Mali

Point de presse de la MINUSMA du 2 décembre 2021

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Porte-parole : Myriam Dessables

Bienvenus chers confrères, bienvenus à toutes et à tous au point presse de la MINUSMA et merci pour votre participation. Bonjour également aux auditeurs et auditrices de Mikado FM qui nous écoutent et merci pour votre fidélité.

Aujourd'hui nous recevons, Mme Catherine Andela, Cheffe de l'Unité Genre et Mme Fabiola Ngeruka, Conseillère principale de la MINUSMA pour la protection des femmes. Invitées dans le cadre de la campagne des 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre, elles nous diront quel est l'appui de la MINUSMA aux efforts nationaux dans la protection des femmes ainsi que leur inclusion effective dans la vie politique, y compris, au travers des élections.

Lancement officiel de la campagne des 16 jours d'activisme contre les VBG à la MINUSMA

  • Le 25 novembre, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes et aux filles, qui marque également le premier jour de la campagne des 16 jours d'activisme contre ces violences, la MINUSMA a organisé à son siège à Bamako une cérémonie de lancement.
  • Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, Coordonnateur humanitaire, Coordonnateur résident du Système des Nations unies au Mali, M. Alain NOUDEHOU, ainsi que le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Mamadou KASSOGUÉ, ont officiellement lancé cette campagne, en témoignant leur engagement à lutter ensemble contre le fléau que sont les violences basées sur le genre. La présence du ministre de la Justice à cet évènement est un symbole fort de la volonté du gouvernement malien de mettre fin à l'impunité des auteurs de VBG, aux côtés des Nations Unies.
  • Au cours de la campagne de 16 jours la MINUSMA, animera des séances de sensibilisation dans des lycées et universités de Bamako sur la thématique des VBG et particulièrement des violences sexuelles en temps de conflit. Le but de ces sensibilisations est notamment de mettre fin à la stigmatisation des victimes de ces formes de violences. Nos deux invitées vous en parleront davantage.

Activités de la haute direction de la MINUSMA

Rencontre avec le ministre de la Sécurité et de la Protection civile

  • Le 30 novembre, le Chef de la MINUSMA, M. El-Ghassim WANE a rencontré le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel major Daoud Aly Mohammedine. Les discussions ont porté sur la manière d'accroître la collaboration entre la MINUSMA et la police, la gendarmerie, la garde nationale et la protection civile maliennes. Cette collaboration accrue devrait renforcer la lutte contre l'impunité et le redéploiement de la présence de l'État, y compris par le biais d'agents féminins. Le ministre a exprimé son appréciation au large soutien de la MINUSMA sur ces questions et veillera à ce qu'un suivi technique soit effectué.

Rencontre avec le ministre britannique des Forces armées

  • Le 23 novembre, M. WANE a rencontré le ministre britannique des Forces armées pour discuter de la contribution du Royaume-Uni à la MINUSMA et de la situation politique et sécuritaire globale au Mali. Les discussions ont également porté sur le mandat de la MINUSMA, la robustesse de sa Force et la stratégie politique de la mission pour soutenir les efforts de stabilisation du Mali. M. WANE a remercié le Royaume-Uni pour sa contribution et a demandé l'appui du ministre pour plaider en faveur de l'obtention des capacités manquantes afin d'optimiser davantage les opérations de la Mission dans le Nord et le Centre. M. WANE a également exhorté le Royaume-Uni, en tant que membre du Conseil de sécurité, à apporter son soutien pour faire avancer les processus politiques en cours au Mali.

Echanges avec les autorités du Togo

  • Le 18 novembre, M. WANE et le Chef de la MISAHEL, M. Maman SIDIKOU, en mission au Togo, ont rencontré successivement le ministre des Affaires étrangères, Robert DUSSEY, le ministre de la Défense Essozimna Marguerite GNAKADÉ et le Président Faure GNASSINGBÉ. Les discussions ont porté sur la situation au Mali et dans la sous-région.

