Mali

Point de presse de la MINUSMA du 28 mai 2020

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Porte-parole : Olivier Salgado

Bienvenus à toutes et à tous au point presse de la MINUSMA et merci pour votre participation. Bonjour également aux auditeurs et auditrices de Mikado FM qui nous écoutent et merci pour votre fidélité.

A l’occasion de la journée internationale des Casques bleus célébrée tous les ans le 29 mai, nous accueillerons aujourd’hui le Commandant de la force de la MINUSMA, le Général de corps d'armée Dennis Gyllensporre. Il nous parlera de la place et du rôle des femmes dans les opérations de paix, et à la MINUSMA en particulier. L’édition 2020 de cette journée est placée sous le thème « Les femmes dans le maintien de la paix : une clef pour la paix ».

Tout d’abord, quelques mises à jour sur la Mission de l’ONU au Mali.

Pandémie du Covid-19 au Mali

Point de situation MINUSMA

Le total des cas de la MINUSMA depuis le début de la crise est réparti comme suit :

70 cas positifs déclarés à la MINUSMA depuis le début de la crise. A ce jour, 39 membres du personnel ont déjà été guéris, il reste donc 31 cas positifs actifs qui évoluent bien. Ils sont placés en isolation et reçoivent les soins adéquats.

Pour rappel, le dernier bilan des autorités maliennes publié hier faisait état de 1116 cas positifs dans le pays et 632 guérisons.

Les mesures renforcées de la MINUSMA pour empêcher la propagation du virus au Mali sont toujours en vigueur dans nos représentations régionales ainsi que dans notre quartier général.

Les camps où des cas ont été déclarés ont été entièrement confinés pour limiter la contagion. Au besoin et selon les cas, la Mission n’hésite pas à reconduire les périodes de confinement de ses camps dans les régions. C’est le cas à Gao et à Mopti où les durées de confinement ont été respectivement repoussées au 4 juin et au 11 juin.

Au siège de la MINUSMA à Bamako, la haute direction n’exclut pas de rendre les mesures de prévention et de protection plus draconiennes. Le télétravail est toujours en vigueur, et ce jusqu’à nouvel ordre, pour tous les membres du personnel dont les fonctions ne nécessitent pas une présence physique au siège. Par ailleurs, le port du masque est devenu obligatoire pour tous les employés des Nations unies dans tous nos locaux au Mali.

Dans le cadre des efforts de prévention contre la maladie Covid-19, une opération de décontamination a été menée les 20 et 21 mai dans notre camp de Mopti. Les formations de sensibilisation au Covid-19 de nos contingents continuent afin qu’ils puissent poursuivre les tâches qui leur sont dévolues.

Comme vous le savez déjà, sauf exception, les rotations de nos Casques bleus sont suspendues jusqu’au 30 juin prochain. Les vols de la MINUSMA demeurent suspendus pour les passagers au Mali à l’exception des cargos et des urgences médicales.

Nous sommes tous concernés et la MINUSMA adapte ses mesures en fonction de l’évolution de la propagation du virus au Mali, en parfaite coordination avec les autorités nationales et l’OMS.

Nous saluons enfin les efforts déployés de tous les personnels médicaux travaillant dans la riposte au virus dans le pays et souhaitons une meilleure santé à tous les patients concernés par le Covid-19. L’heure est au respect des mesures barrières. Ensemble, nous viendrons à bout de cette épidémie.

Nous vous remercions de votre entière coopération et de votre pleine collaboration pour votre protection et celle de vos collègues pendant cette pandémie de COVID-19.

Inauguration du Centre médical Covid-19 de la MINUSMA

Il a été inauguré par le Représentant spécial du Secrétaire-général au Mali (RSSG) et Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif le 22 mai. Ce centre est conforme aux normes de construction de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des services maliens des maladies infectieuses peut accueillir 65 patients, parmi lesquels des cas dits « suspects » ou « confirmés ». Cet établissement permettra à la Mission de soulager les structures maliennes qui ont toujours accueillis nos patients.

Malgré la crise sanitaire actuelle, notre travail continue au Mali : Appui de la MINUSMA aux communautés

Grâce à l’appui financier du Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité au Mali, une ONG internationale a pu mener une session de sensibilisation à l'école Bas-Fond du quartier Komogel de Mopti. C’était dans le cadre du projet pilote « Promotion de la paix par l'insertion socio-économique et culturelle des jeunes ».

Appui aux autorités nationales dans la riposte

Le 26 mai à Kidal, la MINUSMA a remis des médicaments et du matériel médical au bureau régional de la Commission nationale de Désarmement, Démobilisation et de Réinsertion (CNDDR). Le don vise à soutenir le processus de RSS-DDR dans la région.

