Mali : Suivi de la réponse humanitaire janvier à mars 2019

Ce rapport est produit en collaboration avec les organisations intervenant dans le Plan de Réponse Humanitaire (PRH).

APERÇU

La situation humanitaire au Mali reste très fragile en raison des conflits intercommunautaires, de la criminalité croissante, Intervenant dans le engins explosifs improvisés (EEI) et des attaques perpétrées dans le centre et le nord du pays augmentant l'insécurité. L'accès aux bénéficiaires ayant besoin de protection et d’assistance dans les zones isolées est limité.

Le 1er janvier 2019, 40 civils ont été massacrés par des individus armés à kongon peulh. Le 23 mars 2019, des hommes armés non identifiés ont attaqué le village Fulani d'Ogossagou (cercle de Bankass, région de Mopti) tuant 157 personnes et faisant 76 blessés. L'ampleur de l'attaque a largement dépassé les incidents précédents et a provoqué une spirale de violence. Une série d'attaques visant des villages de Bankass et des cercles adjacents ont suivi, déclenchant de multiples vagues de nouveaux déplacements. Les chiffres officiels des personnes déplacées dans la région de Mopti était de 45 450 à la fin mars, soit 13 860 de plus qu’à la fin du mois de février. Les partenaires humanitaires, coordonnés par OCHA, ont répondu aux besoins immédiats, notamment en matière de santé, de logement, d’alimentation, de nutrition, de biens non alimentaires, d’éducation et de protection.

Le 27 février, le plan de réponse humanitaire 2019 pour le Mali a été lancé sous les auspices du Ministre de la Solidarité et des Affaires Humanitaires, avec la participation des Ministres de la Santé, de la Pêche et de l'Élevage. En présence de plusieurs acteurs humanitaires, de donateurs et de médias, OCHA a mis en exergue les besoins humanitaires et les besoins de financement, après avoir rappelé les réalisations et les défis de l'année précédente.

L’évaluation biannuelle de la sécurité alimentaire (Cadre Harmonisé), a révélé en mars que le nombre de personnes en insécurité alimentaire est passé de 2,7 millions en 2018 à 3,8 millions. Parmi elles, plus de 548 000 personnes nécessiteront une assistance humanitaire pendant la période de soudure de juin et août 2019. En tout, 28 millions de dollars seront nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires d’urgence durant cette période critique. Un manque de financement en temps opportun pourrait aggraver les vulnérabilités des populations. Dans certaines régions comme Mopti, les disputes liés à l'acces et l'exploitation de la terre contribuent souvent à l'apparition de conflits violents. En conséquence, certaines communautés déplacées sont incapables de cultiver leurs champs, et ce depuis au moins un an.

De plus, le manque d’enseignants et de cantines et l’insuffisance des infrastructures continue d’engendrer des difficultés dans le système éducatif au niveau national. A la fin du 1er trimestre 2019, au total 866 écoles étaient toujours fermées, en comparaison avec 827 au début de l’année scolaire (octobre 2018), impactant ainsi le droit à l’éducation de milliers d’enfants.

Du côté sanitaire, un total de 261 cas de rougeole confirmés a été enregistré du 1er janvier au 24 mars. Cependant, aucun cas de décès lié à la maladie n’a été rapporté.

L’insuffisance de financement pour répondre aux besoins globaux des populations vulnérables et affectées par le conflit, a limité la portée du travail des acteurs humanitaires durant le premier trimestre de l’année 2019 avec un cluster financé à 0% - Abris & Biens Non Alimentaires (BNA) et quatre autres à moins de 5% (EHA, Santé, Protection et Éducation).

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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