Mali

Rapport mensuel de monitoring de protection N° 06 - Juin 2018

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I. Analyse de la situation de protection du mois

La situation de protection dans les régions couvertes par le monitoring de protection est demeurée instable et complexe en raison des multiples violations de droits humains enregistrées dans ces régions et perpétrées la plupart du temps par des individus armés non identifiés sur des populations civiles.

En terme de violation de droits humains, les atteintes au droit à la propriété (cas d’extorsion, vol et occupation illicite des biens) et les atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique et psychique (cas de coups et blessures, meurtre et menace), tiennent toujours le haut pavé parmi les catégories d’incidents de protection rapportées par les 48 moniteurs dans les 43 communes où ils sont affectés dans les cinq régions de mise en oeuvre du projet. Cette prédominance des violations portant atteinte au droit de propriété et à celui portant atteinte à la vie, à l’intégrité physique et psychique, affecte sérieusement la libre circulation des personnes et de leurs biens et provoque souvent même l’arrêt des activités d’échanges commerciaux dans certaines localités de ces régions entrainant du coup une inflation du prix des denrées de première nécessité et fragilisant davantage les populations civiles vivant dans ces zones.

Dans la Région de Mopti, la situation entre groupes extrémistes et milices dans les cercles de Koro, Douentza et Tenenkou a connu une détérioration notoire. De nombreux cas d’enlèvements de personnes sont couramment enregistrés et commis par les extrémistes sur des simples soupçons que ces personnes collaboreraient avec les forces armées et de sécurité. Aussi, ce phénomène pourrait occasionner d’autres mouvements de population vers diverses localités dans la région ou vers d’autres régions ou même vers les pays voisins (1223 PDIs, soit 210 ménages ont été enregistrés dans la région courant ce mois). En outre, certaines localités des cercles de Koro et Mopti risquent de ne pas connaitre des activités champêtres suite aux menaces des radicaux et aussi à l’intensification des conflits intercommunautaires dans ces zones.

Dans la Région de Tombouctou, il est important de signaler l’affrontement qui a opposé les bergers et les agriculteurs exploitants du lac Télé dans la commune de Goundam. Les éleveurs auraient incendié les périmètres maraichers des cultivateurs. Cette situation doit être suivie de près et des actions idoines doivent être engagées afin d’éviter toute aggravation pouvant aboutir à une violence généralisée.

A Gao, les incidents sont de plus en plus fréquents à l’intérieur de la ville, sur les marchés ruraux et sont essentiellement dominés par les extorsions. Ailleurs, les affrontements entre les groupes armés et les radicaux ont aussi été constatés dans la région. Ces affrontements pourraient faire augmenter les tensions entre les communautés Daoussahak et peuls dans la région de Ménaka.