Stabilisation des régions de Mopti et de Ségou

À la demande du Secrétaire permanent du Cadre politique de gestion de la crise, la MINUSMA poursuit son soutien en ressources humaines dans le cadre de son projet « Appui en ressources humaines au Secrétariat permanent du Cadre politique de gestion de la crise ».

Le projet, financé à travers la contribution de la Norvège au Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité au Mali, permet de prendre en charge les salaires des cinq ressources humaines spécialisées, dont quatre femmes, d’avril 2020 à mars 2021.

Le projet vise à renforcer la capacite du Secrétariat permanent du Cadre politique de gestion de la crise à coordonner et à assurer efficacement le suivi de la mise en œuvre de la stratégie globale dirigée sur le plan politique par le Mali afin de protéger les civils, de réduire les violences intercommunautaires et de rétablir l’autorité et la présence de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali.

Le projet fait partie d’une série d’activités de la MINUSMA et de l’Équipe Pays des Nations Unies visant à soutenir les efforts du Gouvernement du Mali pour la stabilisation des régions de Mopti et de Ségou.

Appui aux communautés

Accès à l’eau et réduction des violences intercommunautaires

La MINUSMA a lancé le 17 mai les travaux de réalisation d’un forage d’eau équipée d’un Système hydraulique pastoral amélioré dans la localité d’Akomas-Inmargane dans le cercle d’Abeibara (région de Kidal). Un projet qui vise à réduire les violences intercommunautaires liées à l’accès aux points d’eau. D’un montant de plus de 29,5 millions de Francs CFA, le projet contribuera à répondre à la problématique de l’accès à l’eau, 6 500 personnes qui vivent dans cette localité très difficile d’accès pourront bientôt en bénéficier.

Activités de la Force de la MINUSMA

17ème session extraordinaire de la CTS

Le Commandant la Force a présidé le 27 mai par vidéoconférence, la 17ème session extraordinaire de la Commission technique de sécurité (CTS). Les grandes décisions prises seront portées à votre connaissance ultérieurement.

Protection des civils

Informé de l’imminence d’une attaque d’éléments armés non identifiés le 19 mai dernier contre le village de Gangrabourou (région de Mopti), le déploiement d’une patrouille robuste a contraint les assaillants à renoncer à leur objectif et à prendre la fuite en direction du village de Naye (4km nord Gangrabourou). Les Casques bleus ont été immédiatement redirigés vers cette localité avec l’aide de drones et hélicoptères de reconnaissance. Aucune victime n’a été déplorée suite à cette intervention.

Opérations militaires

Les activités de la Force se poursuivent dans tous les secteurs dans le strict respect des gestes barrières liés à la propagation de la pandémie du Covid-19.

Les Casques bleus toujours présents sur l’axe Ansongo - Labezzanga, dans le cadre de l’opération Séka. 9 patrouilles de longue portée ont été conduites et plusieurs postes de contrôle érigés afin de garantir la liberté de circulation des personnes et des biens dans cette région.

L’opération Buffalo est elle aussi toujours en cours dans le Centre du Mali. Au cours de la semaine écoulée, les Casques bleus ont patrouillé dans près de 22 localités et ont installé des bases temporaires à proximité de nombre d’entre elles. 29 patrouilles ont été exécutées par les compagnies engagées dans le cadre de cette opération.

Menée du 18 au 22 mai 2020 dans la région de Tombouctou, l’opération Winter avait pour but d’assurer la présence de la Force et de dissuader les activités des groupes armés terroristes dans la zone de Gourma - Rhous. 5 patrouilles longue portée ont été conduites dans ce cadre.

Quant à l’opération Whisper 2, lancée le 11 mai, elle s’est achevée le 26 mai dernier. Cette opération avait pour but d’assurer une présence renforcée de la MINUSMA dans le cercle de Ber (région Tombouctou) et de dissuader les activités des groupes armés terroristes, pour une meilleure protection des populations. Une cinquantaine de patrouilles de sécurisation ont été conduites par les troupes de la MINUSMA dans la zone.

Au cours de la semaine écoulée et sur l’ensemble de sa zone d’opération, la Force a mené 610 patrouilles (patrouilles de jour et de nuit, de longue et de courte portée) et érigé une quinzaine de check points.

Appui aux FAMa

Suite à des menaces d'attaque contre les FAMa le 23 mai dans le cercle de Bourem, une Force de réaction rapide a été déployée dans la région. L’appui de la MINUSMA comprenait une mission de reconnaissance aérienne avec démonstration de présence et de Force dans les environs de Bourem, Tarkint et Bamba. Aucune activité suspecte n'a plus été signalée. L’opération a également été renouvelée le lendemain.

Incidents

Parmi les incidents qui ont affecté la MINUSMA :

  • Le 22 mai, le camp intégré de Ménaka a été attaqué par des tirs d’obus de mortier. Aucun n'a atterri à l'intérieur de la partie du camp commun du MINUSMA. Ni victimes ni dégâts ne sont à déplorer.

