Mali + 5 more

Rapport du Secrétaire général sur la Force conjointe du G5 Sahel (texte final du projet de rapport) (S/2018/432)

Format
UN Document
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

I. Introduction

  1. Par sa résolution 2391 (2017) du 8 décembre 2017, le Conseil de sécurité a noté avec satisfaction les progrès réalisés pour rendre la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel pleinement opérationnelle et m’a prié de prendre les dispositions nécessaires pour conclure un accord technique entre l’ONU, l’Union européenne et les États membres du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel), en vue de fournir, par l’intermédiaire de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), un appui opérationnel et logistique à la Force conjointe.

  2. Le Conseil m’a également prié de lui faire rapport, en étroite coordination avec les États membres du G5 Sahel et l’Union africaine, sur les activités de la Force conjointe en mettant l’accent sur les progrès de l’opérationnalisation de la Force conjointe, l’appui international dont elle bénéficie, l’application de l’accord technique, les difficultés rencontrées, ainsi que l’application par les pays du G5 Sahel de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme et d’un cadre règlementaire de contrôle du respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

II. Opérationnalisation de la Force conjointe

  1. Conformément à la résolution 2391 (2017), les États membres du G5 Sahel, l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne ont signé, en marge de la Conférence de donateurs de haut niveau pour le Sahel, qui s’est tenue à Bruxelles le 23 février 2018, un accord technique définissant la portée et l’ampleur de l’appui des Nations Unies à la Force conjointe par l’entremise de la MINUSMA. Comme le prévoit la résolution, l’appui comprend des évacuations sanitaires, l’accès aux articles consommables essentiels (carburant, eau et rations), l’utilisation d’engins de levage et de terrassement et de matériel de génie de l’ONU et l’assistance d’unités de génie en uniforme de la MINUSMA pour la préparation des bases opérationnelles de la Force conjointe au Mali. L’appui sera fourni aux éléments de la Force conjointe opérant sur le territoire malien, dans la zone d’opérations prescrite de la Mission.
    L’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies ont également signé un accord financier distinct définissant les modalités du transfert de fonds entre l’Union européenne et l’ONU.

  2. Les pays du G5 Sahel ont poursuivi leurs efforts pour rendre la Force conjointe pleinement opérationnelle. Le 8 janvier, leurs ministres des affaires étrangères et leurs ministres de la défense ont tenu une réunion extraordinaire à Bamako, qui a abouti à la constitution d’un fonds d’affectation spéciale pour la Force conjointe, ainsi qu’à la création du Bureau de la défense et de la sécurité, qui assurera la liaison et la coordination avec le quartier général de la Force conjointe à Sévaré (Mali) et le secrétariat permanent du Groupe à Nouakchott. Les 6 et 7 février, les chefs d ’État du Groupe se sont réunis à Niamey pour la session annuelle de leur Conférence au sommet, au cours de laquelle le Mali a passé la présidence tournante du G5 Sahel au Niger. Ils ont entériné les résultats de la réunion ministérielle de janvier et ont ensuite, par l’intermédiaire du Niger, qui assurait la présidence du Groupe, demandé l’aide de l’ONU pour renforcer la capacité du secrétariat permanent et pour créer le fonds d’affectation spéciale. Le 23 mars, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, à sa 759e réunion, a décidé de proroger le déploiement de la Force conjointe pour une période de 12 mois, à compter du 12 avril 2018.

  3. La situation en matière de sécurité dans la région du Sahel, exposée en détail dans mon précédent rapport sur la question (S/2017/869), continue de se dégrader. Témoignent de cette évolution une attaque terroriste de grande ampleur au cœur de Ouagadougou le 2 mars, la poursuite des attaques contre les forces de défense et de sécurité dans la zone de la triple frontière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et une attaque sans précédent, par sa durée, sa complexité et son ampleur, contre les forces de l’opération française Barkhane et la MINUSMA le 14 avril à Tombouctou (Mali). L’autorité de l’État est toujours inexistante dans de vastes zones du centre et du nord du Mali, ainsi que dans le nord du Burkina Faso. La population locale n’a pas accès aux services sociaux de base et continue de souffrir de la pauvreté et de la faim. Les causes profondes de l’instabilité, tout particulièrement la faiblesse de la gouvernance politique et financière et des structures de sécurité, le sous-développement et l’exclusion, restent inchangées et largement négligées. Les élections présidentielles qui doivent se tenir en juillet 2018 au Mali seront un moment décisif, qui non seulement façonnera l’avenir du pays, mais pourrait aussi avoir une incidence sensible sur la région.