Mali

Soutenir une transition paisible sur le plan social, politique, culturel et économique au Mali

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La crise de 2012 a révélé dans la société, la politique et la culture maliennes de profondes fractures qui ont contribué à l’effondrement apparemment soudain de l’État. L’Ambassade du Danemark à Bamako au Mali a commandé cette étude en plein milieu de la crise afin de mieux comprendre le contexte actuel social, politique, culturel et institutionnel au Mali et de définir les différents points d’entrée que les bailleurs de fonds pourront utiliser afin de faire de l’aide au développement un outil d’accompagnement de processus susceptibles d’être porteurs de changements positifs.

Ces travaux de recherche ont révélé une très grande envie de débattre dans les moindres détails de la signification d’être Malien. Il y a un désir pour un nouveau Mali, un Mali du XXIe siècle où les vieux systèmes de « consensus » politique, de mousalaka, de clientélisme, de corruption, de divisions entre les nyèmogow et les brousse konomogow, c’est-à-dire entre les dirigeants et les dirigés1 , ont évolué vers une plus grande participation de tous ; un Mali où les institutions publiques et la classe politique sont réformées et redynamisées. Cependant, ce désir de changement ne signifie pas pour autant une entente. Il existe de profonds clivages entre les communautés, entre les citoyens et l’État, entre les générations, entre les hommes et les femmes, les populations urbaines et rurales, les riches et les pauvres, les conservateurs et les progressistes, les traditionalistes et les réformistes.Toute la difficulté pour les bailleurs de fonds est d’intervenir de manière sensible, en encourageant un processus de réformes à long terme et l’intégration de tous. Éviter d’aborder certains sujets épineux risque de laisser les tensions couver pour mieux éclater de nouveau, comme ce fut le cas en 2012.

Ce rapport s’appuie sur l’enquête de terrain menée en novembre 2013 dans différentes régions du Mali et inclut les contributions de chercheurs basés dans le nord du pays. À partir des opinions et idées recueillies auprès d’un large échantillon de Maliens, il met en avant les principaux processus que les bailleurs de fonds et la communauté internationale pourraient soutenir afin de contribuer sur le long terme au développement durable. Ses recommandations sont classées par thèmes : réformer les institutions publiques et les relations entre l’État et la société ; restaurer la sécurité nationale et publique ; favoriser la justice transitionnelle et la réconciliation ; encourager la citoyenneté par l’éducation ; promouvoir une croissance économique partagée et sensible aux conflits. Ces recommandations thématiques s’accompagnent de recommandations plus universelles à l’égard de la communauté internationale au Mali.

Cette étude met en avant les principaux processus – certains déjà en cours, d’autres toujours à l’état de projet – susceptibles de contribuer au changement positif sur le plan social, politique, culturel et économique au Mali :

  • passer du consensus à la participation dans la culture politique ;
  • améliorer les relations entre les différents types de gouvernement : traditionnel, local et central ;
  • améliorer l’accès à la justice ;
  • restaurer la sécurité nationale et publique ;
  • construire un processus légitime et crédible de justice transitionnelle ;
  • encourager la citoyenneté par l’éducation ;
  • améliorer la gouvernance économique ;
  • promouvoir le développement partagé et sensible au conflit.