Mali

Évaluation de la situation des droits humains à Gao

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Le 18 octobre dernier, une importante mission de la Division des droits de l'homme et de la protection (DDHP) de la MINUSMA, conduite par son Directeur, Guillaume NGEFA, est arrivée à Gao pour une visite de trois jours. Objectif de ce déplacement : évaluer la détérioration de la situation sécuritaire et son impact sur les droits humains, notamment sur les violations et abus commis contre les civils, mais aussi identifier des pistes d’amélioration de la protection des populations.

Plusieurs rencontres importantes avec les partenaires ont eu lieu durant cette mission. Le Directeur de la Division de Droits de l’Homme et de la Protection de la MINUSMA a pu rencontrer le Gouverneur de la région de Gao, le Commandant de la Région 1 des FAMa, les autorités traditionnelles et religieuses, ainsi que les membres de la société civile et les jeunes. Complétées par des concertations avec le Bureau régional de la MINUSMA, l’ensemble de ces rencontres a abouti à un consensus sur la nécessité de travailler en synergie pour éviter une crise de la protection et pour que les Autorités puissent trouver les voies et moyens pour mieux protéger la population civile.

« Nos rapports et les rapports de différents acteurs indiquent qu’il y a des braquages imputés aussi bien aux groupes armés qu’aux autres individus non identifiés. Tout cela se fait de façon récurrente et quotidienne, ce qui fait que le droit à la sécurité individuelle et collective est compromis : les gens qui prennent les transports publics demeurent inquiets parce qu’ils ne savent pas s’ils seront attaqués ou pas. Tout cela s’est ajouté à une situation sécuritaire complexe qui a conduit à des attaques contre des villages, comme ce qui s’est passé récemment à Ouattagouna, et aussi d’autres incidents communautaires à Koyma et ailleurs. Tous ces faits créent un climat de terreur. Cette situation d’insécurité constante ne se limite pas qu’au cercle d’Ansongo, mais aussi à la ville de Gao, où l’on constate des attaques quotidiennes contre les biens des personnes, contre les moyens de locomotion etc. Tout cela n’est pas de nature à créer un environnement propice pour le respect des droits de l’homme, » a expliqué M. NGEFA. Concernant le constat de l’absence de l’Etat dans certaines communes et son impact sur la protection des populations, Guillaume NGEFA a échangé avec les autorités locales qui l’ont rassuré que des mesures rapides seront prises pour permettre le retour sécurisé des agents de l’Etat.

Lors d’une interview, le Directeur de la DDHP a tenu à préciser que : « La situation des droits de l’homme est tributaire de la dégénération de la situation sécuritaire. Les deux sont intimement liées, car le droit à la sécurité est un droit de l’homme. Il faut donc que les populations soient mieux protégées par les acteurs étatiques en charge de l’administration. Il faut aussi que les autorités locales et les autorités militaires participent à leur protection. Cette détérioration de la situation des droits de l’homme doit également s’accompagner d’une réponse judiciaire, d’où l’importance de contribuer au renforcement des cours et tribunaux avec le personnel approprié, pour que des réponses efficaces puissent mettre un terme au recours à la justice populaire. »

Des Forces de défense et de sécurité et des autorités judiciaires déterminées

Les rencontres avec les autorités militaires de la région ont permis à la délégation de la Division des droits de l’homme de la MINUSMA de constater la volonté des Forces de Défense et de Sécurité maliennes de donner des réponses immédiates à ce climat insécurisant. Un autre point positif constaté est que pendant cette période, les Forces de Défense et Sécurité n’étaient pas impliquées dans les violations des droits de l’homme : « Ce qui est très, très positif, aussi comme la détermination de continuer dans ce sens. C’est pourquoi nous avons envisagé avec le Commandant de continuer les sensibilisations et autres renforcements des capacités sur les questions de droit de l’homme auprès des militaires, » affirme M. NGEFA.

La visite à Gao a aussi permis au Directeur de la Division des droits de l’homme de la MINUSMA, de visiter la prison centrale, où la division à travers un Projet à Impact Rapide a réhabilité la partie de la prison réservée aux mineurs avec des équipements facilitant leur réinsertion. Une raison pour Guillaume NGEFA de féliciter les autorités judiciaires initiatrices de ce projet financé par la MINUSMA à hauteur de 28 000 000 de FCFA.