Point de presse de la MINUSMA du 15 novembre 2018

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous, chers confrères journalistes, chers auditrices et auditeurs de la radio de la Paix, MIKADO FM, merci de nous être fidèles. Sans plus tarder, je vais commencer par vous présenter l’actualité de la Mission ainsi que celles des différentes composantes de ces deux dernières semaines. Ensuite, je donnerai la parole à Mme Joanne Adamson, la nouvelle Représentante Spéciale Adjointe du Secrétaire général (chargée du pilier politique) à la MINUSMA, pour une brève présentation.

  • La MINUSMA a fermement condamné l’attaque terroriste de lundi soir à Gao où l’explosion d’un véhicule piégé a causé la mort de nombreux civils et fait de nombreux blessés. Dans un communiqué, le Chef de la MINUSMA, M. Annadif, a condamné avec la plus grande vigueur cet acte odieux et a présenté au nom de la Mission des Nations unies au Mali ses sincères condoléances aux familles des victimes, au peuple et au Gouvernement du Mali, et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Le communiqué a rajouté que cette attaque, qui a été revendiquée comme une attaque contre des forces étrangères, a visé principalement des civils maliens, majoritairement des femmes et des enfants, de 9 mois à 14 ans. Il n’y a dans ces actes aucun acte de courage ou de fierté à revendiquer mais plutôt une lourde responsabilité qu’il faudra assumer aux yeux du monde, et surtout auprès du peuple malien. Parmi les blessés, il y avait également des contractants civils de la MINUSMA, venus à Gao pour aider à sauver des vies et porter assistance aux populations.

ACTIVITÉS À BAMAKO

  • Le 2 novembre, s’est tenue à la Base Opérationnelle de la MINUSMA, une cérémonie d’hommage aux Casques bleus burkinabés et guinéen, décédés au service de la paix au Mali, en présence des membres du personnel militaire, policier et civil de la MINUSMA et des Forces Armées maliennes. Respectivement âgés de 36 et 25 ans, le Sergent-Chef Issa Yoni et le Soldat Limon Ouetia Delphin, du bataillon Burkinabé, étaient déployés au Mali depuis février 2018. Les deux Casques bleus sont morts alors qu’ils repoussaient, aux côtés de leurs frères d’armes, une attaque complexe survenue le 27 octobre dernier contre le camp de la MINUSMA à Ber (région de Tombouctou), et qui a fait plusieurs autres blessés. Le 27 octobre, à Kidal cette fois-ci, le caporal-chef Fodé Abass Camara, du contingent guinéen, était lui aussi arraché à l’affection des siens, des suites d’une crise cardiaque.
  • Les 5 et 6 novembre derniers, le Représentant Spécial du Secrétaire général au Mali, M. Mahamat Saleh Annadif, a participé à la cinquième édition du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique. La thématique de cette année portait sur les enjeux de la stabilité et le développement durable en tant que facteurs favorisant la paix et la sécurité. M. Annadif a pris part à plusieurs activités au programme, en plus d’être conférencier invité et membre du panel portant sur « la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent et la question du partenariat ».
  • Du 7 au 10 novembre, le chef de la MINUSMA a participé à la 11eme édition du Forum MEDays à Tanger, au Maroc, et organisé par l’Institut Amadeus, sur le thème : « à l’ère de la disruption, bâtir de nouveaux paradigmes ».
  • Le 7 novembre 2018 dans la matinée, la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la MINUSMA par intérim, Mme Mbaranga Gasarabwe, a rencontré au Quartier Général de la Mission une délégation de l’Union européenne. Composée de représentants de plusieurs Etats membres, cette délégation effectuait une mission de deux jours à Bamako. Dans le cadre de la mise en œuvre d'une programmation conjointe au Mali entre les Etats membres de l'Union Européenne, les échanges avec la MINUSMA ont porté sur un partage d'analyses devant mener, à terme, à la mise en place d’une réponse européenne plus forte et plus efficiente.
  • Le 8 novembre, la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la MINUSMA par intérim, Mme Mbaranga Gasarabwe, a rencontré au Quartier Général de la Mission, Mme Harriet Baldwin, Ministre d’Etat Britannique pour l’Afrique Mme Mbaranga Gasarabwe a remercié Mme la Ministre pour la contribution de l’Etat britannique aux efforts consentis par la communauté internationale dans l’accompagnement des Maliens vers la paix et la stabilité.
  • Ce 12 novembre, le Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a rencontré au Quartier Général de la Mission, Mme Ursula Gertrud von der Leyen, Ministre allemande de la Défense. M. Annadif a remercié Mme la Ministre pour la contribution de l’Etat allemand aux efforts consentis par la communauté internationale dans l’accompagnement des Maliens vers la paix et la stabilité, y compris pour la contribution d’un contingent allemand à la MINUSMA.
  • Le 12 novembre, M. Annadif a rencontré officiellement, au Quartier Général de la Mission onusienne à Bamako, la nouvelle Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’ONU au Mali, en charge des Affaires Politiques au sein de la MINUSMA, Mme Joanne Adamson, du Royaume-Uni, que vous allez rencontrer dans quelques minutes. M. Annadif a chaleureusement accueilli Mme Adamson, à qui il a souhaité plein succès dans ses nouvelles responsabilités.
  • Le 12 novembre, le CSA a tenu sa 29eme session. Cette session a porté sur la mise en œuvre de la feuille de route du 22 mars 2018, la présentation des rapports des sous-comités thématiques, les avancées en matière d’inclusivité, notamment des femmes et la présentation du deuxième rapport de l'Observateur indépendant. La prochaine session du CSA se tiendra les 17 et 18 décembre 2018, conformément au calendrier prévisionnel retenu.
  • Le 13 novembre, le Général de Division sénégalais, François Ndiaye, de l’Inspection Générale des Forces Armées, relevant de la Présidence de la République du Sénégal, a été reçu au Quartier Général de la MINUSMA, par Mahamat Saleh Annadif. Le processus de paix, le Mandat de la MINUSMA, les défis sécuritaires et les dynamiques géopolitiques de la région, ont entre autres été abordés. Le Représentant spécial a tenu à remercier l’importante contribution du Sénégal à la Mission.
  • Le 13 novembre, les Nations Unies et le gouvernement du Mali ont validé la proposition du programme pays de l’Initiative Spotlight visant à éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, au cours d’un atelier qui a réuni les acteurs des différents ministères, de la société civile et des agences des Nations Unies, sous le leadership de la coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe.

