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Mali : La communauté internationale ferme les yeux sur la crise alimentaire - Oxfam

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BAMAKO, le 4 août (IRIN) - La communauté internationale doit réagir rapidement avant que la crise alimentaire, déjà grave, ne dégénère au Mali, a déclaré mercredi l'organisation humanitaire britannique Oxfam.
Les autorités ont, quant à elles, rejeté les avertissementsde K de l'organisation, qui compare la crise du Mali à celle de son voisin, le Niger. Pour le gouvernement, le Mali traverse tout au plus une période de soudure particulièrement difficile.

Dans un communiqué, Oxfam a appelé les bailleurs à lui verser les fonds dont elle a désespérément besoin pour aider quelque 1,1 millions d'affamés et éviter une intervention d'urgence, à la dernière minute, pour sauver des vies.

« L'occasion est offerte aux bailleurs de contribuer à prévenir une crise alimentaire d'ampleur au Mali. Mais ils doivent agir maintenant », a déclaré Natasha Kofoworola Quist, directrice régionale d'Oxfam - Grande-Bretagne pour l'Afrique de l'Ouest.

Oxfam a comparé la crise alimentaire au Mali à celle qui sévit au Niger voisin, où les images d'enfants faméliques diffusées dans les médias ont finalement réveillé les consciences et attiré davantage de fonds de la part des bailleurs, en réponse à un appel lancé il y a plusieurs mois déjà.

Mais selon une haute représentante des autorités maliennes, s'il est vrai que le Mali ne dispose pas de réserves alimentaires suffisantes, la crise alimentaire n'est toutefois pas comparable à celle qui sévit au Niger, autre pays sahélien.

« La situation n'est pas la même qu'au Niger. Certes, le Mali traverse une année particulièrement difficile après les invasions de criquets de l'année dernière. Mais nous ne sommes pas dans le même cas que le Niger », a déclaré à IRIN Lansry Nana Yaya Haïdara, commissaire à la Sécurité alimentaire.

Néanmoins, elle a sollicité une nouvelle fois la communauté internationale à hauteur de 10 millions de dollars américains, une somme destinée à aider le Mali à reconstituer ses réserves alimentaires.

La région nord du Mali se situe en grande partie - c'est également le cas du Niger - sur la ceinture sahélienne, une zone aride où des populations disséminées luttent pour survivre à la lisière du Sahara, qui s'étend de la Mauritanie (à l'ouest), au Tchad (à l'est).

La vie est toujours dure pour les populations de cette région. L'année dernière, l'Afrique de l'Ouest a subi une invasion de criquets pèlerins d'une ampleur inégalée depuis 15 ans : des essaims de criquets se sont abattus sur l'ensemble du Sahel, détruisant champs et pâturages sur leur passage.

Selon les travailleurs humanitaires, au Mali, les régions les plus touchées sont celles situées au-dessus du 14e parallèle. Il s'agit notamment des régions de Kayes, à l'ouest, Mopti, Tombouctou et Gao, sur les rives du fleuve Niger, et Kidal, dans les collines perdues de l'Adrar des Iforas, refuge de nombreux bandits, dans le nord-est du pays.

Selon Mme Haïdara, ces régions subissent chaque année des pénuries alimentaires. Tous les ans, avant les récoltes de septembre, les paysans doivent traverser une période de soudure, pendant laquelle les réserves alimentaires s'épuisent petit à petit.

Le Mali risque-t-il de sombrer dans la crise alimentaire ? Quand doit-on parler de famine ? Les travailleurs humanitaires présents sur le terrain sont manifestement exaspérés par ces questions. Pour eux, ce qui compte, c'est la souffrance des Maliens.

« J'ai vu des femmes et des enfants affaiblis par la faim. Pour moi, il y a des poches de famine dans les régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal. C'est terrible », a déclaré Mohamed Ould Mahmoud, directeur national d'Oxfam pour le Mali.

En décembre dernier, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) avait sollicité les bailleurs de fonds à hauteur de 7,4 millions de dollars américains. Toutefois, début juillet, seuls 14 pour cent de la somme avaient été mobilisés.

Aujourd'hui, néanmoins, les médias diffusent d'innombrables images brutes de bébés atteints de malnutrition sévère au Niger. Selon les représentants du PAM, celles-ci semblent avoir indirectement suscité l'intérêt des bailleurs pour le Mali.

« Ces derniers jours, nous avons reçu plusieurs dons, ce qui fait que nous disposons à présent de 33 pour cent de l'aide demandée », a déclaré Michel Laguesse, le directeur adjoint du PAM au Mali.

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