Activité du Comité local de suivi de la transition

  • Le 17 novembre, le Comité local de suivi de la transition a tenu deux réunions avec des membres de la communauté diplomatique au Mali, avec une délégation d'ambassadeurs de plusieurs pays africains et un groupe de diplomates d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord.

Les discussions ont porté entre autres sur la manière dont la communauté internationale peut soutenir les progrès du processus de transition. Le comité des ambassadeurs africains a approuvé une proposition visant à établir un mécanisme de dialogue et de coordination intra-africain.

Covid-19

Point de situation de la MINUSMA

  • La MINUSMA compte cette semaine 44 cas positifs actifs au Mali. Nous restons vigilants et poursuivons nos efforts pour empêcher la propagation du virus dans le pays.

Appui aux institutions dans la réponse contre le Covid 19

  • Le 19 novembre, la MINUSMA a tenu une séance de sensibilisation auprès de 64 détenus de la Maison d'arrêt et de correction de Tombouctou et du personnel pénitentiaire. Cette session a été suivie d'une remise de matériels pour la prévention contre la propagation de la pandémie du Covid-19 (gels désinfectants, masques de protection, savons détergents et visières de protection anti-COVID offertes par la Suède aux prisons du Mali). A Gao également, 560 visières de protection offertes par la Suède ont été remises par la MINUSMA au personnel pénitentiaire de la région.
  • Par ailleurs, à la Maison centrale d'arrêt de Bamako, la campagne de vaccination initiée le 12 novembre s'est achevée le 24 novembre au profit de 1 637 personnes dont 1 566 détenus, 62 surveillants de prison et 9 visiteurs de prison, pour une couverture vaccinale globale de 56% pour les détenus et de 55% pour le personnel pénitentiaire. La MINUSMA continue d'appuyer les autorités nationales y compris pénitentiaires dans le cadre de lutte contre le Covid-19 pour des raisons aussi bien sanitaires que sécuritaires.

Appui aux institutions et aux communautés

Renforcement des services sociaux de base

  • Le 30 novembre, a eu lieu la cérémonie officielle de remise des quatre projets de réalisation d'Adduction d'Eau potable dans la ville de Ménaka. D'un montant global de 99 millions de Francs CFA, les ouvrages ont été réalisés sur financement de la MINUSMA à travers des Projets à Impact rapide. Ils ont été réalisés dans quatre quartiers de la ville de Ménaka (1er, 2ème, 3ème et Taikarène) et bénéficieront à une population estimée à plus de 9 000 personnes dont plus de 6 000 femmes.

Chaque ouvrage est composé d'un forage équipé d'un système d'adduction d'eau potable, alimenté par des panneaux solaires, d'un château de 10 m3 et de trois bornes fontaines réparties dans les agglomérations de chacun des quartiers concernés afin de faciliter l'accès à l'eau potables aux populations bénéficiaires. Ces projets rentrent dans le cadre des actions de renforcement des services sociaux de base de la MINUSMA à travers la réalisation des infrastructures et l'équipement des services publics.

  • Le même jour, 30 novembre, la MINUSMA a remis des équipements des dortoirs réalisés par l'Agence française de Développement (AFD) au profit du commissariat de police de Ménaka. D'un coût global de plus de 23 millions de Francs CFA, le projet a été financé par la MINUSMA au travers d'un Projet à Impact rapide. Sponsorisé par UNPOL, le projet bénéficiera à 60 agents du commissariat de Ménaka. Il a permis d'équiper un dortoir de 12 chambres. L'objectif du projet est d'appuyer la sécurisation et l'équipement des dortoirs du commissariat de Police de Ménaka afin d'améliorer les conditions de vie et de travail des agents.

Appui à l'élaboration des Programmes de Développement Economique Social et Culturel 2021-2025 dans la région de Gao

  • Ce projet à impact rapide intitulé "Appui à l'élaboration des Programmes de Développement Economique Social et Culturel (PDESC) 2021-2025 a été lancé le 17 novembre dans plusieurs communes des cercles d'Ansongo, de Gao et de Bourem. Le projet incluait aussi le Programme de développement de l'Autorité intérimaire régionale de Gao.
  • Le projet, mis en œuvre par l'Agence de Développement Régional (ADR), pour un montant de plus de 40 millions de Francs CFA vise à renforcer les capacités des représentants des autorités locales dans l'élaboration de leurs plans d'actions respectifs.

