- RESUME
Le Mali traverse actuellement une crise politique, sécuritaire et humanitaire. Le conflit qui a commencé vers la fin 2011 divise le pays entre le nord; contrôlé par des groupes d’oppositions armés et le sud; dirigé par un gouvernement provisoire établi, après le coup d’Etat du 22 mars 2012. Sur le plan politique, le grand défi reste le retour d’une transition paisible et constitutionnelle du gouvernement et une solution à la question du nord qui demeure une priorité. Sur le plan humanitaire, ces développements n’ont fait qu’accroître la vulnérabilité et qu’augmenter les souffrances des populations rurales déjà gravement touchées par une crise alimentaire et nutritionnelle.
Le conflit, qui affecte 2.24 millions de personnes directement, a causé un déplacement de centaines de milliers de personnes à l’intérieur du pays et vers les pays voisins. Une forte diminution de la provision et de l’accès minimal aux services sociaux de base est enregistrée, surtout au nord où l’administration est à présent presque absente. L’accès à l’assistance humanitaire pour les populations du nord reste encore extrêmement limitée due à l’insécurité et au contrôle du territoire par des groupes armés.
Bien avant cette nouvelle conjoncture politique et sécuritaire, le Mali, à l’instar de plusieurs autres pays du Sahel, était déjà confronté à une grave crise alimentaire et nutritionnelle. En effet, la campagne agricole 2011/2012 a été caractérisée par une insuffisance et une inégale répartition des pluies, occasionnant une forte baisse de la production céréalière et un déficit fourrager important. Une hausse précoce des prix des produits alimentaires s’en est suivie. Par conséquent, selon le gouvernement malien, 3.47 millions de personnes sont à risque ou en insécurité alimentaire sévère et 1.13 million de personnes sont en insécurité modérée, majoritairement les femmes et les enfants. La situation nutritionnelle s’est également détériorée, avec des taux de malnutrition aiguë globale qui ont atteint un niveau critique dans les régions de Tombouctou, Gao, Kayes et Koulikoro.
En outre, le Mali connaît d’autres crises humanitaires récurrentes, comme des inondations pendant la saison des pluies, ainsi que des épidémies de choléra et d’autres maladies vectorielles. La multiplicité et l’interdépendance de ces crises, ont un effet multiplicateur sur les vulnérabilités des personnes et des communautés dont le résultat est difficile à discerner.
En tenant compte de la crise politique, sécuritaire, alimentaire et nutritionnelle, des besoins humanitaires croissants, des contraintes d’accès au nord et la nécessité de renforcer les capacités des acteurs à répondre aux besoins prioritaires, la communauté humanitaire au Mali se fixe d’ici la fin 2012, quatre objectifs stratégiques:
- Réduire la mortalité, la morbidité et la vulnérabilité des personnes et communautés affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle.
- Améliorer les conditions de vie et la protection des personnes et communautés affectées par le conflit.
- Contribuer à renforcer et à préserver les moyens de subsistance et la résilience des personnes et communautés affectées par des crises humanitaires.
- Renforcer et élargir l’espace humanitaire, fournir une assistance impartiale et adéquate en améliorant la préparation des interventions humanitaires et leur coordination.
Pour atteindre ces objectifs, les partenaires humanitaires ont soumis 100 projets pour une valeur totale de $214 millions ciblant 5.06 millions de personnes affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle ainsi que 2.2 millions de personnes directement affectées par le conflit, pour 2012. De ce montant, $76.3 millions ont déjà été reçus, laissant une différence de $138 millions qui restent encore à mobiliser
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