Mali: Rapport Inter-cluster (janvier – juin 2017)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 13 Sep 2017

Aperçu

La situation sécuritaire reste volatile dans les régions nord et centre du pays. La criminalité et le terrorisme constituent des menaces réelles contre les populations, et les braquages ciblant les humanitaires et les autorités politico-administratives persistent, empêchant souvent l’accès aux populations dans le besoin. En janvier 2017, sept incidents sécuritaires mettant en cause des partenaires humanitaires ont eu lieu. En juin ce sont 13 incidents qui ont été comptabilisé dont huit, seulement dans la région de Kidal. Les chiffres de la première moitié de 2017 (63 incidents) avoisinent donc le nombre total d’incidents survenus au cours de l’année 2016 (68 incidents). En plus de la problématique d’accès, le faible financement de la réponse humanitaire demeure. Au 30 juin 2017, seuls 25% des fonds nécessaires pour couvrir le Plan de Réponse Humanitaire (HRP Mali) étaient financés.

  • Mouvements de populations : Des personnes déplacées internes (PDIs) résidant actuellement dans les régions du sud migrent vers les régions du nord. Alors que certains ont indiqué être rentrés définitivement, d'autres déplacés expliquent faire des mouvements pendulaires entre leurs lieux d’origine et leurs lieux d'accueil.
    Au 30 juin 2017, les partenaires de la Commission Mouvement de Populations (CMP) comptabilisait 60 094 rapatriés, ce qui correspond à une augmentation de 3 500 personnes par rapport aux 56 594 rapatriés rapportés au 31 décembre 2016. De plus, la CMP a comptabilisé 51 961 PDIs et 498 170 personnes retournées (cumul janv. 2013 à juin 2017) contre 36 690 PDIs et 474 231 personnes retournées au 31 décembre 2016. Par ailleurs, 28 643 nouveaux déplacements forcés ont été enregistrés dans les régions du nord et du centre suite à la recrudescence des conflits dans certaines localités. L’UNHCR a également enregistré 143 103 réfugiés maliens dans les pays limitrophes.

  • Éducation : le nombre d’écoles fermées dans les zones affectées par la crise sécuritaire est passé de 296 en fin d’année scolaire 2015/16 à 421 à la rentrée scolaire 2016/17 (Octobre 2016). A la fin de l’année scolaire 2016-2017, le nombre d’écoles fermées atteignait les 500. La raison de cette augmentation s’expliquerait par l'insécurité persistante, (en particulier dans la région de Mopti, ou 13% des écoles restent fermées), l'absence d'enseignants qualifiés ainsi que celle des autorités politiques et administratives.

  • Sécurité alimentaire et nutrition : en référence au Cadre Harmonisé (CH) de mars 2017, l’insécurité alimentaire touchera à la mi-2017 plus de 20% de la population malienne, soit 3,8 millions de personnes en phase 2 et au-delà. Cela représente une nette hausse par rapport à 2016, notamment pour les phases 3 et 4 du CH, avec plus de 600 000 personnes ayant un besoin urgent d’assistance alimentaire et agricole durant la période de soudure 2017. Au cours du premier semestre 2017, la soudure pastorale a été particulièrement difficile pour les populations d’éleveurs et de pasteurs. Le tarissement précoce des points d’eau et l’insuffisance des stocks de fourrage disponibles ont affecté significativement le cheptel malien, en qualité et en quantité. La chute des termes de l’échange bétail/ céréales a fortement affecté les moyens d’existence des populations dépendantes de l’élevage. Concernant la situation nutritionnelle, celle-ci s’améliore dans la plupart de régions mais de façon assez significative. Au 30 juin 2017, environ 46% des enfants de moins de 5 ans ont été pris en charge contre la malnutrition aiguë sévère et seulement 10% contre la malnutrition aiguë modérée. Cette insuffisance est liée au manque de ressources financières pour assurer la disponibilité des intrants nutritionnels.

  • Santé : la situation épidémiologique au cours des six premiers mois de l’année 2017 est caractérisée par une accalmie. Cependant, 66 cas confirmés de Méningite de souches diverses ont été enregistrés dont deux seulement de forme épidémique (Naesseria Menengitidis). 119 cas de décès maternels sont également à déplorer suite à des hémorragies du post- partum, septicémie post suppuration, oedème aigu du poumon (OAP) post césarienne ou encore neuropathie sur grossesse. L’organisation de la campagne de chimio-prophylaxie du paludisme saisonnier (CPS) serait aussi l’un des facteurs déterminant de la baisse de cas confirmés de paludisme passant sur la même période de 482 662 cas en 2016 à 454 281 cas en 2017. D’autres actions comme la communication pour le changement de comportement ou la distribution de la MILD pourraient aussi justifier cette baisse.

  • WASH : Le sous financement du secteur durant le premier semestre de 2017 (3.1M reçus sur 28,5M requis) impact la réponse dans le nord et menace les populations se trouvant dans le besoin en termes d’eau, hygiène et assainissement. Seuls 65% d’entre eux ont accès à une source d’eau potable. La recrudescence de l’insécurité dans la région ralentit aussi les activités des partenaires.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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