Nouvelles du Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité au Mali

Une délégation des pays donateurs en visite à Tombouctou

  • Une délégation des pays donateurs du Fond fiduciaire pour la paix et la sécurité au Mali s'est rendue à Tombouctou les 1er et 2 décembre. L'objectif de la visite était de constater la concrétisation de projets financés par leurs pays respectifs. La délégation composée des représentants des 5 pays donateurs du Fonds Fiduciaire à savoir l'Allemagne, le Canada, le Danemark, le Pays-Bas et la Norvège et de la MINUSMA ont échangé avec les autorités administratives et militaires. Elle s'est également rendue sur les sites de projets soutenus par ces bailleurs.

Au travers du Fonds Fiduciaire de la MINUSMA, ces pays soutiennent le Mali pour consolider la paix en œuvrant dans des domaines comme la sécurité, l'accès à la santé, ou encore à la justice.

Droits de l'Homme et Protection

  • Le 24 novembre à Gao, la Division des droits de l'homme et de la protection de la MINUSMA a organisé une séance de sensibilisation pour des sous-officiers sur les normes des droits de l'homme en relation avec les arrestations. L'objectif de la session était de familiariser les participants avec les règles des droits de l'homme relatives à l'arrestation afin de faciliter les actions de prévention et de réponse aux violations des droits de l'homme.

Agenda Femmes, Paix et Sécurité

Formation à l'outil Cercle de Paix à Gao

  • Dans le cadre de la mise en œuvre de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité au Mali, la MINUSMA en partenariat avec l'Institut Malien de Recherche Action pour la Paix (IMRAP) a organisé une activité de renforcement des capacités sur l'outil « Cercle de paix » le 15 novembre dernier à Gao. Cette session de « cercle de paix » s'est déroulée dans le cadre du projet « Femmes artisanes de paix pour la consolidation de la cohésion sociale pour une paix durable dans les régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Taoudéni ». Il a pour objectif de contribuer à l'engagement des femmes au renforcement de la cohésion sociale, et à l'amélioration du vivre ensemble pour une paix durable au Mali. Le but de ce projet est la formation de 192 femmes issues de quatre régions du pays, au côté d'une centaine d'autres déjà formées. D'autres sessions se sont déjà tenues à Mopti, Tombouctou et Taoudéni et ont regroupé la centaine des participantes déjà annoncée, et provenant des cercles desdites régions.

SSR -- DDR

Renforcement des capacités logistiques de la Direction Nationale de la gestion des frontières

  • Le lundi 29 novembre 2021, dans le cadre de l'appui de son appui à la Direction nationale de la Gestion des frontières, la MINUSMA a officiellement remis le projet « Appui à la mise en œuvre de la politique nationale des frontières » par le biais de 5 services de forage, du matériel de bureau, et 2000 exemplaires supplémentaires de la politique nationale des frontières. Le cout de projet s'élève à plus de 78 millions de Francs CFA.

Sensibilisation contre le recrutement et l'enroulement des jeunes aux sein des groupes armés

  • Les leaders religieux, les maîtres coraniques et leurs élèves ainsi que les prêcheurs, ont bénéficié d'un projet de renforcement de capacités sur leur rôle dans la sensibilisation contre le recrutement et l'enrôlement des jeunes aux sein des groupes armés. Ce projet, mis en œuvre en collaboration avec le ministère des Affaires Religieuses et du Culte, a été clôturé le 23 novembre en présence des autorités et des participants venus de Mopti, Djenné, Youwarou, Tenekou et Douentza. Pendant près d'un mois, 50 guides religieux ont été formés sur les techniques de sensibilisation et de plaidoyer. Des kits composés téléphones portables et de mégaphone, leur ont été remis afin de faciliter leurs tâches lors des prêches et autres rassemblements.

