Mali

Matrice d’analyse des risques de protection – Région de Gao, Ménaka, Kidal (Septembre 2019)

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Analysis
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Pays, régions et cercles

Mali, Gao (N’Tillit, Ansongo, Talataye, Tin-Hama), Ménaka (Menaka, Anderaboukane), Kidal (Kidal, Abeibara, Tinasoko)

Situation humanitaire

La région de Gao fait face à la récurrence des chocs suivants: sécheresse, inondations, banditisme, et épidémies. L’insécurité alimentaire touche 30% de la population (soit 194 643 personnes). 38 368 enfants de moins de cinq ans et femmes enceintes et femmes allaitantes (FEFA) sont à risque de malnutrition aigüe globale. 52% de la population (soit 339 146 personnes) n’a pas accès a l’eau potable et 15% des 513 écoles sont non-fonctionnelles, privant près de 8 000 élèves de leur droit à l’éducation. 75% des Centre de Santé de Référence (CSRef) et 22% des Centre de Santé Communautaire (CSCom) sont non fonctionnels. Les principaux défis humanitaires de la région sont : (i) des difficultés d’accès surtout dans les communes de Tin-Hamma, Talataye, Tessit, Ntillit ou les évaluations et les réponses ont souvent été retardées en raison de l’insécurité ; (ii) une augmentation des besoins humanitaires et un faible niveau de financement pour des réponses durables aux crises ; (iii) un déficit de stock de contingence pour répondre aux situations d’urgence dans un bref délai (Source : Profil humanitaire de la région de Gao, mai 2019).

La région de Ménaka demeure instable, avec une intensification des affrontements armés, des opérations militaires et des incursions d’hommes armés dans les villages entrainant de nombreux déplacements et une exacerbation des besoins humanitaires. Ménaka est particulièrement marquée par le banditisme à grande échelle qui touche les humanitaires et la population civile. Les risques de protection ont atteint un niveau inquiétant alors que l’accès humanitaire se rétrécit progressivement dans les zones sud-est de la région. Par ailleurs, 61% de la population (soit 44 409 personnes) est en insécurité alimentaire. 4 658 enfants de moins de cinq ans et FEFA sont à risque de malnutrition aigüe globale. 61% de la population (soit 44 623 personnes) n’ont pas accès à l’eau potable et 50% des 174 écoles sont non fonctionnelles, privant près de 8 000 élèves de leur droit à l’éducation. 75% des CSRef et 22% des CSCom sont non fonctionnels. Les principaux défis humanitaires de la région sont : (i) des difficultés d’accès pour l’acheminement de l’assistance vers les bénéficiaires ; (ii) le fonctionnement efficace des services de Police et de Justice ; (iii) la persistance des conflits intra et intercommunautaires dans certaines localités (Source : Profil humanitaire de la région de Ménaka, avril 2019).

La région de Kidal fait face à une persistance des problèmes d’accès aux services sociaux de base (eau, santé, éducation). Cette situation exerce de plus en plus de pression sur les organisations humanitaires pour qu'elles compensent l’absence des services de l’Etat. Malgré une relative accalmie, il convient de noter que seul les groupes signataires contrôlent la région. A cette situation viennent également s’ajouter les risques et menaces de protection liés à la recrudescence des attaques ciblant les positions de la MINUSMA, proche des populations civiles. A ce jour, 30% de la population (soit 27 202 personnes) sont en insécurité alimentaire. 1 559 enfants de moins de cinq ans et FEFA sont à risque de malnutrition. 62 % de la population (soit 56 487 personnes) n'a pas accès à l'eau potable et 53 % des 73 écoles sont fermées privant environ 5 800 enfants de leur droit à l’éducation. 75% des CSRef et 22% des CSCom sont non fonctionnels. Les principaux défis humanitaires de la région sont : (i) les attaques asymétriques entre acteurs armés ; (ii) les difficultés de financement humanitaire ; (iii) la prise en charge des enseignants volontaires ; (iv) la construction/réouverture d’infrastructures de santé, y compris un hôpital régional ; (v) l’accès aux services sociaux de base. (Source : Profil humanitaire de la région de Kidal, avril 2019).