Mali

Évaluation itérative avec mini-séminaire – EIMS 4, Mopti, Gao, Kidal, Tombouctou, Taoudéni, Ménaka, Version finale août 2020

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Evaluation and Lessons Learned
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RÉSUMÉ EXÉCUTIF

Cette EIMS 4 s’est déroulée dans le contexte très particulier de la crise sanitaire de la COVID-19 qui a eu des conséquences sur l’organisation et la conduite des activités. Des difficultés liées à l’insécurité et à l’indisponibilité de certains acteurs (services techniques, autorités) dans certaines localités ont également été rencontrées. Aucun incident n’a en revanche été signalé lors du travail de terrain.
Les paragraphes suivants présentent, par thématique, les principaux résultats de l’évaluation.

Transferts monétaires

Le degré de connaissance du calendrier des transferts monétaires et la qualité de sa communication diffèrent d’une région à l’autre. Certains bénéficiaires et autorités interrogés se sont en effet plaints du manque de visibilité sur les calendriers des distributions, ainsi que du manque de communication.
Cela est dû au fait que la date de la distribution est communiquée uniquement la veille et aux seuls bénéficiaires pour des raisons de sécurité. Les bénéficiaires et autorités interrogés dans la plupart des régions (Tombouctou, Kidal, Ménaka et Mopti) ont souligné la pertinence du calendrier de mise en œuvre et une bonne prise en compte de la période de soudure. Il demeure cependant, difficile de trouver un commerçant local pour assurer la mise à disposition de ressources financières sur le terrain dans certaines communes (Talataye, Tin Hama et N’Tillit). Les activités de transfert monétaire ont soutenu les ménages bénéficiaires durant les périodes d’insécurité alimentaire saisonnière et permis de limiter l’exode des « bras valides » vers les villes durant cette période. Elles ont également contribué à la satisfaction de besoins alimentaires et non alimentaires (produits d’hygiène, vêtements,

etc.). Les effets positifs des opérations de transfert monétaire ont touché les bénéficiaires mais aussi des non bénéficiaires (augmentation de la demande, remboursement des dettes, activités génératrices de revenu). Aucun effet négatif n’a été rapporté. Certaines mesures comme l’implication des bénéficiaires ayant une bonne connaissance des prix du marché dans le choix des fournisseurs (commerçants) sont de nature à obtenir de meilleurs prix (Tombouctou) et améliorer les opérations de transfert monétaire.

Nutrition

La stratégie dite « PB (périmètre brachial) mère » a été jugée efficace et simple à mettre en œuvre par les acteurs. Un changement réel dans le comportement des mères formées est constaté : elles sont désormais capables de détecter elles-mêmes les cas de malnutrition et de les référer. Le dépistage effectué au sein de la communauté a facilité la mise en place d’un diagnostic en temps réel des enfants et, de fait, permis une prise en charge précoce des cas de malnutrition modérée (MAM) par le programme. Selon des agents de santé rencontrés à Tombouctou et Taoudéni, ces cas de MAM ont diminué grâce à une prise en charge précoce. La détection précoce des cas de malnutrition au sein des ménages grâce à l’approche PB-mère a entraîné une augmentation de la fréquentation des centres de santé, mais la demande en bande de Shakir n’a pas pu être satisfaite au niveau de l’agence onusienne UNICEF. Le taux de couverture est de 45 %. De ce fait, un grand nombre de femmes-mère n’ont toujours pas reçu de bandes. D’autres défis existent comme le coût du transport lié au référencement mais aussi la formation des mères et leur suivi qui a été soulevée à plusieurs reprises (difficulté de former des femmes analphabètes, indisponibilité récurrente des femmes occupées aux travaux domestiques). La prise en charge au niveau des centres de santé n’a pas connu de changement majeur depuis la dernière EIMS, sauf à Gao où l’on note une légère amélioration dans la prise en charge des malnutris par rapport à l’évaluation précédente grâce à la prise en compte de la nutrition dans les PDSEC de toutes les communes d’intervention, à l’exception de Ntillit. Dans cette région, les interventions des ONG Action Contre la Faim Espagne et AAG à travers l’appui du PAM sont en train de renforcer la stratégie mise en place et d’assurer la continuité des actions du programme KEY.

Moyens d’existence

La distribution du bétail a également permis aux ménages d’accéder à des actifs productifs, à travers la production du lait et de ses dérivés (surplus de lait transformé et vendu au profit du ménage), mais aussi de générer un revenu de la vente des petits ruminants nouvellement nés suite aux distributions. Le revenu issu de la vente des animaux est dépensé dans les besoins alimentaires et non alimentaires du ménage. Dans certaines localités, des ménages n’ont pas pu attendre la reproduction du bétail et ont été contraints de les vendre pour subvenir à leurs besoins de base. D’autres ménages bénéficiaires se sont retrouvés à « la case départ » suite à la pression exercée sur le bétail pour satisfaire des dépenses exceptionnelles (mariage, voyage, médicaments, baptême, fêtes religieuses, etc.). La durabilité des comités de gestion n’est pas assurée dans les localités ciblées par la présente EIMS 4. Une plus grande implication des collectivités et services techniques a été recommandée pour prendre la relève à la fin du programme.