Réunion avec des représentants de la Délégation de l'Union Européenne (UE)

  • Le 23 novembre à Bamako, la MINUSMA a tenu une réunion avec des représentants de la Délégation de l'Union Européenne au Mali pour discuter d'un projet du fonds fiduciaire conjoint, conçu pour soutenir le redéploiement des bataillons reconstitués des FAMA dans le Nord. Le projet prévoit la réhabilitation de camps militaires à Kidal, Goundam, Ménaka et Anderaboucane. L'UE contribuera à hauteur de deux millions d'euros à la mise en œuvre du projet.

Atelier de sensibilisation sur le DDR et la CVR

  • Le 17 novembre à Mopti, la MINUSMA a financé un atelier de sensibilisation sur le DDR et la réduction de la violence communautaire dans la nouvelle région de Douentza. L'atelier a vu la présence des représentants du FDSM, des membres de la société civile et des chefs coutumiers, religieux et traditionnels. Le budget total des ateliers qui se sont déroulés dans quatre régions (Mopti, Ségou, Douentza et Bandiagara) s'élève à près de 7 millions de Francs CFA.

Remise officielle de la deuxième phase d'un projet de réduction de la violence communautaire à Tonka au sud-ouest de Goundam

  • Le 16 novembre, s'est tenue dans la ville de Tonka au sud-ouest de Goundam la remise de la deuxième phase d'un projet de réduction de la violence communautaire de mise à niveau et d'équipement du centre local de formation des jeunes. Le projet a été financé par la MINUSMA à hauteur d'environ 29 millions CFA. Il comprend la construction de bureaux et d'infrastructures. Il bénéficiera à 161 personnes, dont 36 femmes.

Pour rappel, le centre de formation, construit en 2019 lors de la première phase du projet, dispense des formations professionnelles dans le domaine de la construction, de l'auto-mécanique et des activités génératrices de revenus.

Appui aux communautés

Réunification des branches dissidentes de la Coordination des Associations et ONG féminines

  • Le 23 novembre, la MINUSMA a facilité une rencontre de médiation à Bamako entre les représentantes des branches dissidentes de la Coordination des Associations et ONG féminines (CAFO). Cet événement est le résultat des efforts combinés de plusieurs organismes nationaux et internationaux, notamment le ministère de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, le Conseil National de la Société Civile, la Coalition Citoyenne de la Société Civile pour la Paix, l'Unité et la Réconciliation au Mali et ONU Femmes. La réunion a mis fin à la mésentente qui divisait l'organisation depuis plusieurs années. Les protagonistes se sont mises d'accord sur plusieurs points. Une conférence de presse sera organisée pour informer le public sur le règlement et pour regagner la confiance des femmes, des délégations de la CAFO seront envoyées dans les régions en particulier à Ménaka et Tombouctou pour réunir les femmes. La réhabilitation du bureau national de la CAFO sera effectuée au travers d'un Projet à Impact Rapide de la MINUSMA.

Dialogue et reconciliation

Dialogue communautaire à Niono

  • Le projet à impact rapide intitulé "Dialogues inclusifs de Niono, Somadougou, Sofara et Djenné dans le cadre du suivi des Accords de Macina et de Somadougou (2019) dans les régions de Mopti et Ségou" a été exécuté les 18 et 19 par l'entremise de l'association Tabital Pulaaku. Il s'insère dans le cadre du suivi des Accords de paix du Macina 2019 (cercle de Niono). Financé par la MINUSMA, ce dialogue qui a réuni environ 70 personnes et a permis aux représentants des chasseurs traditionnels d'exprimer leurs adhésions au processus de réconciliation.

Appui aux médias

Appui en équipements pour quatre radios libres de la Région de Ménaka

  • Un projet à impact rapide a été remis le 1er décembre à ces radios afin de renforcer leurs capacités pour qu'elles puissent jouer un rôle proactif et significatif dans l'accompagnement du processus de paix et dans la promotion de la cohésion sociale dans la région. Ce projet financé par la MINUSMA a couté près de 24 millions de Francs CFA.

