Ce guide a été développé en novembre 2012 par l’équipe Eau-Hygiène-Assainissement (WASH) de l’UNICEF-Mali. Il est destiné aux ONG partenaires de l’UNICEF intervenant dans la cadre des programmes en cours d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène en milieu scolaire : le Programme d’Appui Dano-Suédois au PROSEA (PADS) et le programme Dubai Cares (DC).
Ces programmes consistent à mettre près de 1 000 écoles au standard « WASH à l’école » de l’OMS / UNICEF. Chaque école doit disposer d’un point d’eau potable amélioré, de latrines séparées filles / garçons suffisantes en fonction des effectifs, de lave-mains devant chaque bloc de latrines et chaque classe, et d’un kit d’hygiène composé de matériel d’assainissement et de produits d’entretien. Ce volet ‘équipement’ est accompagné d’un volet ‘intermédiation sociale’ décrit dans ce guide et dont la mise en oeuvre est confiée à des ONG. Il consiste à mettre en place des modalités pérennes de gestion et de maintenance des équipements, et à améliorer rapidement et durablement les conditions et pratiques d’hygiène.
La démarche adoptée pour ce volet ‘intermédiation sociale’ résulte des constats suivants :
- La gestion et maintenance des équipements ne seront véritablement durables que si les populations concernées sont convaincues de l’importance de l’hygiène pour elles, et en font une priorité. Il est donc nécessaire de commencer par provoquer chez elles une prise de conscience avant de renforcer leurs capacités et les aider à mettre en place des modalités de gestion appropriées.
- Pour provoquer cette prise de conscience au sein d’une population faiblement instruite, la méthode consistant à transmettre des connaissances conceptuelles sur les risques sanitaires et les voies de contamination est peu adaptée. Amener ces mêmes populations à faire par elles-mêmes des constats visuels évidents s’est révélé plus efficace. C’est l’un des principes clefs de l’approche « assainissement total pilotée par la communauté » (ATPC) utilisée au Mali depuis 2009 pour lutter contre la pratique de la défécation en plein air en milieu rural.
- Cette approche peut aussi être utilisée en milieu scolaire et pour des problématiques d’hygiène autres que la défécation en plein air, pour susciter une prise d’initiative. Les acteurs de l’école vont alors se fixer eux-mêmes des engagements clairs et facilement mesurables, liés à la gestion des équipements et à l’adoption des bons comportements d’hygiène. Dans cette configuration, le rôle de l’ONG est de les motiver tout le reste de l’année dans la mise en oeuvre et le suivi de leurs engagements, en jouant sur l’émulation et l’esprit de compétition.
- Pour maximiser l’impact attendu sur la santé et l’éducation des enfants en âge scolaire, il est nécessaire de prendre en compte leur environnement global de vie et donc d’élargir le champ d’intervention à leur famille et communauté. Se limiter à l’école serait insuffisant. Pour ce faire, deux stratégies sont proposées, considérées comme complémentaires : commencer les activités de sensibilisation par un déclenchement ATPC simultané dans la communauté et l’école (ATPC+E) et continuer à inclure la collectivité dans les activités suivantes ; placer l’élève dans la position de cible mais aussi d’acteur de la sensibilisation selon l’approche « enfant pour enfant », pour qu’il puisse jouer, à son tour, le rôle d’agent du changement social qui est le sien.