La MINUSMA soutient la formation des membres de la Commission Vérité Justice et Réconciliation

Du 27 au 29 novembre 2018, la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) a tenu, à Bamako, un atelier de renforcement des capacités des membres de ses antennes régionales de Ségou, Mopti, Tombouctou, Ménaka, Gao et Kidal. Organisée en collaboration avec la GIZ (Coopération allemande), la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA, Avocats Sans Frontière-Canada, UNICEF et ONU-FEMME.

Cette session de renforcement des capacités s’inscrivait dans le cadre d’un projet de formation continue des preneurs de dépositions de la CVJR. Ces derniers, à l’exception de ceux de Kidal qui n’ont pas encore pris leurs fonctions, ont déjà contribué, depuis près de deux ans, à l’enregistrement de plus de 10 100 témoignages de victimes de violations graves des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire.

Alors que le mandat de la CVJR a été prolongé pour encore une année, la formation visait donc à faire le point des principales réalisations des antennes régionales, mais également de revenir sur les défis posés aux preneurs de dépositions. Il s’agit particulièrement de la qualification des violations graves des droits de l’homme prévues par le mandat de la CVJR.

Durant 3 jours, 45 preneurs de dépositions, dont 11 femmes, ont été formés et sensibilisés à l’importance de leur rôle dans ce processus, et introduits aux aspects techniques de la base de données où sont enregistrés les fiches de dépositions. Au cours de diverses sessions, ils ont eu l’occasion d’entendre des experts leur présenter les spécificités juridiques des violations que prévoit leur mandat. Les preneurs de dépositions ont ainsi appris à qualifier les violations des droits de l’homme qui relèvent de la compétence de la Commission.

Une commission au large rayon d’action

La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), créé le 15 janvier 2014, a pour mandat d’enquêter sur les violations graves des droits de l’homme commises depuis 1960, de rechercher la vérité, d’en établir les responsabilités institutionnelles et de proposer des mesures de réparation matérielles et symboliques pour les victimes. Ces violations incluent les exécutions et détention arbitraires, les enlèvements, les viols et les violences sexuelles, les pillages, les déplacements forcés, les disparitions forcées, ou encore les actes de torture, lorsqu’ils sont commis par l’armée nationale ou les groupes armés organisés, de manière intentionnelle et systématique, de 1960 à nos jours. Une bonne compréhension, par les preneurs de dépositions, de ces différentes violations, est une clé de la réussite des enquêtes de la CVJR, ainsi que de la définition de sa future politique de réparations.