Activités de la Police de la MINUSMA - UNPOL

Appui aux autorités

  • La fin des travaux d'installation et de formation du Comité Consultatif de Sécurité de la commune Soboundou, région de Tombouctou, a eu lieu 25 novembre avec l'appui financier et technique de la Police des Nations Unies à hauteur de 625 000 Francs CFA.
  • Le 17 novembre 2021, UNPOL a procédé à la cérémonie de remise officielle des commissariats de Mopti et de Sévaré qu'elle a réhabilités afin de renforcer la sécurité dans ces 2 commissariats et d'augmenter leur efficience dans l'accomplissement de leur mission régalienne de protection des personnes et de biens. Les travaux comprenaient le rehaussement des murs de clôture avec ajout de barbelés ainsi la pose de sacs de sable de protection sur les façades. Ils incluaient aussi le renforcement des portails et l'installation de caméras de surveillance.

Renforcement des capacités

  • Plusieurs séances de formation ont été organisées au profit de plus de 100 agents des Forces de sécurité maliennes. Ces formations portaient entre autres sur la lutte contre l'impunité, l'utilité de la téléphonie dans une enquête judiciaire, les gestes techniques d'intervention professionnelle et la circulation routière. Ces formations ont eu lieu à Bamako comme dans les régions au cours de ces deux dernières semaines.

Activités opérationnelles

  • Dans le cadre de ses missions d'appui opérationnel aux Force de sécurité maliennes et de protection des civils, UNPOL a conduit du 16 au 28 novembre 2021, 41 missions d'escortes et 302 patrouilles. Parmi elles, citons la patrouille de longue portée à Sofara à environ 37km au Nord-Est de Djenné, pour une évaluation de la situation sécuritaire.

L'équipe UNPOL a rencontré et échangé avec des autorités et les populations locales, ainsi que la police et la gendarmerie en vue de promouvoir l'approche de la police de proximité.

  • UNPOL s'est rendue le 18 novembre dans la commune de Niafounké, pour une évaluation de la situation sécuritaire. L'équipe a rencontré et échangé avec les responsables des autorités communales, sécuritaires et locales.

Soutien opérationnel aux FAMa et aux populations

  • Le 19 novembre, un hélicoptère de la MINUSMA a évacué le Chef de village de Mondoro, blessé par balle à la jambe lors d'une tentative d'enlèvement par des éléments armés présumés radicaux, à environ 120 km au sud-est de Douentza, ainsi qu'un FAMa blessé lors d'un exercice de tir réel à Mondoro dans la région de Bandiagara.
  • Le 27 novembre, un hélicoptère de la MINUSMA a effectué l'évacuation sanitaire de neuf civils non onusiens et trois enfants les accompagnant de Farabougou, (région de Ségou), à Sévaré (région de Mopti).
  • Les 9 et 10 novembre la MINUSMA a approvisionné la population de Farabougou avec la livraison par avion de 4 331 kg de vivres. Du 17 au 22 novembre les FAMa ont reçu par la même voie, 6 505 kg de vivres.

Activités de la Force de la MINUSMA

  • Le 17 novembre, la MINUSMA a facilité une séance de renforcement de la confiance entre la population de Ménaka et son contingent nigérien basé dans la ville. Elle a remis des kits scolaires, des maillots de sport et des ballons aux enfants de l'école fondamentale de Ménaka 1.

