Mali

Rapport mensuel de monitoring de protection n°7 - Juillet 2020

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Situation Report
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I. Aperçu de l’environnement sécuritaire et de protection

Accalmie de la situation de protection pendant la saison de pluie : Au mois de juillet, le système de monitoring de protection a enregistré 501 violations sur le territoire du Mali. Bien que le nombre de violations collectées soit resté à peu près le même qu'au cours du mois précédent ; la situation sécuritaire s’est stabilisée pendant la saison de pluie. Par rapport au mois dernier, les attaques de village ont diminué de 23 à 17. A part une attaque dans la région de Gao, elles ont toutes eu lieu à Mopti, surtout dans les cercles de Koro et Bankass. Il s’agissait principalement des attaques avec un nombre limité de victimes sauf une attaque de grande envergure et bien cordonnée qui a eu lieu dans plusieurs localités dogons dans les communes de Tori et Diallassagou dans le cercle de Bankass le 1 juillet. Quatre menaces d’attaques et quatre attaques d’infrastructures ont aussi été rapportées.

Mouvement de population : 11 mouvements de population ont été rapportés par le mécanisme de rapport flash (10 déplacements internes et un déplacement transfrontalier). Huit mouvements de populations étaient préventifs et trois suite aux attaques de villages. La plupart des déplacements ont eu lieu par « grappe » de population. Quatre déplacements massifs de plus de 1000 personnes ont été rapporté suite à des attaques sur des villages dans les communes de Tori et Diallassagou, l’attaque du village de Koyra Berry dans le cercle de Douentza, le déplacement de la population de quatre hameaux de la commune de Fakala, et le déplacement de la population à titre préventif suite à l’assassinat de trois hommes par des présumés chasseurs dans le cercle de Djenné. A la fin du mois, un mouvement de population d’environ 900 personnes a été rapporté vers la commune de Gao en provenance de la commune de Tessit, suite à l’attaque de village de Kako.

Complexification du conflit intra-communautaire (Dogon) : Les conflits intra-communautaires dogon observé pendant le mois de juillet indiquent une complexification des lignes de conflit. Le village Berdosso dans la commune de Kassa reste un point central dans la résistance dogon à Dan Na Ambassagou (DNA) où des affrontements ont eu lieu entre l’auto-défense dogon du village et DNA en présence de leur leader Youssouph Toloba. Le village de Niénou et son village voisin sont aussi devenus la scène d’une attaque ciblée et une riposte. Les affrontements ont fait 13 morts y inclus des membres de la même famille qui ont soutenu différentes parties du conflit. L’attaque du village de Koyra Berry par les éléments DNA a entrainé la mort d’une femme de 70 ans et l’enlèvement de neuf personnes. Les attaquants auraient aussi volé des bétails. L’attaque a provoqué un déplacement massif de plus de 1000 personnes. Cette attaque de Koyra Berry serait la quatrième attaque par DNA. Plus que 400 têtes de bétails ont été volé lors des attaques précédentes. Le village a été ciblé à cause du refus de la population de soutenir les efforts de guerre de DNA, notamment la contribution de combattants.

Affrontements entre des groupes armés non étatiques (GANE) : Deux factions rivales du mouvement arabe de l’Azawad Platforme se sont affrontées dans les villages de Likrakar et Assidi dans la commune d’Alafia, cercle de Tombouctou. Un combattant a été tué. Un affrontement armé a également eu lieu entre les groupes Arabes d’Ould Ich, affilié à la Plateforme ; et de Tourmouz, affilié à la CMA (Coordination de Mouvement de l’Azawad). La rivalité entre ces groupes s’est manifestée depuis environ un an. Les affrontements entre JNIM et EIGS ont été rapporté dans la région de Gao dans le cercle d’Ansongo dans la commune de Tessit et d’Ansongo. Selon des informations locales, le JNIM a eu la victoire sur l’EIGS dans plusieurs affrontements.

Attaques contre les installations de santé : Les travailleurs du centre de santé de Douentza ont réclamé une meilleure protection lors d’une manifestation le 14 juillet. Une augmentation des attaques contre les installations de santé a pu être observé pendant les derniers mois à Gao, Ménaka et Tombouctou. Les attaques ont souvent compris des braquages, des pillages et des enlèvements des travailleurs de la santé. Tous ces incidents qualifient comme attaques contre les hôpitaux – qui sont classifiés comme des violations graves contre les enfants en vertu de la Résolution 1612 du Conseil de Sécurité. Une initiative réussie pour réduire les attaques contre les installations de santé a eu lieu à Sevaré le 7 juillet. L’ONGI Geneva Call, dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie d’engagement avec les acteurs armés à respecter et faire respecter les dispositions du Droit International Humanitaire, a facilité les négociations avec Dan Na Ambassagou qui a signé une déclaration unilatérale sur la protection de la mission médicale. Des représentantes de la Plateforme des Mouvements du 14 juin avaient également signé une déclaration identique le 7 juin.

Incidents engins explosifs improvisés (EEI) : Le Groupe Travail Lutte Anti-Mines Humanitaire a confirmé que 160 civils ont été touchés par les mines et EEI dans 110 incidents entre janvier et juillet. 57% des incidents EEI ont impacté les civils. 36 personnes ont été tuées et 124 ont été blessées. La plupart des incidents qui touchent des civils ont eu lieu dans les régions de Mopti et Gao. Les axes routiers sont des points chauds avec 95 incidents sur 110 ayant eu lieu sur un axe routier (notamment les routes qui relient Mopti aux régions du nord). Au mois de juillet, deux engins explosifs improvisés (EEI) ont été découverts près de deux ponts situés le long de la route principale de ravitaillement RN 15. Les deux ponts avaient déjà été ciblés plusieurs fois cette année