LA FORCE

  • Dans le cadre du déroulement du processus DDR-Intégration accélérés, la Force a déployé un dispositif de sécurisation à Gao, Tombouctou et Kidal en liaison avec les Forces de défense et de sécurité maliennes.
  • La Force continuera d’apporter son soutien pour l’opérationnalisation des unités MOC. Elle poursuit ses opérations de sécurisation avec effort dans les régions du centre du Mali.
  • Les 7 et 8 novembre 2018, s’est tenue à la base opérationnelle de la Mission, la conférence sur la coordination civilo-militaire (CIMIC) de la Force. Cette conférence vise à améliorer la conduite des opérations CIMIC au sein de la MINUSMA.
  • Pour soulager les populations d’Ansongo dans le secteur Nord, des consultations médicales sont désormais entreprises tous les mardi et jeudi à l'infirmerie du bataillon nigérien NERBAT 6. Au cours de la semaine écoulée, 37 personnes, majoritairement des enfants, ont été traitées.

Quelques statistiques : entre le 6 et le 13 novembre, la Force a effectué 484 patrouilles, a tenu 557 check-points et a effectué 163 escortes.

UNPOL

  • Le 8 novembre 2018, une équipe UNPOL - MilObs (observateurs militaires) a effectué une patrouille mixte de longue portée motorisée et pédestre sur l’axe Sévaré-Gao et dans la ville de Konna.
  • Le 3 novembre, UNPOL a conduit une séance de sensibilisation sur les dangers des Engins Explosifs Improvisés (EEI) au profit des Unités de police constituée (UPC) d’Ansongo.
  • L’équipe des Formations Spécialisées de la composante Police de la MINUSMA a conduit une formation, du 30 Octobre au 2 Novembre 2018, sur la Reconnaissance Faciale et Procédures d’Enquêtes à l’endroit des Forces de Sécurité Maliennes (FSM) dans la ville de Gao. L’objectif de la formation était de renforcer les capacités opérationnelles des éléments des FSM sur les techniques d’enquêtes relatives à la reconnaissance de la conformité de tout individu sur un document administratif par rapport à sa personne physique lors d’une enquête policière ainsi que les procédures à appliquer, en conséquence.

