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Enquête de suivi de la sécurité alimentaire (FSMS) février 2015

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FSMS Juin 2014: FAITS SAILLANTS

A. En début janvier 2015, 23,8% des ménages mauritaniens sont en insécurité alimentaire. C’est le taux le plus élevé observé en période post-récoltes depuis la mise en place du système biannuel de surveillance de la sécurité alimentaire des ménages. En janvier 2014, 18,5% des ménages étaient en insécurité alimentaire.

B. Ce taux d’insécurité alimentaire ne varie que faiblement comparativement à la période de soudure 2014 où 26,3% des ménages étaient en insécurité alimentaire. De ce fait, plusieurs mé-nages qui étaient en insécurité alimentaire au mois de juin ne sont pas sortis de soudure.

C. L’insécurité alimentaire connait une évolution importante au Tagant (31,4%) mais les wilayas du sud et de l’est du pays restent les plus touchées par le phénomène: Hodh Echarghi (37,1%),
Gorgol (35,1%) et Guidimakha (33,1%). La situation reste stable à Nouakchott où 17% des ménages sont en insécurité alimentaire.

D. 837 000 personnes sont en insécurité alimentaire au début du mois de janvier 2015 contre 635.000 personnes à la même période de l’année précédente. Ces chiffres sont pratiquement similaires à ceux de la période de soudure 2014. Parmi ces personnes en insécurité alimentaire, 197 000 personnes sont en insécurité alimentaire sévère et 639 000 en insécurité alimentaire modérée. Les ménages dans cette seconde catégorie ont connu une forte progression aussi bien en effectif qu’en pourcentage. Cela traduit une dégradation progressive de la situation en particulier dans la zone de cultures pluviales confrontée pour la seconde année consécutive à une mauvaise campagne agricole.

E. La majorité des ménages en insécurité alimentaire résident dans la zone agropastorale, la zone des cultures pluviales et dans la vallée du Fleuve Sénégal. Près de 600 000 personnes en insé-curité alimentaire dans le pays vivent dans ces zones. L’ensemble des personnes en insécurité alimentaire sévère dans ces 3 zones atteint 128 000 personnes. Contrairement à la crise de 2011/2012 où la zone de la Vallée du Fleuve a été quelque peu épargnée, cette année, elle est sérieusement affectée surtout sa partie est.

F. La mauvaise pluviométrie en 2014 et ses conséquences sur la production agricole, l’élevage et la main d’œuvre agricole sont les premières causes de l’accroissement de l’insécurité alimentaire dans toutes les zones du pays. Les ménages qui n’ont rien récoltés ont essayé de vendre leurs petits ruminants pour pouvoir se procurer de la nourriture. Cela s’est traduit à plusieurs endroits du pays par une augmentation relativement importante de l’offre de bétail sur les marchés, qui à son tour a entrainé une baisse des prix des animaux provoquant ainsi une détérioration des termes de l’échange entre le petit bétail et les céréales ainsi qu’une réduction du pouvoir d’achat de ces ménages. Certains d’entre eux ont été contraints de ne consommer essentiellement que des céréales, de l’huile et du sucre entrainant ainsi une détérioration de leur situation de sécurité alimentaire avec des risque sur l’état nutritionnel des enfants.

G. Ainsi, l’insécurité alimentaire constatée au mois de décembre 2014 est à la fois un problème de disponibilité (faibles production de céréales locales et de niébé) mais surtout d’accessibilité due à la réduction de la production agricole destinée à la revente et à la baisse des ressources financières des ménages issue de la main d’œuvre agricole et de la vente des animaux.

H. Le Gouvernement, prenant la mesure de la récurrence des crises liées aux facteurs climatiques, a souscrit à la mutuelle panafricaine de gestion des risques African Risk Capacity (ARC). Le mauvais déroulement de l’hivernage 2014 a entrainé le décaissement d’un montant de 6,3 millions de dollars USD au profit du Gouvernement. Ce financement devrait couvrir les besoins essentiels de quelques 300.000 personnes dans les zones agricoles les plus affectées par la sécheresse.

I. Les interventions prioritaires du Gouvernement et de ses partenaires doivent cependant prendre en compte la nécessité d’une plus grande synergie des actions aussi bien dans le temps que dans l’espace afin d’optimiser les ressources et de couvrir le maximum de personnes dans le besoin tout en évitant les chevauchements.

J. La période de soudure est attendue de façon précoce cette année. Pire, certaines zones du pays ne sont pas sorties de soudure depuis le mois d’avril 2013. Si on ajoute le fait que plusieurs de ces ménages ne se sont pas encore relevés des crises passées en particulier celle de 2011/2012, on peut s’accorder sur l’urgence de mettre en place cette assistance et de s’assurer qu’elle cible les plus vulnérables.