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Insécurité politique en Afrique de l'Ouest : Un appel à la stabilité démocratique et à des élections pacifiques - Analyse et appel à une action immédiate

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Menaces émergentes et implications pour la paix et la stabilité régionales

Le Mali est déjà confronté à une augmentation des attaques terroristes et d’extrémistes violents, à la violence ethnoreligieuse, aux affrontements inter et intracommunautaires ainsi qu'aux insurrections séparatistes Touaregs, en particulier dans les provinces du Nord.
L'insécurité croissante dans le Sahel ne cesse d'avoir des répercussions négatives sur la stabilité du pays. Elle s'ajoute aux difficultés économiques de la population et est exacerbée par la pandémie de la COVID-19. Le soulèvement et les manifestations déclenchés par les élections parlementaires contestées de mars 2020, l'enlèvement de Soumaila Cissé, un chef de partis d'opposition et l'insécurité ont renforcé la perte de confiance de la population et la demande de démission du président Ibrahim Boubacar Keita. Malgré les tentatives diplomatiques et de médiation de la CEDEAO, le rejet d'un gouvernement d'union nationale inclusif a engendré l'impasse politique qui a donné lieu au renversement du gouvernement par les forces armées maliennes.

En Côte d'Ivoire, la montée des désaccords politiques et de la violence suite à l'annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle d'octobre 2020 accentue la polarisation et pourrait entraîner une rechute d'instabilité en Côte d'Ivoire. Suite au décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le candidat désigné de la coalition RHDP au pouvoir, le parti a fait pression sur le Président Ouattara pour qu'il se présente aux prochaines élections. Cette décision a donné suite aux plaintes des partis et groupes d'opposition provoquant de violentes manifestations à Gagnoa et Daoukro qui ont coûté la vie à cinq personnes, dont quatre membres du personnel de sécurité.
L'exil continu de GuilIaume Kigbafori Soro et le mandat d'arrêt émis par le gouvernement constituent une autre source de préoccupation. Soro et l'ancien président Laurent Koudou Gbagbo ont tous deux été disqualifiés par la Commission électorale, une action considérée par les parties prenantes comme étant politiquement motivée. Les soutiens de Soro dans l'armée et sa capacité à mobiliser des forces à l'intérieur et à l'extérieur du pays pourraient constituer un autre facteur de risque pour la stabilité du pays. Les désaccords sur les processus électoraux entre les principaux acteurs politiques et la pandémie de la COVID-19 peuvent également affecter la participation politique et le risque de violence ethnique à l'approche des élections.
La série de violentes manifestations dont la Guinée a été le théâtre au cours du premier semestre de l'année 2020 est la preuve des désaccords et des tensions politiques qui perdurent dans le pays. La décision du parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple de Guinée, de soutenir la candidature du président Alpha Condé à un troisième mandat lors de l'élection présidentielle du 18 octobre 2020, à la suite de l'amendement de la Constitution de 2010 et d'un référendum national organisé le 22 mars 2020, a été critiquée par les partis d'opposition et les organisations de la société civile. Cela risque d'entraîner une escalade de la violence à caractère ethnique entre les principaux groupes indigènes que sont les Malinkés, les Peulhs ou les Fulanis.

Au Ghana, le principal parti d'opposition, le Congrès National Démocratique (NDC) et certains groupes de la société civile nourrissent une certaine méfiance et un manque de confiance quant à la capacité de la Commission Électorale (CE) à organiser des élections transparentes et équitables pour la présidentielle et les législatives de décembre 2020. Le récent exercice d'établissement des listes électorales en est la preuve. Malgré l'arrêt de la Cour suprême en faveur de la CE pour la conduite de l'exercice, les partis et groupes d'opposition ont accusé la commission de manquer d'impartialité tandis que des rapports faisaient état de violences entre partis dans certains centres d'inscription. La communication hostile et les menaces constituent des risques potentiels d'escalade de la violence lors des élections de décembre.