Mali

Protection des civils et engins explosifs improvisés : à Mopti, les compétences des Forces de sécurité maliennes sont renforcées

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Deux formations étroitement liées au contexte du Centre au profit de 23 membres des Forces de sécurité maliennes (FSM) : la première relative à la Protection des Civils en période de conflit armé s’est déroulée du 3 au 7 mai 2021, et la seconde sur les engins explosifs improvisés ou mines, a eu lieu les 10 et 11 mai derniers.

« Renforcer nos capacités pour être plus performants dans l’exercice de nos fonctions »

La composante Police des Nations Unies (UNPOL) déployée au sein de la MINUSMA à Mopti, organise ces formations afin de participer au renforcement des capacités professionnelles et opérationnelles des FSM.

Durant la première semaine de mai, la formation de cinq jours sur la protection des civils en période de conflit armé a été dispensée à distance à une quinzaine de participants. Elle avait pour but de faciliter la compréhension du rôle et des différentes règles de la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix, les différentes règles de la protection des civils en période de conflit armé et les sanctions qui découlent de leur violation.

« Cette formation nous permet de renforcer nos capacités pour être plus performants dans l’exercice de nos fonctions. Nous sommes mieux outillés sur la protection des civils en temps de conflit, notamment sur le cadre légal international et national en la matière », a avancé le sous-lieutenant sapeur-pompier, Issaka DIAKITE.

Lors de cette formation, participants et formateurs étaient connectés depuis quatre salles distinctes situées au Bureau régional de la MINUSMA, au commissariat de police de Sévaré, à la gendarmerie et à la Direction de la protection civile de la région de Mopti.

En effet, depuis l’avènement de la pandémie de COVID-19, UNPOL a pris les dispositions nécessaires pour mettre en œuvre son plan de formation en appui aux FSM, dans le respect des mesures barrières. « L’avantage de la formation en ligne est de pouvoir accommoder plus de participants alors que nous n’aurions pas pu former plus de huit participants en salle. Par la même occasion, les stagiaires se familiarisent davantage avec les moyens techniques utilisées dans le cadre de la formation, au-delà de la thématique enseignée », a expliqué Mourlaye COULIBALY, l’officier de la UNPOL qui a animé les sessions de formation. Deux autres officiers de police de la MINUSMA faisant la navette entre les différents lieux ont été mobilisés pour faciliter la coordination.

Se disant pleinement conscient du contexte de « la région de Mopti minée par des violences de toutes sortes souvent perpétrées contre les civils », l’agent de police Moussa DIAKITE, se réjoui d’une telle formation « qui nous appelle à chercher les réponses adéquates à apporter à ces phénomènes, car notre rôle est de protéger les personnes et leurs biens ».

De la genèse de la protection des civils à sa mise en œuvre effective, tout en éclaircissant la distinction entre un civil et un combattant, les participants ont été introduits aux conséquences des violences sur les populations civiles pendant et après le conflit armé. En outre, ont été abordés avec eux les trois piliers de la protection des civils, à savoir : la protection à travers le processus politique, celle contre la violence physique et l’établissement d’un environnement protecteur.

« … l’engagement des FSM vis-à-vis du droit international humanitaire doit guider leurs actions de sécurisation et de protection des populations civiles »

Pour le Capitaine Maouane Ould D. Ag Gé, la thématique de la protection des civils est d’actualité vue la crise qui sévit au Mali. Le chef de la brigade de recherche de Sévaré dit avoir été surtout marqué par les conséquences des violations des droits des civils en temps de conflits armés présentées lors de la formation. Pour cela, dit-il « l’engagement des FSM vis-à-vis du droit international humanitaire doit guider leurs actions de sécurisation et de protection des populations civiles. Il s’agit de strictement respecter et protéger les droits des personnes que nous servons en tout temps, d’ailleurs » a-t-il ajouté.

Au cours de la formation, plusieurs autres sujets ont été abordés, parmi lesquels les différentes phases de la protection des civils dans le maintien de la paix, les instruments juridiques régissant son application sur le plan international et au Mali, les acteurs la mettant en œuvre, ainsi que les sanctions découlant du non-respect des règles de la protection des civils. En deux occasions, les participants répartis en groupe ont travaillé sur des exercices pratiques portant notamment sur le plan d’action de la protection des civils.

« Cette formation m’a permis de mieux appréhender la façon dont je peux travailler pour raffermir les liens de confiance entre la population et les Forces de sécurité. Nous sommes tous de la même famille et nous avons besoin de la confiance des populations pour faciliter notre travail », Sergent-chef de police Fatoumata SIDIBÉ.

Les 10 et 11 mai 2021, c’est un autre thème d’importance, les engins explosifs improvisés ou mines, qui a fait l’objet d’une formation à laquelle huit éléments des FSM, dont deux femmes, ont pris part, cette fois en présentiel. Ils sont, tout comme le groupe bénéficiaire de la formation précédente, issus de la Police, de la Gendarmerie nationale, de la Garde nationale et de la Protection civile malienne. L’objectif de cette formation est de faciliter les opérations de terrain des FSM en les outillant sur la gestion des engins explosifs improvisés et les mines.

C’est dans la salle de formation UNPOL du camp intégré de la MINUSMA à Mopti qu’a eu lieu cette formation qui a permis de plancher sur plusieurs modules, passant en revue les différents types de munitions, y compris celles non-explosées et abandonnées, mais aussi le terrorisme et les droits de l’Homme. Les participants ont aussi notamment été formés sur la connaissance des éléments constitutifs d’un engin explosif improvisé ou mine ainsi que leurs principes de fonctionnement.

« La composante Police de la MINUSMA contribue à différents niveaux à la protection des civils dans la région de Mopti. L’une des façons d’y participer plus efficacement est de nous assurer que nos partenaires des Forces de sécurité maliennes développent les compétences nécessaires pour continuer à assurer leur rôle régalien », a fait savoir le commandant régional de la UNPOL, le Commissaire Akago K.D VONDOLY.