Le personnel de la défense et de la sécurité discute des moyens innovants pour faire face à la violence intercommunautaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel

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from UN Office for West Africa and the Sahel
Published on 29 Oct 2019 View Original

Depuis plusieurs années, les menaces à la sécurité se multiplient en Afrique de l'Ouest et au Sahel, au point de compromettre la paix et la stabilité des États. L'évolution des menaces et de l'insécurité en Afrique de l'Ouest et au Sahel s’est encore aggravée par l'augmentation des conflits intercommunautaires qui sont devenus particulièrement meurtriers dans la zone sahélienne (Mali, Burkina Faso et Niger) et au Nigeria. Face à cette multiplicité de défis sécuritaires, les acteurs nationaux, régionaux et internationaux ont mis en œuvre divers mécanismes de prévention et de réponses visant à juguler ces menaces. Les interventions des forces de sécurité et de défense sont les plus utilisés dans la région pour prévenir et gérer les problèmes de sécurité. Cependant, l’approche sécuritaire seule ne suffira pas si elle n’est pas combinée à d’autres initiatives sociales et économiques efficaces.

Dans ce contexte et conformément à son mandat, le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS) a organisé le 24 octobre, à Dakar, une conférence sur le rôle des forces de défense et de sécurité dans la prévention et la gestion de la violence intercommunautaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel.

« Pour lutter contre la violence intercommunautaire, il faut prendre en compte un éventail complet de questions socio-économiques, politiques, environnementales et celles liées aux changements climatiques, à l’éducation, au développement des infrastructures, l'inclusion sociale et au respect des groupes minoritaires, ainsi qu’aux droits de l'homme et à la légalité, » a déclaré, dans son discours d’ouverture, M. Mohamed Ibn Chambas, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel.

Les participants ont discuté des origines de la croissance des conflits intercommunautaires qui affectent particulièrement la région du Sahel, y compris l'absence de l'État, la prolifération des armes, l'érosion des mécanismes traditionnels de résolution des conflits et d'autres facteurs tels que la pauvreté et le changement climatique.

Ils ont également parlé de la nécessité d'approfondir la compréhension de la façon dont les différents groupes exploitent les conflits locaux afin de permettre le passage d'une approche purement militaire à une réponse plus ciblée qui met l'accent sur l'inclusion sociale en passant par la formation multidisciplinaire du personnel de la défense. « La violence intercommunautaire est désormais influencée par des facteurs qui dépassent la capacité de l'architecture traditionnelle ou locale et parfois nationale de la sécurité et de la paix, à prévenir ou à gérer celle-ci. Cela exige donc une participation innovante, efficace et efficiente des parties prenantes pour faire face à la violence communautaire, » a ajouté M. Ibn Chambas.

Parmi les participants, on pouvait compter le personnel de défense et de sécurité des ambassades de la région et de la communauté internationale, des ONG, des groupes de réflexion, ainsi que du personnel militaire de haut niveau, y compris l'ancien chef de la mission des Nations Unies en Centrafrique, l'ambassadeur du Ghana au Mali, le Commandant des forces Françaises au Sénégal, le Conseiller principal de police du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique Centrale (UNOCA).