce taux est en progression par rapport à son niveau à même période de l’année dernière où il était de 23,7%.

B. L’origine de cette augmentation est la forte progression de l’insécurité alimentaire au Hodh Echargui et à Nouakchott passant respectivement de 29,2% à 50,7% et de 10,3% à 17,5%.

C. Cependant, dans 8 wilayas du pays, comparée à son niveau de juillet 2013, l’insécurité alimen-taire a diminué grâce en grande partie aux interventions massives du Gouvernement et de ses partenaires.

D. Les wilayas du sud et de l’est du pays, qui ont été les plus exposées durant cette décennie, res-tent les principaux foyers de l’insécurité alimentaire; Hodh Echarghi (50,7%), Gorgol (36,5%), Assaba (34,6%), Guidimakha (32,1%) et le Hodh El Gharbi (23%).

E. Globalement, l’insécurité alimentaire en milieu urbain se stabilise autour de 17% alors qu’en mi-lieu rural, elle est en légère augmentation (31,6% contre 28,5% l’année dernière à la même période).

F. Le nombre de personnes en insécurité alimentaire est actuellement de 863 000 personnes contre 800 000 personnes à la même période de l’année précédente. Comme souligné plus haut, cette situation résulte de l’augmentation sensible de l’insécurité alimentaire au Hodh Echargui, qui a connu une situation agropastorale globalement déficitaire cette année. La contribution de Nouakchott à cette augmentation est aussi importante compte tenu du fait que la capitale repré-sente un point de chute des populations rurales confrontées aux difficultés diverses.

G. Parmi ces personnes en insécurité alimentaire, 618 000 personnes sont affectées par la forme modérée (à la limite de l’acceptable) et consomment généralement des aliments de base (céréales, huile, sucre…) auxquels s’ajoutent occasionnellement (2 fois par semaine) des lé-gumes, légumineuses ou viandes.

H. La forme sévère de l’insécurité alimentaire affecte 245 000 personnes. Elle est caractérisée par une alimentation pauvre, basée sur une consommation quasi-quotidienne des aliments de base, composés uniquement des céréales, de l’huile et du sucre. Près de la moitié de ces personnes vivent dans la zone de cultures pluviales au sud des wilayas suivants: Hodh Echargui, Hodh El Gharbi, Assaba, Guidimakha.

I. L’insécurité alimentaire constatée relève plus d’un problème de diversité alimentaire (consommation de différents groupes d’aliments) que d’accessibilité aux denrées de base. La grande majorité des ménages a un accès quasi-quotidien aux céréales, huile et sucre et font moins recours aux stratégies d’adaptation (diminution de repas …) que par le passé.

J. Les distributions gratuites de vivres effectuées par le Gouvernement et ses partenaires ainsi que la vente de denrées à travers les boutiques EMEL ont fortement favorisé cet accès. Sans ces in-terventions dans un contexte de cherté des produits alimentaires et de situation de sécheresse dans plusieurs wilayas du pays, l’insécurité alimentaire aurait sans doute pris cette année en Mauritanie, une forme beaucoup plus grave.

K. Cependant, la diminution de l’autoconsommation de lait et de la viande, due aux mauvaises conditions agropastorales et la hausse continue des prix de ces produits, constituent la cause principale de l’insécurité alimentaire chez les ménages. De ce fait, les ménages en insécurité alimentaire sont ceux dont l’accès aux protéines animales (lait, viande et poisson) reste faible et qui n’arrivent pas à compenser cela par la consommation de légumineuses (niébé).

L. Les interventions prioritaires du Gouvernement et de ses partenaires doivent prendre en compte la nécessité d’une plus grande diversité alimentaire afin de lutter plus efficacement contre l’insé-curité alimentaire des populations. L’expérience de l’achat du surplus de la production de haricot et sa distribution gratuite au profit des populations vulnérables, et la distribution gratuite de poisson sont des exemples d’interventions à poursuivre et à généraliser.

M. Globalement, l’accès des populations aux protéines animales devrait en principe s’améliorer avec l’installation de l’hivernage. Cependant, les mauvaises prévisions pluviométriques pour la plupart des wilaya du pays durant cet hivernage, dont les signes précurseurs sont un important retard des pluies et un déficit marqué, présagent d’une mauvaise campagne agropastorale qui risque de continuer à affecter des populations qui peinent à se relever des chocs précédents.