Mali

Situation au Mali - Rapport du Secrétaire général (S/2020/952)

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I. Introduction

  1. Dans sa résolution 2531 (2019), le Conseil de sécurité a prorogé jusqu’au 30 juin 2021 le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et m’a prié de lui faire rapport tous les trois mois sur la suite donnée à la résolution. On trouvera dans le présent rapport les principaux faits survenus au Mali depuis mon précédent rapport (S/2020/476), en date du 2 juin 2020.

II. Principaux faits nouveaux

  1. La situation au Mali s’est considérablement détériorée sur fond de manifestations de grande ampleur qui ont fait suite aux élections législatives du 29 mars et du 19 avril 2020 et qui se sont soldées par un coup d’État le 18 août et par la détention de l’ancien Président, Ibrahim Boubacar Keïta, de l’ancien Premier Ministre, Boubou Cissé, et de plusieurs responsables civils et militaires. Le Président a démissionné par la suite et annoncé la dissolution du Gouvernement et de l’Assemblée nationale.

A. Évolution de la situation politique

  1. Manifestations à l’issue des élections et efforts de médiation

  2. En juin, les manifestations post-électorales se sont intensifiées à Bamako et dans plusieurs autres villes. Elles ont été motivées par la décision prise le 30 avril par la Cour constitutionnelle d’annuler les résultats préliminaires des élections législatives de mars et avril pour 31 des 147 sièges, principalement au bénéfice de candidats de la coalition au pouvoir.

  3. Les manifestations ont débouché sur un rassemblement de masse à Bamako, le 5 juin, à l’initiative de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko. Des représentants de la société civile, dont l’imam Dicko, et des dirigeants politiques de l’opposition ont ensuite créé le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Le M5-RFP n’a pas seulement contesté le résultat des élections, mais a aussi accusé le Gouvernement de ne pas assurer la sécurité et de ne pas mettre en œuvre les réformes institutionnelles attendues depuis longtemps et exigé la démission immédiate du président et de son équipe. De nouvelles manifestations de masse ont eu lieu le 19 juin et le 10 juillet.