Mali

Mali - Inondation : Sikasso se noie

Toutes les habitations qui longent les marigots Kotoroni et Lotio ont été totalement inondées "De 1946 à nos jours, la ville de Sikasso n'a pas connu une telle montée des eaux", témoignait jeudi dernier, un notable du quartier Sanoubougou II de la capitale du Kénédougou, devant la délégation régionale conduite par le gouverneur Bocary Samassékou.

La délégation était venue mesurer les dégâts causés par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Sikasso ce jour aux environs de 2 heures du matin.

Toutes les habitations qui longent les marigots Kotoroni et Lotio ont été totalement inondées par des eaux qui ont gonflé après les nombreuses précipitations de ces derniers jours, particulièrement abondantes en amont de la ville. C'est la sono des mosquées qui a été utilisée pour alerter les populations surprises dans leur sommeil par ces eaux venues de localités situées en hauteur. Le danger a été vite perçu, nous a raconté un habitant qui s'est sauvé avec toute sa famille en abandonnant ses biens.

Il n y a pas eu de pertes en vies humaines, mais nombre de maisons construites en banco se sont affaissées, faisant de nombreux sans logis.

Le gouverneur Bocary Samassékou, entouré de ses proches collaborateurs, de techniciens et du maire de la ville, a visité les différents sites sinistrés. Constat : ce sont des insuffisances dans l'urbanisation qui ont favorisé cette situation. Des grands bâtiments construits sur des titres fonciers attribués dans le lit de la rivière obstruent le passage naturel des eaux, contraignant le trop-plein à se déverser sur des quartiers modestes, lotis depuis la 1ère République.

Il y a un problème d'urbanisation et d'assainissement autour des deux cours d'eau qui traversent la ville de Sikasso, a expliqué Tiessema Coulibaly, le directeur régional de l'urbanisme. La dernière révision du schéma directeur de la ville a pris cette situation en compte et prévoit le déguerpissement des alentours des rivières qui seront réservés au reboisement et au maraîchage comme dans un passé lointain, a-t-il précisé.

Mais ce projet semble d'ores et déjà voué à l'échec, quand on sait, que ces cours d'eau sont bordés de titres fonciers appartenant à des citadins nantis.

En attendant le maire Mama Sylla s'est engagé à convoquer dans les plus brefs délais, un conseil municipal pour statuer sur la situation des sans-logis qui devraient être recasés rapidement dans des zones appropriées. Aucun chiffre n'est encore disponible sur le nombre des victimes à recaser, une commission municipale s'en occupera dans les jours à venir.

Bocary Samassékou a appelé les populations sinistrées au calme et à un surcroît de prudence face au danger présenté par les maisons envahies par les eaux, dont certaines continuaient à s'affaisser sous les yeux de la délégation.

F. DIABATE
AMAP-Sikasso