Rapport mensuel de monitoring de protection n°09 - Septembre 2019

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 30 Sep 2019 View Original

I. Aperçu de l’environnement sécuritaire et de protection du mois dans les régions du nord et du centre

L’environnement de protection des populations civiles reste précaire dans toutes les régions couvertes par le monitoring de protection. Pour ce mois de septembre, il a été marqué par des manifestations populaires (marches pacifiques, soulèvements et setting) organisées pour attirer l’attention des autorités sur la situation sécuritaire caractérisée par la criminalité et le banditisme dans les centres urbains, en milieu rural et surtout sur les axes routiers, mais aussi pour faire certaines revendications (Tombouctou, Gao et Ménaka), notamment la sécurisation des axes routiers pour la libre circulation des personnes et de leurs biens, l’accès à l’éducation pour les enfants, l’entretien et l’expansion des infrastructures et l’amélioration de l’accès à la santé.

A Gao ville, il a été constaté pendant le mois sous revue que malgré les nombreuses patrouilles des FAMas dans les rues, des incidents de protection sont toujours enregistrés. Le même constat a été fait dans les cercles de Bourem et d’Ansongo, où les populations subissent de nombreuses violations de droits humains dont entre autres des cas d’atteintes à l’intégrité physique et/ou psychique, des cas d’atteintes à la liberté et à la sécurité de la personne et des cas d’atteintes au droit à la vie.

Dans la région de Ménaka, les humanitaires font l’objet de cambriolages à leurs domiciles par des personnes armées non identifiées. En outre, de nombreux autres incidents touchent les populations civiles, notamment les braquages à mains armées sur les axes routiers.

Quant à la région de Kidal, la situation est relativement calme et moins de violations des droits de l’homme sont rapportées à cause de l’occupation des populations sur les sites miniers.

Dans la région de Mopti, une flambée des tensions communautaires a été constatée, précisément dans les cercles de Douentza, Bandiagara, Bankass et Koro, qui ont été le théâtre de nombreuses violations des droits humains. Le cercle de Douentza s’est démarqué et a enregistré plus de la moitié des violations enregistrées dans toute la région dont entre autres des cas d’assassinats, des cas de coups et blessures suite à des attaques ciblées de personnes armées non identifiées contre les véhicules de transports sur la RN16 et d’autres axes secondaires, des cas d’enlèvements touchant les humanitaires et les forces armées (cas de l’enlèvement des membres du Mécanisme Opérationnel de Coordination MOC à bord d’un bus de la compagnie Sonef le 2 septembre) et des cas de vol de bétail. Quant au cercle de Bandiagara, en plus des cas d’assassinats rapportés, la spécificité, ce sont les attaques perpétrées par des personnes armées non identifiées et des chasseurs ciblant les villages, faisant plusieurs pertes en vies humaines et du bétail emporté. Des mouvements de populations ont aussi été observés dans les cercles de Bankass et de Mopti (Socoura), suite aux attaques de villages ou à des menaces perpeptrees par des personnes armées non identifiées. Des cas d’enlèvements ciblant les leaders communautaires ont été également enregistrés dans ledit cercle. Par ailleurs, dans le cercle de Koro, une explosion d’EEI dans les salles de classe de l’école de Banran (commune de Dioungani) perpétrée par des personnes armées non identifiées a été enregistrée le 21 septembre. Il faut aussi signaler un grave incident faisant cas de l’explosion d’un EEI au passage d’un bus de la compagnie de transport Sonef à Douentza (Boni), ayant occasionné la mort de 20 civils le 3 septembre et les attaques de Boulkessi/Mondoro à la fin du mois avec 38 soldats maliens du G5 Sahel tués et qui ont suscitées manifestations dans le pays.

A Ségou, plus précisément à Niono, des heurts entre populations civiles et les forces de sécurité ont dégénéré et ont occasionné le saccage du commissariat de polices, des véhicules saccagés et l’assassinat du commissaire de police et un civil le 19 septembre.

Dans la région de Tombouctou, la criminalité et le banditisme récurrents ont engendré une série de tensions dans la ville, qui ont causé des pertes en vies humaines, des blessés, des dégâts matériels et des mouvements de populations. En effet, des ménages se sont déplacés vers les localités de Nibkit, Likrakar, Agouni (commune de Salam/cercle de Taoudéni) et Teherdjé (commune de Ber/cercle de Tombouctou). Les axes routiers reliant Tombouctou et les autres localités se sont avérés impraticables pour la population civile par manque de sécurité.

Plusieurs incidents ont été rapportés, particulièrement sur l’axe Tombouctou-Goundam, touchant les civils et les forces armées maliennes. L’insécurité est aussi présente dans la commune urbaine de Tombouctou, où on note des cas d’atteintes au droit à la vie et des cas d’atteintes au droit à la propriété (notamment le cas des deux véhicules blindés du PAM extorqués le 22 septembre et celui d’une ONG, extorqué dans le village de Madiakoye, commune de séréré). La menace terroriste est toujours présente, avec des cas d’atteintes au droit à l’intégrité physique et/ou psychique exercés par des présumés radicaux contre des civils rapportés dans la localité de Soumpi (cercle de Niafounké). Aussi, des cas d’enlèvements de personnes ont été rapportés dans les localités de Gossi, Agoudoud, Banikane (cercle de Gourma-Rharous), Tambaz-Sidi (commune de Léré, cercle de Niafounké) et dans la commune urbaine de Tombouctou. C’est ainsi que le maire de la commune rurale de Banikane ainsi qu’un autre civil ont été enlevés respectivement les 3 et 5 septembre 2019, mais ont été libérés par leurs ravisseurs, de même que deux agents de santé ont été enlevés à Tombouctou-ville (quartier Abaradjou) le 14 septembre et ont aussi été libérés.