Mali

Les Personnes Déplacées Internes vaccinées contre la COVID-19 au Mali

Bamako - Le Ministère de la Santé, appuyé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a lancé une campagne de vaccination ciblant les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays (PDI). La campane a eu lieu du 7 au 9 décembre 2021 et a permis de vacciner 242 personnes sur le site de Sénou à Bamako, représentant plus de 25% des habitants et près de 50% des adultes. Dans les mois à venir, la campagne sera étendue aux sites des personnes déplacées de Faladiè Garbale et Mabilé à Bamako, avant d’atteindre les sites des autres régions, notamment Ségou et Mopti.

« Sur le site, nous avons pu constater l’enthousiasme des personnes vaccinées. Elles étaient nombreuses à fièrement afficher leurs carnets de vaccination », observe Dr Mama Sy, Médecin cheffe de la commune 6 du district de Bamako dont relève le site de Sénou.

Les vaccins administrés au cours de la campagne ont été acquis à travers le mécanisme COVAX, qui a livré environ 2 555 200 doses de vaccins au pays. Ce mécanisme permet d’accélérer la production et de fournir un accès équitable aux tests, aux traitements et aux vaccins contre la COVID-19. Au Mali, plusieurs populations clés en ont bénéficié, telles que le personnel de santé dont 97 555 est à présent vacciné.

« Les doses obtenues avec le programme COVAX ont été d’une grande utilité et ont une fois de plus montré l’importance de l’entraide pour que toutes les populations du monde soient en sécurité face à la COVID-19 », a déclaré Dr Sy.

Ces dernières années, le Mali fait face à une crise sécuritaire sans précédent causée par des violences armées et interethniques. Cela a occasionné un déplacement massif des populations des régions affectées par les conflits vers des endroits plus sécurisés. Présentement, environ 1 013 personnes sont déplacées dans le site de Sénou.

« L’OMS œuvre pour que les personnes déplacées bénéficient d’un accès équitable aux services de santé. Ce sont des personnes qui ont déjà dû quitter leurs domiciles et leurs repères. Il est de notre devoir de nous assurer qu’elles reçoivent les meilleurs traitements et qu’elles ne soient pas laissées pour compte », estime le Représentant de l’OMS au Mali, Dr Jean-pierre Baptiste.

Il s’est réjoui du succès enregistré après un fort plaidoyer de l’Organisation : « Cette campagne permet de s’assurer que les populations vulnérables sont protégées contre la pandémie. Nous nous en félicitons et réaffirmons notre engagement à accompagner le pays pour que toute la population soit prise en compte dans les stratégies et activités de riposte à cette crise sanitaire. »

L’un des défis auxquels sont confrontées les PDI sur les sites d’accueil est l’accès insuffisant aux services d’hygiène et d’assainissement. Elles sont aussi plus exposées aux maladies et manquent de services de santé de base. La pandémie de COVID-19, qui en est à sa troisième vague au Mali, a exacerbé ces conditions et rendu les personnes déplacées encore plus vulnérables face à l’infection et à une large propagation de la maladie. Au niveau national, seuls 9,9% de la population a été vaccinée contre la COVID-19 à ce jour, situant le pays loin de l'objectif de 40 % de vaccination recommandé d’ici la fin de l'année.

Les agents vaccinateurs déployés l’ont été grâce à l’appui de l’OMS, qui a également fourni plusieurs centaines de masques sur le site. Des affiches de sensibilisation ont été distribuées, résumant les principaux gestes à barrières à observer face à la COVID-19. Les agents ont expliqué aux populations que ces gestes sont indispensables pour empêcher une large propagation sur le site : il s’agit de se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, de porter correctement son masque, de garder une distance de sécurité, de rester dans des endroits aérés, de tousser ou d’éternuer dans le pli du coude, et de se faire vacciner contre le virus.

« Pour venir à bout de la pandémie, ces mesures de santé publique restent fortement recommandées pour tous, sans exception », insiste Dr Sy. Selon elle, le moyen le plus sûr d’en finir avec la COVID-19 est l’inclusion : « Si les groupes vulnérables ne sont pas protégés contre l’infection au même titre que les autres, nous ne verrons pas la lumière au bout du tunnel de sitôt. A travers une vaccination massive de la population à tous les niveaux, nous espérons bientôt tourner cette page. »

Les taux de vaccination demeurent tristement faibles en Afrique, le continent ayant vacciné moins de 10% de la population. L'OMS lance un appel pour rester en alerte et intensifier les campagnes, à mesure que les vaccins deviennent plus disponibles.