Quelques statistiques, entre le 28 octobre et le 11 novembre : UNPOL a effectué 134 patrouilles conjointes avec les FSM, 295 patrouilles pédestres, 43 patrouilles longue portée et 55 escortes.

RSS/DDR

  • Ce 6 novembre 2018, a eu lieu à Gao, le lancement officiel du processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion socio-économique, (DDR), et Intégration accélérés des combattants du MOC. La cérémonie officielle était placée sous la présidence du Ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, en présence de la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies. Pour rappel, en mars 2018, le Comité de Suivi de l’Accord (CSA) avait demandé aux parties signataires de donner un nouveau chronogramme pour les actions prioritaires à mener. Parmi ces actions : l’intégration des combattants du MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination). L’Accord de paix prévoit globalement un programme national de DDR, ainsi qu’un programme d’intégration des combattants qui répondent aux critères (agréés par les parties) au sein des Forces de Défense et de Sécurité du Mali. 1 600 combattants des trois régions sont concernés par ce processus.

À Kidal, le 6 novembre, à l’issue du lancement officiel, les travaux d’enregistrement des combattants ont immédiatement commencé. Ce sont 400 combattants issus des mouvements signataires de l’Accord, qui sont concernés par ce processus. A Gao, le 9 novembre, l’enregistrement peut commencer en présence des représentants des Commissions nationales de DDR et d’Intégration. 600 combattants concernés par l’exercice à Gao dont le commandant Moussa Ag Najim de la CMA qui a été le premier à déposer son pistolet automatique devant les officiels. A Tombouctou, le processus a démarré le 12 novembre.

Un point sur les activités DDR-I accéléré au 14 novembre :

  • A Tombouctou : 98 combattants sont enregistrés et 72 ont terminé toutes les phases du processus
  • A Kidal : 43 combattants ont été enregistrés et 200 combattants ont débuté le processus
  • A Gao : 164 combattants sont maintenant enregistrés dans la base de données et 104 ont commencé le processus d’enregistrement

ACTIVITÉS EN RÉGIONS

TESSALIT

  • Du 9 au 12 novembre, la Division des Affaires Civiles a rencontré les autorités locales et les représentants des organisations de la société civile à Tessalit pour renforcer leur collaboration avec la MINUSMA et identifier les défis majeurs dans la mise en œuvre de projets sur place. La Division travaille actuellement avec des organisations locales de femmes à Tessalit pour soutenir localement deux projets d’autosubsistance, à savoir la mise en place d'un moulin à grains et d'un atelier de tissage et d'artisanat, visant à améliorer la participation socio-économique des femmes dans la région.

MENAKA

  • Un point sur l’avancement d’un projet financé par la MINUSMA, grâce une contribution du Danemark au Fonds Fiduciaire des Nations Unies en soutien à la paix et à la sécurité au Mali : le projet d’électrification des grandes artères de la commune urbaine de Ménaka par des lampadaires solaires à hauteur de plus de 100 millions de francs CFA. Lancé depuis le mois de juillet 2018, ce projet vise à illuminer les quartiers de la commune urbaine de Ménaka qui peuvent être exposés à l’insécurité. Il couvrira aussi des bâtiments administratifs tels que la gendarmerie, la police, la mairie. Nous en sommes actuellement à la moitié de la réalisation du projet, qui devrait être finalisé en décembre.

TOMBOUCTOU

  • Le 4 novembre, la Division des Affaires Civiles a animé une réunion entre l'Association des femmes du cercle de Goundam (région de Tombouctou) et quinze femmes de l'Unité de police constituée (UPC) du Bangladesh, qui sont également basées dans la localité. L'objectif de la réunion était de créer un partenariat entre les deux organes afin de faciliter la planification d’activités conjointes dans le futur. Au cours de la réunion, la présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) s'est engagée à travailler davantage avec les UPCs, par des échanges d'informations et des conseils.

