Le début d’une nouvelle ère

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from World Food Programme
Published on 31 Oct 2019 View Original

Comment Djeguelia, autrefois au cœur d’attaques armées dans le nord du Mali, renait de ses cendres

WFP West Africa Situé à quelques encablures de la ville mythique de Tombouctou, Djeguelia est un exemple de résilience et de persévérance. Les populations affectées par des attaques armées à répétition avaient commencé à perdre l’espoir de prospérer sur leurs terres d’origine. Beaucoup d’hommes du village, pour nourrir leurs familles, étaient obligés de quitter le Mali pour trouver du travail dans les pays voisins.

Les hommes de Djeguelia assis à la place publique du village. WFP/Simon Pierre Diouf En effet, entre 2012 et 2015, Tombouctou a été secoué par de violentes attaques lors de son occupation par des groupes armés. La ville aux 333 saints comme on la surnomme, ainsi que toute sa région, a payé un lourd tribu durant ces années. Le tissu local a gravement été affecté et les populations ont, pour la plupart, dû fuir pour sauver leurs vies. Beaucoup sont partis loin de leurs terroirs et bien que, selon le Haut Commissariat des Refugiés (UNHCR), 69 000 maliens sont revenus d’exil depuis la crise de 2012, il reste encore du chemin à faire pour rassurer les populations et ainsi renforcer la région.

En plus du contexte sécuritaire qui a encouragé cet exode vers des terres étrangères, les faibles pluies constatées ces dernières années empêchaient les bonnes récoltes. Les champs étaient presque à l’abandon et les riziculteurs n’avaient plus la capacité de les exploiter comme ils le souhaitaient.

Boubacar Maiga, 40 ans et père de 3 enfants se remémore cette époque : « Nous vivions une situation très difficile. Nos enfants pleuraient parce qu’il n’y avait plus assez de nourriture. Nous n’avions pas d’argent pour subvenir à leurs besoins ».

Boubacar Maiga, habitant du village de Djeguelia. WFP/Simon Pierre Diouf C’est dans ce contexte très difficile que le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis en place une motopompe dont l’objectif est d’irriguer les champs à partir du fleuve Niger qui traverse le village.

Boubacar Maiga fier de nous montrer la motopompe du village. WFP/Simon Pierre Diouf Grâce à cette motopompe, les populations ne dépendent plus des précipitations irrégulières, mais elles bénéficient dorénavant d’une irrigation qui leur permet de cultiver leurs champs de riz. Actuellement, 200 ménages du village exploitent ce périmètre rizicole de près de 40 hectares.

« L’installation de cette motopompe a sauvé le village. Avant, nos récoltes étaient mauvaises tous les ans et cela nous attristait beaucoup. Les choses se sont beaucoup améliorées et la joie est revenue dans le village », nous confie Boubacar

Boubacar Maiga au milieu de son champ. WFP/Simon Pierre Diouf Il y a quelques années de cela, Boubacar a été obligé de partir au Sénégal à cause des conditions de vies qui se dégradaient dans le village.

« Nous, n’avions pas le choix », se confie-t-il, « au Sénégal, j’ai fait plusieurs métiers qui n’avaient rien à voir avec mon vrai métier, qui est de cultiver du riz, mais je devais soutenir ma famille ! » déclare Boubacar

Boubacar Maiga. WFP/Simon Pierre Diouf Aujourd’hui, tout ceci est un lointain souvenir pour l’ensemble du village. En parcourant du regard les visages, nous pouvons y lire un grand soulagement et de l’optimisme pour les années à venir.

« Regardez comme je suis heureux au milieu de mon champ ! Je suis à présent rassuré pour mon avenir ainsi que pour celui de mes enfants » affirme Boubacar.