Situation dans les zones frontalières du Mali
La situation sécuritaire dans le Sud-Ouest du Mali (Régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso) s’est fortement dégradée durant la période à la suite d’une offensive du principal groupe armé non étatique (GANE) dans la zone. Ceci s’ajoute à une situation sécuritaire toujours précaire dans le nord et le centre du pays. En octobre, le nombre d’incidents violents au Mali était ainsi le plus élevé jamais enregistré. L’offensive s’est accompagnée de blocus déclarés sur le carburant et une importante compagnie de transport affectant les routes vitales reliant Bamako et d’autres centres urbains au Mali avec le reste de la région, avec des conséquences majeures sur l’approvisionnement et les prix de biens essentiels.
Cette dégradation sécuritaire signifie un rapprochement des GANE des zones frontalières poreuses avec la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée, et des ressources minières stratégiques qui chevauchent ces frontières. Celles-ci pourraient devenir une ressource majeure pour les GANE et potentiellement permettre leur infiltration progressive dans ces voisins. Mais malgré un risque accru, des débordements sécuritaires majeures n’étaient pas observés ni attendus dans le court terme dans les pays voisins en raison de renforcements sécuritaires aux frontières, d’une bonne cohésion sociale et des activités de réduction des vulnérabilités en cours.
Les déplacements forcés du Mali vers la Mauritanie ont suivi une forte tendance à la hausse durant la période en raison de la dégradation sécuritaire, avec une hausse continue attendue (318 000 réfugiés estimés projetés pour fin 2025). La situation mène également des réfugiés Mauritaniens de long terme au Mali à retourner en Mauritanie (principalement dans la région de Guidimakha). Les réfugiés ont continué de se concentrer dans la région du Hodh Ech Chargui menant à une très forte pression démographique dans une zone aux vulnérabilités importantes, mais des réfugiés arrivent également de plus en plus dans les autres régions du Sud de la Mauritanie**. Les services de base (santé, éducation, eau, etc.) étaient surchargés et les besoins en augmentation dépassaient les capacités de réponse.** Les besoins prioritaires identifiés incluaient l’accès à l’eau, à la nourriture, et à la santé. Des déplacements forcés de faible échelle de Maliens vers le Sénégal ont été relevés de manière anecdotique, et aucun déplacement vers la Guinée n’a été relevé.
L’interdiction par le Mali de la transhumance depuis la Mauritanie vers le Mali en août pour des raisons sécuritaires ainsi que l’arrivée continue de réfugiés Maliens éleveurs avec leur bétail a mené à une forte concentration du bétail dans le Sud de la Mauritanie et une réduction de l’accès aux ressources pastorales. Le risque accru de conflit autour des ressources limitées ne s’est pas traduit par des incidents notables durant la période.
Les importants déplacements forcés de réfugiés et de bétail couplés à un accès limité à l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans la zone représentait un risque sanitaire important, traduit notamment par la propagation d’une épidémie majeure de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) en Mauritanie (également au Sénégal) ayant mené à plusieurs dizaines de décès de personnes et plusieurs centaines de décès d’animaux entre septembre et octobre, représentant par ailleurs un risque important pour les moyens de subsistance pastoraux.
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