Je laisse maintenant la parole à Mme Joanne Adamson. Pour vous donner une rapide introduction : Mme Adamson apporte à la MINUSMA 30 années d’expériences dans le domaine de la diplomatie, avec une vaste connaissance des questions liées à la paix et à la sécurité, aux négociations multilatérales et à la résolution de conflits. Depuis septembre 2016, elle a servi comme Cheffe de délégation adjointe de l’Union européenne auprès des Nations Unies, où elle s’est concentrée sur la réforme des Nations Unies et le renforcement des partenariats collaboratifs, notamment entre l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne. D’août 2014 à août 2016, elle a été Ambassadrice du Royaume-Uni au Mali et au Niger, où elle a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du processus de paix au Mali et dans l’élaboration d’un programme de stabilisation pour le Sahel. Elle est également dotée d’une expérience du maintien de la paix des Nations Unies, notamment au Siège et avec la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK). Nous lui souhaitons la bienvenue au sein de la MINUSMA ainsi qu’un plein succès dans sa prise de fonction.

Joanne Adamson : Bonjour tout le monde, je suis très heureuse de revoir plusieurs collègues et d’en connaître de nouveaux. Comme a dit Myriam, c’est un retour et un retour heureux pour moi au Mali, avec une nouvelle casquette. Comme elle a noté, j’ai été Ambassadeur pour le Royaume-Uni ici jusqu’en 2016. Après, j’ai fait deux ans à New York avec l’Union européenne. Je peux vous dire, de cette dernière expérience, qu’il y a beaucoup d’intérêt pour les affaires maliennes à New York. De la part bien sûr du Conseil de Sécurité, mais aussi des Etats membres et des organisations de l’ONU. Ce que j’ai appris de cette expérience, c’est que le lien entre paix et sécurité, et les droits de l’homme, est très important. C’est avec çela en tête que je reviens au Mali. On m’a demandé en revenant, surtout dans le CSA, les différences que j’ai remarquées depuis ces deux ans. Tout d’abord, comme l’a signalé Myriam, le fait que le DDR est en route : c’est une grande chose à remarquer pour moi. Quand j’étais Ambassadeur du Royaume-Uni, on attendait toujours le commencement du DDR du MOC. On est au début du processus mais déjà, ça me montre l’engagement des parties dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation.

Dans mon travail, il y aura plusieurs aspects. Mais la mise en œuvre de l’Accord sera une de mes grandes priorités. Avec tous mes collègues de la MINUSMA, les partenaires de l’ONU mais surtout avec les parties maliennes. C’est ça ma priorité : voir comment je peux être en appui auprès des parties maliennes dans la mise en œuvre de l’Accord. Je suis connue pour parler franchement. Je crois que les gens apprécient çela. J’essaierai de garder cette franchise. Je vais mener tous les efforts nécessaires pour aider et soutenir les parties maliennes.

Je suis prête à prendre des questions mais je ne suis là que depuis quatre jours donc j’espère que vous allez me laisser un peu d’espace pour me retrouver au Mali avec ma nouvelle casquette. Je suis vraiment contente de revenir à ce moment clé. Quand j’étais au Comité de Suivi, j’ai vu que c’était un moment clé, qu’il y avait beaucoup d’attente de la part de la communauté internationale, non seulement à cause du Mandat de la MINUSMA mais aussi dans le contexte régional et global où il y a beaucoup d’attente de progrès du Mali. Je suis prête à faire tout ce que je peux pour travailler avec les collaborateurs pour arriver au bout des objectifs. Si je peux vous aider dans votre mission, j’espère que je pourrai le faire aussi.

Badou Koba, Carrefour : Mme Adamson, j’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à venir servir la cause de la paix au Mali sous la bannière de la MINUSMA.

