Mali

Situation au Mali - Rapport du Secrétaire général (S/2019/983)

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I. Introduction

1. Dans sa résolution 2480 (2019), le Conseil de sécurité a prorogé jusqu’au 30 juin 2020 le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et m’a prié de lui faire rapport tous les trois mois sur la suite donnée à la résolution. Le présent rapport décrit les faits nouveaux survenus depuis mon rapport précédent (S/2019/782), en date du 1er octobre 2019, et contient une analyse des progrès accomplis dans l’application des mesures énoncées au paragraphe 4 de la résolution 2480 (2019) ainsi que de la situation dans le nord et le centre du Mali et de la configuration de la Mission pour ce qui est de l’exécution de ses priorités stratégiques principale et seconde.

II. Principaux faits nouveaux

A. Dialogue national inclusif

2. Le processus de dialogue national inclusif a démarré après que ses modalités ont été publiées le 3 octobre. Des sessions de dialogue ont été tenues en octobre aux niveaux local et régional et dans les districts ainsi qu’avec la diaspora. Des représentants des partis politiques et de la société civile, y compris des groupes de femmes et de jeunes, ont participé aux débats. La dernière session du dialogue national s’est ouverte le 14 décembre à Bamako. Le 30 novembre, dans son discours à la nation, le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, a annoncé que les conclusions du dialogue seraient mises en oeuvre par un mécanisme de suivi et d’évaluation indépendant, dont le format et la composition devraient être proposés par les participants.

3. Mon représentant spécial a collaboré avec d’autres médiateurs pour encourager toutes les principales parties prenantes à prendre part au dialogue national. Le Front pour la sauvegarde de la démocratie, dirigé par le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé, et le mouvement de la société civile Anw Ko Mali Dron n’ont pas participé au dialogue, arguant que leurs exigences n’avaient pas été satisfaites. La Coordination des mouvements de l’Azawad avait suspendu sa participation après que le Président avait indiqué, dans son discours à la nation du 22 septembre, que certaines dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali allaient peut-être être révisées. Elle a toutefois participé à la dernière session du dialogue.

B. Application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali

4. Le Comité de suivi de l’Accord ne s’est pas réuni depuis que le Gouvernement a annulé la réunion qui devait se tenir à Kidal en septembre. La Coordination des mouvements de l’Azawad a publiquement critiqué cette décision et a fait savoir qu’elle ne continuerait à participer aux travaux du Comité que si une réunion était tenue pour expliquer les raisons de l’annulation. En coordination avec l’équipe de médiation internationale, mon représentant spécial s’est tenu en rapport étroit avec toutes les parties pour les aider à régler leurs différends afin que le dialogue reprenne dans le cadre du Comité et que l’Accord de paix soit de nouveau appliqué. Dans leur communiqué du 3 décembre, les mouvements signataires se sont dits disposés à reprendre les travaux au sein du Comité.

5. La Commission technique de sécurité s’est réunie régulièrement malgré les difficultés politiques. Les participants ont examiné les violations du cessez-le-feu commises par les mouvements signataires de l’Accord de paix à la réunion du 25 septembre, les règles régissant la circulation des convois et des armes lourdes à la réunion du 29 octobre et le plan de redéploiement des unités constituées dans le nord du Mali, en particulier à Kidal, aux réunions des 7 et 28 novembre.

6. Le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad, membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad, a tenu son deuxième congrès du 26 au 28 octobre, à Kidal. Il a engagé tous les acteurs qui partageaient ses objectifs à se rallier et à former une plateforme commune pour représenter le nord du Mali. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad, l’autre membre important de la coalition, a tenu son congrès du 30 novembre au 3 décembre, au cours duquel il a critiqué le Gouvernement pour les retards pris dans l’application de l’Accord et, contrairement au Haut Conseil, a réaffirmé ses orientations politiques et militaires. Lors de ce dernier congrès, le Chef du Bureau de la MINUSMA à Kidal a fait des déclarations dans lesquelles le Gouvernement a vu une remise en cause de la souveraineté du Mali. Le 10 décembre, le Gouvernement a publié un communiqué dans lequel il l’a déclaré persona non grata. La MINUSMA a regretté l’interprétation qui avait été faite de ces déclarations dans un contexte d’incertitudes et réaffirmé le respect de l’Organisation pour la souveraineté et l’intégrité territoriale du Mali.

7. Le clivage a persisté entre les factions opposées au sein de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger. En plus de la division au sein du Mouvement arabe de l’Azawad-Plateforme, le Groupe d’autodéfense des Touaregs Imghad et leurs alliés s’est scindé en deux factions, l’une soutenant le général El-Hadji Ag Gamou et Fahad Ag Almahmoud et l’autre soutenant Haballa Ag Hamzata. Mon représentant spécial est resté en contact étroit avec les deux factions et les autres parties concernées afin d’atténuer les effets de ce clivage sur le processus de paix.