Mali

Mali: Analyse IPC de la malnutrition aiguë juin 2021 – août 2022 (Publié en mars 2022)

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SITUATION NUTRITIONNELLE NATIONALE EN 2021-2022 DE 15 CERCLES, 6 COMMUNES DE BAMAKO Y COMPRIS LES SITES DES POPULATIONS DÉPLACÉES INTERNES

Vue d’ensemble

Quel niveau de sévérité ? Combien ? 51 cercles et les six communes du district de Bamako (la capitale) y compris les sites des populations déplacées internes répartis dans quatre régions (Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao), ont été analysés séparément.
Au total, il est estimé que plus de 1,2 million d’enfants âgés de 6 à 59 mois souffriront de la malnutrition aiguë et auront besoin de traitement au niveau national (septembre 2021 et août 2022) soit une augmentation de 53% comparée à l’année précédente. En ce qui concerne les cas de Malnutrition Aiguë Sévère (MAS) qui s’élèvent à 309 824 sur la même période, soit une augmentation de 48% des cas à prévoir comparée à l’année précédente. Cependant, une estimation de 35 343 femmes enceintes et allaitantes pourraient souffrir de malnutrition aiguë, similaire aux estimations de l’année précédente.

Où et quand ? Entre octobre 2021 et mai 2022, 36 cercles sont en phase « Alerte » (IPC Phase 2) notamment tous les cercles des régions de Koulikoro, Sikasso et Kidal, toutes les communes du district de Bamako, plusieurs cercles des régions de Mopti,
Kayes et Tombouctou. Il y a 16 cercles en phase « Sérieuse » (IPC Phase 3) notamment tous les cercles des régions de Ségou et de Gao ainsi que certains cercles des régions de Kayes,
Tombouctou, Ménaka et Mopti. Plus grave, trois cercles sont en phase « Urgence » (IPC Phase 4) dans les régions de Ménaka et Kayes.

En situation de projetée, la situation d’octobre 2021- mai 2022 pourrait se détériorer à partir du mois de juin 2022 avec plusieurs zones qui pourraient basculer en phase « Sérieuse » (IPC Phase 3) dans les régions de Koulikoro, Mopti, Tombouctou et Kidal. Il y a deux nouveaux cercles basculeraient en phase « Urgence » (IPC Phase 4) dans les régions de Mopti et de Kayes en plus de ceux des régions de Ménaka et de Kayes.

Pourquoi ? Le poids des facteurs contributifs à la malnutrition aiguë varie d’une unité d’analyse à une autre ; cependant nous pouvons retenir que pour les cercles classés en phase « Sérieuse ou plus » (IPC Phase 3 ou +) un apport alimentaire inadéquat et des pratiques d’allaitement non-adaptées notamment chez les plus jeunes (ANJE) jouent un rôle majeur. L’anémie très élevée joue un rôle majeur en lien avec les morbidités (le paludisme notamment et une qualité de la diète médiocre). Les maladies infantiles telles que la diarrhée et les IRA ainsi que le paludisme varient de déterminants mineurs à majeurs selon leur saisonnalité respective. Certaines conditions d’hygiène et environnement sanitaire semblent être des déterminants mineurs (l’accès à une quantité d’eau suffisante, l’accès à des installations d’assainissement améliorées, l’accès à des sources d’eau potable améliorées) mais qui existent tout de même. Une forte probabilité de survenue d’épidémie de rougeole dans la région de Mopti et des couvertures des programmes de prise en charge intégrée de la malnutrition aigüe (PCIMA) faible, notamment dans les régions de Gao, Ménaka et Tombouctou, sont également à prendre en considération.