Rapport de mission inter-agence évaluation rapide des besoins des personnes déplacées des villages de Garbeye, Banikane et Bankara dans la commune de Banikane / cercle de Gourma-Rharous

I. INFORMATIONS GENERALES

Date : 18 Juillet 2018 Participants : NRC (Ali ABDOULAYE), Mercy Corps (Youssouf ALHOUSSEINI), IMC (Mahamadou KANTE), ADAZ (Mohamed TRAORE, Amadou HAIDARA), AJDM (AliouYamourou MAIGA), ADRA (Moussa DAOU),
DRDSES (Ibrahim Youssouf CISSE)

Mode de déplacement : Véhicule et Pinasse motorisée

Durée de la mission : Une journée

Objectifs principaux de la mission :

  • Constater l’effectivité du mouvement des populations et identifier les causes du déplacement et les problèmes de protection engendrés ;

  • Evaluer les besoins urgents de ces populations ;

  • Faire des propositions de solutions aux besoins constatés.

II. CONTEXTE GENERAL

La communauté sédentaire Sonrhaï (Agriculteur de profession) vivaient depuis plusieurs années sur l’Ile de Korgueye dans la commune de Banikane sans que les terres qui les abritent ne les appartiennent. Ces terres ont toujours fait objet de conflit entre les communautés Kel Oulli et Sonrhaï tous de la commune de Banikane.

Selon nos informations collectées sur place ce conflit date de depuis les temps colon en 1942 et 1946, dates auxquelles, l’autorité coloniale aurait dresse une première convention en 1942 et ratifiée 1946 attribuant cette ile a la communauté nomade Kel Oulli. Sous forme de pâturages. Mais cependant, cette ile contenait aussi selon nos interlocuteurs trois espaces rizicoles appartenant à la communauté sédentaire sonrhaï.

Mais il se trouvait que pendant ce temps les kel Oulli ne pratiquaient pas l’agriculture mais aient l’œil sur la préservation de cette ile exploitait par la communauté sédentaire Sonrhaï : pratiquante de l’agriculture par la tradition. Vers les années 1884, avec l’intervention de l’aide de l’Eglise Norvégienne AEN, selon nos informations reçues les Kels Oulli auraient s’accaparé d’une partie de cette Ile pour l’exploiter avec l’appui financier et technique de l’AEN et juste au retrait de cette organisation, ils auraient abandonné les terres.

Alors il faudrait aussi attendre jusqu’en 1996 pour que les kels Oulli reviennent demander la paternité de l’ile de korgueye. Suite à la situation presque délétère pendant ce temps, l’autorité judiciaire de Gourma-Rharous lors d’une de ses audiences au cours de la même année aurait rendu un verdict autorisant les kels Oulli la paternité de l’Ile sous forme de pâturages et confirmant l’existence des trois espaces rizicoles appartenant à la communauté sonrhaï qu’ils exploitaient naguère. Il s’agit des rizières de : Hamada Adou Fari de 11 ha, Souma N’Gouna Fari de 2 ha et Aboyazou Hamma Fari de 1,5 ha.
Après cette phase plusieurs tentatives de médiation ont jadis eu lieu entre les deux communautés.
Le conflit aurait fait l’objet d’une gestion communautaire ayant impliqués les leaders des deux communautés toutefois, cette gestion a échoué et a conduit l’implication des autorités de l’État a plusieurs niveaux C’est donc ce conflit foncier qui renait faisant des utilisateurs (les sonrhaï) des surfaces, les victimes directes.

Ainsi le 18 Juin 2018, des hommes armés issus de la communauté de Kel Oulli se sont rendus dans l’ile de korgueye pour exiger aux communautés sédentaires un partage équitable de l’ile. Une demande qui serait toute suite rejetée par la communauté sédentaire sonrhaï. Ainsi en réponse au refus catégorique de cette communauté de leur proposition les kels Oulli auraient instruire de vider le lieu avant le 21 juin 2018 sinon chacun sera responsable de toute situation désastreuse qui se produira sur le lieu après ce deadline.

Et les populations sédentaires considérant cette situation comme actes d’intimidation n’ont bougé d’un iota jusqu’au 04 Juillet 2018 ou ils recevront des hommes armes sur le site commençant immédiatement a et déguerpir et incendier les greniers contenant la dotation alimentaire, les semences de la campagne agricole en cours et les habitations. Ces populations n’ayant aucun moyen de défense et conscientes du mode d’utilisation des terres, se sont déplacées en destination au sein même de la commune.

Elles se sont installées sur les sites de : Garbeye, Banikane et Bankara.
Une mission conjointe inter agence d’évaluation rapide s’est rendue sur les lieux le 18 Juillet 2018 afin de constater l’effectivité du mouvement des populations, évaluer les besoins urgents de ces PDIS(personne déplacée interne)et faire des propositions de solutions en termes de réponse humanitaire.