Opérationnel

Au cours des deux dernières semaines, la Force de la MINUSMA a conduit les opérations suivantes :

  • L'opération Farrier, qui vise à contrôler le respect de l'Accord de Paix et Réconciliation, a fait l'objet d'un effort marqué de la Force durant la tournée du Cadre Stratégique Permanent. En particulier, à Gao, par la mise en œuvre d'un dispositif robuste conjuguant checkpoints, patrouilles, QRF et survol de drones, elle a permis à la fois un contrôle des membres des mouvements signataires (plus de 150 pickups et 1000 personnes contrôlés) et le déroulement sans incident de ce rassemblement important.
  • Dans le Nord du pays, à Kidal, l'opération SIRA se poursuit. Il s'agit d'une mission de formation au profit du 72e régiment d'infanterie motorisée visant à en assurer l'opérationnalisation rapide. Elle doit permettre d'en faire un acteur de la protection de la population locale, afin de favoriser les conditions du retour de l'autorité de l'État et des services de base à Kidal.
  • Dans l'Est, sur l'axe Gao-Ansongo-Labbezanga, au titre de l'opération SEKA, des patrouilles de reconnaissance ont toujours lieu dans plusieurs localités pour renforcer la sécurité aux abords de cet axe majeur et restreindre la liberté de mouvement des groupes armés radicaux.
  • Dans le Centre, l'opération BUFFALO WET, vise à contrer à la fois la résurgence des violences intercommunautaires et les attaques terroristes. Elle poursuit la sécurisation de la RN15, en mettant l'accent sur les ponts de Songo et de Yawakanda.
  • L'opération Badger, opération aéromobile ayant engagé des forces spéciales égyptiennes venues de Tombouctou, a permis aux sections du bureau de Mopti et aux Casques bleus du Secteur Centre de se rendre à Kouakourou (cercle de Djenné) le 30 novembre et d'y rencontrer le maire, les autorités locales, la population civile ainsi que le poste de la Garde Nationale qui s'y trouve.

En outre, des opérations spécifiques, déclenchées à la suite des attaques perpétrées par des groupes armés terroristes et rendant nécessaire une protection accrue des populations civiles, se poursuivent. Il s'agit de :

  • L'opération BEAVER, débutée le 17 juillet a pour objectif de contribuer à la protection de la population de Petaka, localité régulièrement menacée par les groupes armés terroristes.
  • L'opération WASA 2 consiste en des patrouilles conjointes incluant UNPOL et des membres des piliers civils dans le village de Kabara, se poursuit également. Elle vise à montrer la présence de la MINUSMA par le renforcement des liens avec les partenaires locaux et la population.

Au cours des deux dernières semaines et sur l'ensemble de sa zone d'opération, la Force a mené 1 026 patrouilles. Ces patrouilles, aussi bien terrestres qu'aériennes, contribuent à réduire les violences et à rassurer les populations dans les zones où tensions communautaires et attaques armées sont fréquentes.

Incidents

De nombreuses attaques par engin explosif improvisé et les attaques directes contre nos Casques bleus et nos installations ont été recensées au cours des trois dernières semaines.

Quelques exemples:

  • Le 21 novembre, lors d'une patrouille de sécurité de routine, la Force de la MINUSMA a découvert deux engins explosifs improvisés (EEI) ou une mine au sud-est du camp intégré de la MINUSMA de Kidal. Les deux EEIs ont été neutralisés en toute sécurité.
  • Le 22 novembre, trois Casques bleus escortant un convoi logistique ont été blessés quand leur véhicule a heurté un engin explosif improvisé à 11 km du camp MINUSMA de Tessalit. Ils ont été admis à l'hôpital de la MINUSMA de Kidal et ont été ensuite évacués. Le convoi logistique a poursuivi sa route.
  • Le même jour, 22 novembre, le camp partagé de la MINUSMA à Ménaka a été attaqué par des tirs indirects. Il s'agit de la troisième attaque confirmée sur la base de Ménaka cette année. Les attaques précédentes ont eu lieu en avril et en juillet.
  • Le 24 novembre, un véhicule protégé contre les mines (MPV) de la Force MINUSMA a heurté une mine à l'est du camp MINUSMA de Kidal. Le véhicule endommagé a été récupéré. La MINUSMA a été touché par une mine au même endroit le 13 mars 2021.
  • Le 28 novembre toujours dans la région de Kidal, au cours d'une patrouille de sécurité de routine, les Casques bleus de la MINUSMA ont découvert deux engins explosifs improvisés au nord-ouest du camp de la MINUSMA à Aguelhok. Le site a été marqué et sécurisé. Une équipe de neutralisation des explosifs et munitions de la Force s'est déployée de Tessalit à Aguelhok et a réussi à désamorcer les deux engins.
  • Le 30 novembre, au cours d'une patrouille de sécurité nocturne, les Casques bleus ont découvert une munition non explosée près d'un avant-poste de la Mission. Les soldats de la paix ont marqué et sécurisé la zone en attendant le déploiement d'une équipe de neutralisation des explosifs et munitions (EOD) pour désamorcer l'engin.

