Chemins croisés: Une enquête par échantillonnage piloté par les répondants auprès des migrants et des réfugiés à Nouadhibou, Mauritanie

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from UN High Commissioner for Refugees
Published on 05 Sep 2019 View Original

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Compte tenu des estimations très divergentes des populations migrantes et réfugiées vivant à Nouadhibou et de la difficulté à les atteindre car elles sont en mouvement et font le choix de la discrétion, le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés en Mauritanie a utilisé la méthode de “l’échantillonnage piloté par le répondant” (Respondent Driven Sampling, RDS) pour mieux estimer cette population à Nouadhibou. RDS s’appuie sur le recrutement des répondants par leurs propres pairs.

L’enquête du HCR estime que le nombre de migrants et de réfugiés âgés de 14 ans et plus originaires d’Afrique occidentale, centrale et orientale vivant à Nouadhibou se situe aux alentours de 10 000 personnes. La plupart des migrants et des réfugiés à Nouadhibou sont des hommes, célibataires, originaires du Mali et travaillant principalement dans les secteurs de la pêche et de la construction. Les femmes représentent 26% de la population migrante et réfugiée; elles sont moins mobiles que les hommes et vivent à Nouadhibou depuis plus d’un an; elles ont tendance à vivre plus souvent avec les autres; elles ont des enfants et tendent à mendier. Quant aux adolescents âgés de 14 à 17 ans, ils représentent 6% des migrants et des réfugiés à Nouadhibou. Le groupe le plus large parmi eux vient du Mali. Cette population inclut à la fois des migrants et des réfugiés; les raisons pour lesquelles ceux-ci ont quitté leur pays d’origine sont principalement dues aux difficultés économiques, mais également à la peur de la persécution et de la violence.

Cette enquête montre que la plupart des migrants et des réfugiés n’essayent pas nécessairement d’aller en Europe, mais qu’ils sont venus en Mauritanie à la recherche de travail (ou pour demander l’asile, en particulier pour les femmes). L’enquête montre également que la région de l’Afrique de l’Ouest connaît des mouvements mixtes dynamiques et que migrants et réfugiés empruntent les mêmes itinéraires pour se rendre en Mauritanie.

Elle souligne également le fait que la route migratoire du sud vers la Mauritanie ne recense que peu d’activités de passeurs et de réseaux de trafic en net contraste avec la route du nord à partir de la Mauritanie. C’est pour cette raison sans doute que peu de migrants et de réfugiés ont déclaré avoir été victimes ou témoins de la traite.

Enfin, concernant l’accès aux services sociaux de base, la plupart des migrants et des réfugiés ont des difficultés à y accéder, à se procurer un logement décent et à trouver un emploi. En outre, l’absence de documentation de ces personnes et de leurs enfants est une préoccupation majeure pour tous.