Propos introductifs de Commandant de la force de la MINUSMA, le Général de corps d'armée Dennis Gyllensporre à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus.

C’est avec un grand honneur que je prends la parole aujourd’hui à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus des Nations unies. Cette journée est un hommage au personnel civil, policier et militaire pour leur contribution inestimable au travail de l’Organisation des Nations Unies. L'ONU a été créée avec l'aspiration à un règlement pacifique des conflits. Par conséquent, la Charte des Nations unies n’a jamais défini ni pleinement prévu l’utilité du maintien de la paix. Pourtant, c’est une pierre angulaire de l’organisation depuis 1948.

En effet, la réticence à recourir à des actes de violence tout en acceptant et en s’ajustant aux réalités sur le terrain, reflète l’esprit de l’Organisation des Nations Unies aujourd’hui autant que lors de sa création.

En effet, cet équilibre entre l’emploi des piliers civils et la nécessité de recourir à la force pour protéger les civils, protéger la paix mais aussi protéger notre personnel sont au cœur de notre mission. Quant à la MINUSMA, nous nous trouvons dans un conflit multidimensionnel en constante évolution avec une situation de sécurité difficile, en particulier dans le Centre avec une violence intercommunale qui demeure alimentée par l’action de plusieurs groupes armés terroristes.

Par ailleurs, nous faisons face à une situation dynamique dans le Nord ainsi qu’à la crise actuelle du COVID-19 qui a frappé le monde entier et qui exige notre plus grande attention afin de limiter la propagation du virus. Cependant, nous devons continuer notre mission en améliorant notre posture et en équipant la Mission ; ceci dans le but de mettre en œuvre le mandat élargi de la MINUSMA et répondre fermement à chaque défi et imprévu avec agilité, mobilité et robustesse.

Nous pouvons citer les exemples de l’opération Buffalo et de l’opération Séka. L’opération Buffalo consiste à fournir la sécurité et la protection de la population locale ainsi qu’assurer la liberté de circulation sur les axes dans le Secteur Centre. L’opération Séka a pour objectif de dissuader les groupes armés terroristes dans la zone de Gao-Labbezanga et d’assurar la liberté de circulation. Un pas important dans ce travail a été le redéploiement des FAMa à Labbezanga ce mois-ci.

Cette réponse comprend le Plan d’adaptation de la MINUSMA qui fait face à cette situation complexe et qui constitue une précondition à la réussite de la mise en œuvre de notre mandat. Il s’agit notamment de créer un groupement tactique mobile qui peut être rapidement déployée pour contrer ou prévenir les menaces émergentes contre la population civile ou pour la mise en œuvre de l’Accord de paix.

Ce groupement tactique constitue la capacité de réaction rapide de la Force et sa capacité de projeter la force dans le pays entier. L’adaptation est une approche intégrée qui comprend l’adoption d’un état d’esprit proactif et robuste sur le terrain et à tous les niveaux de commandement.

Une autre clé importante pour la paix est la participation des femmes au sein de nos missions. Cette année marque le 20ème anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Cette résolution a été la première à reconnaître le rôle crucial des femmes dans la consolidation de la paix. Les femmes casques bleues assurent les mêmes fonctions que leurs homologues masculins dans les mêmes conditions difficiles.

Les femmes dans le maintien de la paix contribuent à accroître l'efficacité des opérations. Elles le font en améliorant le dialogue avec la population locale, en contribuant à la promotion des droits de l'homme, en représentant un modèle pour les filles et les femmes dans le pays, en encourageant les femmes à participer davantage aux processus de paix et politiques, et en contribuant avec une nécessaire perspective de genre dans nos opérations.

De plus, les femmes casques bleues renforcent la confiance dans les forces militaires et encouragent le signalement des délits. L’ONU s’est fixé pour objectif que les femmes représentent 15% des contributions militaires aux opérations de paix d’ici 2020. La participation des femmes aux opérations de paix a augmenté au cours des 20 dernières années.

La proportion de femmes casques bleus reste bien en deçà de l'objectif, oscillant entre 2% et 4% pour les militaires et au sein de la MINUSMA les femmes représentent un peu moins de 4% du personnel militaire. Ceci montre que nous avons un long chemin à parcourir car les femmes restent encore sous-représentées.

En tant que Commandant de la Force, j'appelle les pays fournisseurs de contingents à augmenter le nombre de femmes. Il a été prouvé qu'un meilleur équilibre entre les sexes dans le maintien de la paix militaire augmente le succès et l'efficacité des opérations. L’ONU et les pays membres doivent travailler ensemble pour surmonter les obstacles à une participation significative des femmes aux opérations de paix.

Merci pour votre attention.