Mali

Rapport mensuel de monitoring de protection N° 5 - Mai 2021

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Situation Report
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Résumé des tendances en 2021

Depuis janvier 2021 un total de 2343 violations a été enregistré par le système de monitoring de protection. Pour la première fois dans 12 mois la catégorie des atteintes à l'intégrité physique et/ou psychique est plus elevée que les atteintes au droit à la propriété. Surtout des menaces ont drastiquement augmenté. Malgré une réduction des violations enregistrés par rapport au mois dernier, le taux des violations recensé reste très élevé. Les atteintes à la liberté et à la sécurité sont également resté dans un niveau élevée le derniers trois mois. Après un pic au mois d'avril, le nombre des personnes touchés par des mouvements de population forcé a encore nettement reduit. Malgré une augmentation tendancielle des violations au niveau individuelle depuis début 2020, le nombre des attaques de village les premiers 5 mois de l'année 2021 a diminue de moitié par rapport à 2020.

Deuxième coup d’Etat en neuf mois : Le 24 mai, à la suite d'un remaniement gouvernemental qui a vu le remplacement de deux chefs du coup d'État d'août 2020, le président Bah N'DAW et le Premier ministre Moctar OUANE ont été emmenés à la base militaire de Kati. Cet événement a été condamné à l'unanimité par la communauté internationale, notamment la mission de l'ONU au Mali, l'Union africaine et la CEDEAO, qui ont appelé à leur libération immédiate et inconditionnelle. La France, les États-Unis et l'Union européenne ont menacé d'imposer des sanctions ciblées au pays et ont demandé instamment le retour immédiat à un régime civil.
Le 25 mai, le vice-président de la transition, Colonel Assimi GOITA a annoncé la destitution du président et du premier ministre, les accusant de "saboter" la transition en ne respectant pas la charte de la transition. Le vice-président s'est également plaint de ne pas avoir été consulté sur le remaniement, notamment sur le remplacement des ministres de la Défense et de la Sécurité, ministères qui relèvent de sa compétence en tant que vice-président. Assimi GOITA a affirmé que les élections législatives et présidentielles, prévues en février-mars 2022, auront lieu dans le courant de l'année 2022. Le 26 mai, le président et le premier ministre ont démissionné. Les démissions auraient eu lieu devant les membres de la délégation de la CEDEAO. Ils ont été libérés le jour suivant. La Cour constitutionnelle du Mali a pris acte de la vacance du pouvoir dans le pays, suite à la démission du Président, le 26 mai, et a déclaré le Colonel GOITA comme Président de la Transition. Le 30 mai, la CEDEAO a tenu un sommet extraordinaire à Accra, au Ghana, au cours duquel il a été décidé de suspendre la participation du Mali aux instances de l'organisation régionale. Tout en acceptant tacitement la décision de la Cour constitutionnelle du Mali, le bloc régional a également appelé à la nomination immédiate d'un nouveau Premier ministre civil et à la formation d'un gouvernement "inclusif".