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Mali

Mali — Rapport d'étude sur le changement climatique au Mali

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Résumé exécutif

Le Mali, pays sahélien fortement dépendant de l’agriculture et des ressources naturelles, est confronté à une intensification des effets du changement climatique, notamment les sécheresses récurrentes, les inondations, la dégradation des terres et la raréfaction des ressources en eau. Ces phénomènes fragilisent durablement les moyens de subsistance des populations rurales et influencent de manière croissante les dynamiques de mobilité, sous la forme de déplacements internes, de migrations saisonnières et de mobilités transfrontalières. C’est dans ce contexte que l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), en collaboration avec le Centre d’Information et de Gestion des Migrations (CIGEM), a conduit une étude visant à analyser les liens entre migration et changement climatique dans les régions de Kayes et de Sikasso, deux zones à forte vulnérabilité climatique et à forte tradition migratoire. L’étude repose sur une méthodologie mixte combinant une enquête quantitative auprès de 1007 ménages (550 dans la région de Kayes et 457 dans la région de Sikasso) et une enquête qualitative menée à travers des entretiens avec les autorités administratives et coutumières, les services techniques déconcentrés, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les Organisations non gouvernementales (ONG) et les communautés locales. La collecte des données a été réalisée du 29 août au 20 septembre 2025 à l’aide de l’outil Kobo Collect, dans le strict respect des principes de protection des données promus par l’OIM, notamment le consentement éclairé, la minimisation des données et l’exclusion des informations sensibles. Les résultats de l’étude montrent que les aléas climatiques, en particulier la sécheresse, les inondations, la dégradation des sols et la raréfaction de l’eau, constituent des facteurs majeurs de fragilisation des moyens de subsistance et contribuent significativement aux déplacements des ménages et aux mobilités des personnes. Les migrations observées apparaissent comme des stratégies d’adaptation, résultant de la baisse de la productivité agricole, de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité socio-économique persistante. Les femmes et les jeunes sont particulièrement affectés, en raison de leur accès limité aux ressources productives, aux opportunités économiques et aux mécanismes de protection. Sur le plan institutionnel et communautaire, l’étude met en évidence l’existence de cadres locaux de gouvernance environnementale, de conventions locales, d’initiatives de sensibilisation et de pratiques d’adaptation agricole. Toutefois, l’efficacité de ces réponses demeure limitée par des contraintes structurelles, notamment l’insuffisance de financements, la faiblesse de la coordination intersectorielle, le déficit de capacités techniques et humaines, ainsi qu’une application inégale des textes et politiques. Au regard de ces constats, le rapport formule quelques recommandations opérationnelles visant à renforcer la gestion des liens entre migration et changement climatique. Celles-ci portent notamment sur le renforcement des cadres régionaux de coordination migration–climat, la mise en place de dispositifs de suivi et d’alerte précoce sur les déplacements liés aux chocs climatiques, l’appui aux initiatives communautaires de résilience et aux alternatives économiques locales et l’intégration de la migration environnementale dans la planification locale (PDESC) et les politiques nationales (PONAM, CREDD, politiques sectorielles). Ces recommandations constituent une base opérationnelle pour l’élaboration de programmes visant à renforcer la résilience des populations, prévenir les migrations forcées et améliorer la prise de décision publique dans un contexte de changement climatique au Mali.