Rapport d’Evaluation Rapide des besoins des personnes déplacées et communautés d’Accueil des cercles de Ségou et San (Région de Ségou) : du 08 au 10 juillet 2019.

I. CONTEXTE

La région de Ségou a longtemps été, dans sa grande partie, en marge des graves soubresauts politico sécuritaires que le Mali a connus depuis 2012. La situation sécuritaire de la région était relativement calme au Sud tandis que les zones Nord et Est étaient exposées à l’insécurité avec la présence signalée des groupes extrémistes dans les cercles de Macina et de Niono et leurs conséquences en termes de mouvements de populations.

En termes d’aléas naturels, la région enregistre régulièrement à chaque hivernage, des cas d’inondations (cercles de San, Ségou, Macina, Niono et Bla) et d’épidémies de rougeole dont entre autres le cercle de Tominian. Depuis l’année 2018, hormis la situation des cercles de Niono et Macina qui s’est détériorée davantage avec un nombre de PDIs en perpétuelle hausse, la situation humanitaire générale de la région, est entrée dans une autre dimension avec l’exacerbation des conflits entre groupes de populations dans différents cercles de la région de Mopti. Ces mouvements des populations font suite aux multiples incidents sécuritaires conjugués d’attaques de groupes armés, conflits intercommunautaires et banditismes qui sévissent dans les cercles de Bankass, Bandiagara, Koro et Douentza notamment.

Comme facteur explicatif de la forte présence des PDIs (Personnes Déplacées Internes) dans la région de Ségou, il faut souligner sa position géographique, faisant d’elle une région à la fois un territoire d’accueil et d’hébergement de PDIs fuyant des zones secouées par les atrocités, mais aussi un lieu de transit vers Bamako ou d’autres régions.

L’afflux important et continuel des PDIs dans la région a grandement contribué à l’accroissement de la vulnérabilité des communautés hôtes, dont les stocks de récoltes se sont amenuisés plus rapidement que prévu en raison de l’augmentation des tailles des ménages.
Notons que la région est aussi concernée par les questions d’insécurité alimentaire avec pour la période de soudure (juin- Août) qui prévoit 55 953 personnes en phase de crise (phase 3 à 5) selon le Cadre Harmonisé de mars 2019 tandis que 464 150 sont en phase 2. Sur le plan nutritionnel, l’enquête SMART d’Août 2018 indique pour la MAG,
MAM et MAS, des taux respectifs de 11,2% (situation sérieuse) ; 8, 9% (situation sérieuse) et 2,3% (situation d’urgence), selon la classification de l’OMS.

En termes de chiffres de mouvement de populations, le nombre de PDIs est passé de 15 201 en Mai 2019 à 19 901 personnes en juin 2019, soit, une hausse de 4 700 personnes, répartis dans les 7 cercles de la région : Niono, Ségou, Macina, San, Bla, Tominian et Barouéli.

Selon les projections du Développement Social et les partenaires humanitaires, environ 500 personnes déplacées sont attendues à Ségou de manière hebdomadaire ; ce qui résultera d’un nombre de PDIs estimé à plus de 30 000 d’ici la fin d’année 2019.
Face à cette dégradation soudaine de la situation humanitaire, plusieurs missions des partenaires humanitaires et du Coordonnateur Humanitaire adjoint ont encouragé une plus grande attention et mobilisation des partenaires humanitaires aux côtés du gouvernement pour prévenir une crise humanitaire majeure dans la région de Ségou.

Dans ce sillage, une mission d’observation du contexte humanitaire d’OCHA à Ségou rapporte une situation humanitaire sérieuse où tous les secteurs présentent des signes d’attention à savoir :

  • Nutrition : à vue d’œil, les enfants sur les sites spontanés présentent des signes ressemblant à la malnutrition aiguë avec un risque d’aggravation de cet état. Les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant sont perturbées du fait de retranchement des ménages y compris les enfants, de leurs milieux socio-économiques. La plupart de mères allaitantes dans les sites de personnes déplacées, ont accentué les fréquences d’allaitement maternel grâce à leur immobilité quasi permanente et par manque d’autres alternatifs en rapport avec les aliments de compléments pour les enfants de plus de 6 mois.

  • Santé : les personnes déplacées ne peuvent avoir accès à une prise en charge sanitaire du fait de l’absence de ressources financières. De nombreuses femmes enceintes n’ont pas encore eu des consultations prénatales et un nombre considérable d’enfants de moins de 5 ans n’ont pas bénéficié de vaccination contre les maladies cibles du PEV.

  • Sécurité alimentaire : Les vivres distribués sont en quantité très insuffisantes, car ne couvrant pas tous les besoins. La plus grande dotation de vivres dans les cercles de Ségou, San et Bla, du 23 juin ne couvre que 500 ménages pour 20 jours.

  • WASH : L’accès limité à l’eau et les conditions d’hygiène et d’assainissement précaires font craindre des maladies d’origine hydrique et à potentiel épidémique. Les risques d’inondations dans les mois à venir pourraient être un facteur aggravant.

  • Abris/BNA : Le besoin urgent d’abris et de biens non alimentaires fait l’unanimité auprès des PDIs surtout à l’approche de l’hivernage.

  • Protection : La protection semble aussi être un défi pour les femmes et les filles. Un grand nombre d’enfants figure parmi les PDIs.

  • Education : les enfants déplacés sont privés de leurs droits à l’éducation et aux loisirs…

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