Propos introductifs de Mme Fabiola Ngeruka

Conseillère principale de la MINUSMA pour la protection des femmes

Merci beaucoup, c'est vraiment un réel plaisir pour moi de prendre la parole durant la période où le monde entier et également le Mali commémore les 16 jours d'activisme. Un moment de plaidoyer pour mettre fin aux violences basées sur le genre et particulièrement les violences faites aux femmes et aux filles. Actuellement à la MINUSMA, le Bureau de la protection des femmes travaille avec les acteurs nationaux, les ONG et les départements ministériels pour sensibiliser les décideurs, mais également sensibiliser les hommes, les femmes, les garçons et les filles sur les questions des violences basées sur le genre.

Nous sommes en train d'aller dans des écoles parce que nous savons qu'il faut faire une prévention primaire, commencer à parler aux plus jeunes dans les écoles et leur parler des conséquences des violences basées sur le genre. Hormis la sensibilisation au niveau des écoles, nous accompagnons également les ONG nationales en leur offrant le matériel et les moyens financiers pour qu'elles puissent également conduire cette campagne. Au niveau de la protection de la femme, je voudrais également parler d'une action en particulier.

Le gouvernement du Mali avait signé un communiqué conjoint avec les Nations-Unies pour mettre fin aux violences sexuelles liées au conflit. Ce sont ces éléments qui constituent le mandat du Bureau de protection des femmes au sein de la MINUSMA. Avec ce communiqué conjoint, il y a un mois, nous avons travaillé avec tous les départements ministériels pour développer un plan d'actions afin de pouvoir mettre fin aux violences basées sur le genre, mais spécialement les violences sexuelles liées au conflit dans des zones affectées par la situation sécuritaire actuelle.

Le Plan d'action du communiqué conjoint comporte cinq axes. Le premier est la prévention et les 16 jours d'activisme vont se terminer, mais nous allons continuer à prévenir et à travailler pour avoir des stratégies de prévention contre les violences sexuelles liées au conflit. Ce volet a deux organisations qui le dirigent : le ministère de la Promotion de la Femme, de l'enfant et de la Famille et l'UNICEF. Il y a le deuxième volet qui parle de la protection, le travail avec les forces de défense maliennes sous la direction du HCR.

Hormis ce volet de protection, il y a celui l'accès aux services. Comme vous le savez, les services aux personnes survivantes sont vraiment moindres. On a presque 48% des zones affectées par les conflits qui n'ont pas de service. Ce plan d'action va nous aider à avoir encore plus de services pour la prise en charge des personnes survivantes/victimes sur le terrain.

Nous avons également un grand volet de lutte contre l'impunité qui est dans le mandat de la MINUSMA, le ministère de la Justice, mais également des ONG de défense des droits de l'Homme avec lesquelles nous travaillons. Nous avons formalisé une coalition pour qu'elle puisse nous aider à mettre fin aux violences sexuelles liées au conflit et surtout mettre fin à l'impunité. Le dernier volet est la coordination. Vous savez que la coordination n'est pas facile, mais nous allons mettre en place une coordination Gouvernement-Nations Unies-Société civile pour pouvoir travailler ensemble main dans la main pour mettre fin aux violences sexuelles liées au conflit.

Le montant total de Plan d'actions est de 15 milliards de Francs CFA. Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSMA, va travailler avec le Gouvernement pour la mobilisation des ressources. Il y aura une table ronde au mois de janvier pour pouvoir mobiliser des ressources et commencer la mise en œuvre.

