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OCHA Mali Rapport de situation - Dernière mise à jour: 24 avr. 2020

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Faits Saillants

  • Le COVID-19 une urgence supplémentaire nécessitant des financements additionnels

  • Les acteurs humanitaires n’ont mobilisé que 16 pour cent des fonds recherchés à travers le Plan de Réponse Humanitaire alors que les besoins humanitaires s’accroissent

  • Le nombre de personnes en insécurité alimentaire a atteint son niveau le plus élevé depuis 2016. Le Gouvernement a annoncé une urgence alimentaire et nutritionnelle le 7 avril.

  • Les mouvements de population restent dynamiques et complexes

ANALYSE

Les partenaires humanitaires participent à la lutte contre le COVID-19 mais ont besoin de plus de fonds

Les autorités maliennes ont confirmé les deux premiers cas de COVID-19 le 25 mars. Au 22 avril, le pays avait enregistré 293 cas dont 17 décès et 73 personnes guéries.

Face à la menace mondiale et à l’apparition de la maladie dans les pays voisins, le Gouvernement a pris plusieurs mesures préventives depuis le 17 mars.

Elles incluent, entre autres, la fermeture des frontières sauf au fret et transport des marchandises en particulier les denrées de première nécessité; l’interdiction des regroupements publics; la fermeture des écoles; la déclaration de l’état d'urgence sanitaire et un couvre-feu de 21h00 à 5h00 du matin ainsi que le lancement de la campagne un Malien un Masque. Un numéro vert « le 36061 » gratuit est créé pour informer et orienter les populations.

Le Gouvernement a mis en place quatre laboratoires pour faire les tests de diagnostic du COVID-19 à Bamako. Un laboratoire mobile a été déployé dans la région de Kayes. Concernant la prise en charge, quatre centres sont opérationnels dont trois à Bamako et un à l’hôpital régional de Kayes. De nouveaux espaces d’isolement sont en cours d’aménagement à Bamako, à Mopti et à Tombouctou.

Se basant sur les premières tendances brutes remontées par les acteurs opérationnels sur le terrain, il est à craindre que la pandémie de COVID-19 affaiblisse davantage les ménages les plus vulnérables, affecte leur protection, limite l'accès aux services sociaux de base et aggrave la prévalence de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.

Les partenaires humanitaires continuent de soutenir les actions de prévention et de riposte dans le respect des mesures et gestes barrières.

Les distributions d’aide humanitaire s’étalent maintenant sur une durée plus longue car elles se font en petits groupes en tenant compte de l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes. Le Mécanisme de Réponse Rapide (RRM), par exemple, très actif dans les opérations humanitaires au Mali, a renforcé les procédures opérationnelles en développant un guide pratique de conduite des activités dans l’environnement avec risque de propagation du COVID-19 (inspiré principalement des orientations IASC, OMS, GFSC). Le RRM limite le rassemblement à 20 bénéficiaires à la fois sur un site de distribution. Ces mesures ont pour but d'atténuer les risques de contamination des personnes dans le besoin mais engendrent des coûts supplémentaires qui doivent être soutenus par les partenaires techniques et financiers.

Les partenaires humanitaires publieront bientôt un plan de réponse pour prendre en charge les besoins multi-sectoriels engendrés par le COVID-19.

Le Gouvernement a élaboré un plan d’action de prévention et de réponse (couvrant la période avril-décembre 2020) nécessitant un budget de 34 milliards de FCFA et s’est engagé à investir 6,3 milliards de FCFA pour faire face aux besoins prioritaires.

Le 6 avril, le Système des Nations Unies a signé avec le Ministère de la santé et des affaires sociales trois protocoles d'accord qui permettront une réponse intégrée et rapide à la pandémie de COVID-19. D'un montant de près de 1,6 milliard de FCFA (2,7 millions de dollars américains) financé par le MINUSMA, ces protocoles, prévoient l’acquisition rapide d’équipements et matériels médicaux spécialisés ainsi que la formation du personnel de santé aux mesures de prévention et d’atténuation de l'impact du COVID-19. En outre, les agences, fonds et programmes des Nations Unies apporteront un soutien dans divers secteurs pour un montant de plus de 2 milliards de FCFA (3,4 millions de dollars américains).

Le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF) a alloué 587 millions de FCFA (1 million de dollars américains) à l’OMS. Avec ce financement, trois ONG interviendront dans les régions de Kayes (Save The Children), Mopti (Help), Sikasso et Koulikoro (Alima) pour suivre les personnes contacts et les personnes affectées par le recrutement d'agents communautaires tout en soutenant les structures de santé et les structures de surveillance épidémiologique.

Par ailleurs, 407 millions de francs CFA (700 000 dollars américains) du fonds CERF ont également été alloués à l’UNICEF et permettront de mener une réponse multi-sectorielle (dans les secteurs de la santé, de l’eau, l’hygiène et l’assainissement ainsi que de la protection de l’enfant) à l’épidémie dans le district de Bamako ainsi que dans les régions de Kayes, Mopti, Tombouctou et Gao en partenariat avec les Directions régionales (Santé, Hydraulique, Protection de la Famille et de l’Enfant, Développement Social) et plusieurs ONG (COOPI, Samu Social, Water Aid, Tassaght).

Les ressources actuellement disponibles restent insuffisantes pour combler les énormes défis liés au manque de moyens pour le suivi des contacts, la prise en charge des cas à domicile, la prise en charge psychosociale, le déploiement de laboratoires mobiles dans les régions et la formation des partenaires. Il y a un manque de matériels, d’équipements de protection, de kits et d’équipements de prise en charge du COVID-19, de capacités de tests etc.

Le Mali a reçu d’autres soutiens financiers notamment un appui de la Banque Mondiale de 25,8 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) dont la moitié en don et l’autre moitié en crédit pour aider le Mali à faire face à la pandémie de COVID-19 et un allègement de la dette du Mali par le Fonds Monétaire International pour une période de six mois.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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