Joanne Adamson : C’est une question très facile. Quand j’ai quitté le Mali il y a deux ans, j’avais l’impression que j’allais revenir. J’ai fait un travail durant deux ans mais je sentais qu’il y avait encore du travail pour moi à faire. C’est un grand honneur quand le Secrétaire général de l’ONU vous demande si vous voulez servir au nom de la paix pour être sur le terrain. J’ai été au siège pendant deux ans mais je suis une personne non seulement de stratégie et de connaissances mais aussi de coordination. Je suis très motivée pour travailler avec les personnes au niveau des idées et des stratégies. Avoir l’occasion de revenir et de servir l’ONU à ce moment clé, je suis persuadée des atouts du multilatéralisme, de travailler ensemble et d’aborder les questions très difficiles au Mali et dans la région, et voir comment on peut essayer de résoudre les problèmes ensemble. Voilà mes motivations. Je suis fière et humble en même temps.

Daouda Yare, Radio La Voix des Jeunes : Vous avez dit que New York porte beaucoup d’intérêt au Mali. Pouvez-vous nous expliquer ce qui provoque cet intérêt ?

Joanne Adamson : Depuis 2012-2013, les Nations Unies ont accompagné le Mali. Nous avons un Mandat très clair pour la MINUSMA, avec des objectifs très clairs. Maintenant qu’il y a l’Accord de paix, les gens s’y intéressent beaucoup parce qu’il y a quelque chose de concret qui guide le travail du pays. Il y a aussi le contexte régional et ses défis majeurs : le changement climatique, le fléau du terrorisme. Au Mali, il y a beaucoup de possibilités. Vous qui êtes de la Radio des Jeunes, je suis sûre que les jeunes attendent de voir comment ils peuvent travailler pour leur avenir. Il y a tous ces dossiers qui sont importants au Mali, non seulement pour les Etats membres mais aussi pour le Secrétariat. Le Mali est toujours un débat intéressant au sein du Conseil de Sécurité. Avec le Mandat que nous avons, le Conseil nous regarde de très près et est très intéressé par les développements sur place, surtout dans la mise en œuvre de l’Accord. Par exemple, le DDR est quelque chose qu’on attendait à New York. Ils seront contents de savoir que le processus avance mais il reste encore beaucoup à faire. Tant qu’il y a un momentum, les gens de New York vont apprécier, mais aussi demander encore.

Jean-Pierre Keïta, Ika FM : Au niveau du DDR, il y a souvent eu des voltefaces. Qu’est-ce que la MINUSMA prévoit pour les victimes ?

Joanne Adamson : Je ne vais pas rentrer dans les détails du DDR. C’est plutôt Mme Mbaranga Gasarabwe et Myriam qui pourront répondre. Je voudrais simplement dire qu’il y a quelque chose de très important dans l’Accord : c’est la prévision pour la commission d’enquête. Aussi, tout ce qui peut venir de la Commission malienne Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). Notre mission est d’accompagner les Maliens. Il y a des structures que nous voulons voir progresser. L’important est le suivi de ce qui est déjà là dans l’Accord, et ça, c’est ce qui doit se développer entre les parties maliennes. Au CSA, lundi, j’ai beaucoup parlé de l’importance de l’inclusion des femmes dans le suivi de l’Accord. Pourquoi ? Pas seulement parce que je suis une femme. Les recherches nous montrent que, quand les femmes sont inclues dans les processus de suivi des accords de paix, il y a plus de possibilités de voir une solution et une paix durables. Je vais continuer ce travail. J’étais très contente de voir que les parties étaient ouvertes à en discuter avec la MINUSMA. C’est un aspect que la MINUSMA va vraiment pousser auprès des parties.

Myriam Dessables : S’il n’y a plus de questions pour Mme Adamson, je vais la libérer. Je vais répondre au reste des questions.

Ousmane Nialibouly, Studio Tamani : Vous avez évoqué l’attaque terroriste à Gao lundi dernier. Pouvez-vous nous donner le bilan ?

Myriam Dessables : Le bilan que nous avons est celui qui a été publié par les autorités. Le communiqué du gouvernement parlait de trois morts et de nombreux blessés. Je n’ai pas d’autres informations que le bilan qui a été communiqué par le Gouvernement malien.

Merci de votre attention et de votre présence aujourd’hui. A très bientôt.