Propos introductifs de Catherine Andela

Cheffe de l'Unité Genre

Merci également à Fabiola pour cet exposé sur les 16 jours d'activisme et sur les prérogatives du Bureau de la protection des femmes. Je vais compléter l'aspect politique pour pouvoir appuyer tous les efforts qui sont faits par la MINUSMA pour que les violences sexuelles en période de conflit et pour que les violences basées sur le genre de façon plus globale diminuent et pourquoi pas, ne cessent. Il faut aussi une volonté politique et c'est pour cela que nous travaillons aussi à ce que, côté politique, il y ait beaucoup plus d'engagement. Cela commence aussi par un positionnement des femmes dans la sphère politique. C'est pour cela que nous suivons de très près certains indicateurs qui peuvent peut-être nous en dire un peu plus, sur lesquels on peut s'appuyer pour faire davantage de plaidoyer. Je voudrais rappeler aux auditeurs et auditrices que le Gouvernement de transition de juin 2021 compte six femmes sur 28 membres, ce qui représente un tiers soit 21,42% de femmes ministres.

Vous êtes tous au courant de la loi 052 de 2015, qui prévoit au moins une représentation de 30% de l'un des deux sexes. Donc, avec 21,42% de femmes ministres, on voit bien que nous sommes en dessous. C'est la même chose pour le Conseil national de transition (CNT), qui a été créé en novembre 2020 et qui joue le rôle d'organe législatif comme vous le savez, et qui compte 32 femmes sur 121 membres.

Ce sont les derniers chiffres que nous avons, car il y a des gens qui ont démissionné. Mais en gros, nous avons 32 femmes sur 121 membres qui équivaut à 26,4%. Donc on est encore en dessous de 30% et cela commence à grimper ...26,4%. Juste un petit rappel avant la transition, il y avait eu des élections législatives où nous avions presque atteint les 30%. Nous avions eu 28,90% de femmes aux législatives. Il y a des progrès très forts au niveau du Comité de suivi de l'Accord issu du processus d'Alger de 2015. Nous avons 9 femmes sur 29 membres nationaux du CSA.

C'est très encourageant, puisque cela nous fait un total de 31% de femme. D'ailleurs, cela ne s'arrêtera pas là puisqu'il est envisagé au moins 18 femmes supplémentaires 12 dans les sous-comités et 6 en appui au CSA.

C'est fortement encourageant d'avoir ces 31% de femmes dans le Comité de suivi de l'accord. Dans notre actualité, les dernières Assises nationales pour la refondation, nous avions atteint les quotas de 30% minimum puisque le panel et la commission comprennent respectivement 38,8% et 30% de femmes.

Pour rappel, le panel et la commission comprennent des femmes de valeur, de qualité ; des femmes engagées. C'est un très bon signe. Je terminerais en disant que sous les aspects politiques, effectivement, il y a eu cet avant-projet de la loi électorale (loi 052-2015) qui stipule en ces articles 175, 198 et 214 que « les listes de candidatures présentées par les partis politiques, groupements de partis politiques ou de candidats indépendants sont irrecevables lorsqu'elles présentent plus de 70% de femmes ou d'hommes ». C'est juste pour vous dire que la meilleure façon de plaider et de lutter contre les violences sexuelles, contre les violences basées sur le genre, c'est d'avoir autant de femmes et d'hommes qui vont se mobiliser pour que ce fléau s'arrête et pour que ces femmes puissent se mobiliser, il n'y a rien de tel que d'avoir un cadre légal et politique.

C'est pour cela que nous tenions à vous donner ces chiffres-là. Cela doit être évidemment suivis de faits, mais vous conviendrez avec moi qu'il est nécessaire d'avoir d'abord les cadres normatifs. Ensuite, nous pourrons justement, avec la législation, jouer sur la redevabilité pour que nous arrivions à avoir un positionnement politique et économique des femmes et qu'elles puissent à leur tour influer pour qu'il y ait moins de violences sexuelles, moins de violences basées sur le genre.