Mali

Evaluation rapide des Dommages, des Pertes et des Besoins post-inondation à Bamako (Rapid PDNA) Bamako, Juillet 2019

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Introduction

Le district de Bamako a reçu de très fortes pluies estimées à 138 mm dans la nuit du 15 au 16 mai 2019 ayant entraîné des inondations dans 4 communes et plusieurs quartiers de la capitale. Elles ont causé la mort de 16 personnes (à Niamakoro, Kalabancoro, Missabougou et Faladié) et affecté 368 ménages, soit environ 2 500 personnes touchées. 124 maisons ont été détruites, emportant avec elles des biens matériels et immatériels et 57 têtes de bétail et de volaille. Plusieurs routes, ponts, écoles, centres de santé et autres infrastructures communautaires ont également été atteints à des degrés divers et portent encore les stigmates de leurs blessures. En plus des quartiers ayant enregistré des cas de décès, d’autres ont été submergés par les eaux d’inondation. Il s’agit, entre autres, de Banconi, Daoudabougou, Baco-Djicoroni, Tiébani, Kabala, Yirimadio, Niamakoro, Missabougou, Kalabancoura et Sotuba, etc.

La survenance de cet évènement en plein mois de Ramadan, mois de jeûne pour la forte communauté musulmane de Bamako, accroit à la pénitence de la diète la souffrance du désastre et le désarroi de nombreuses familles sinistrées. Devant cette situation préoccupante, le Gouvernement a envoyé, dès les premières heures suivant l’évènement, des équipes de recherche et de sauvetage sur le terrain et mobilisé les premiers secours d’urgence composés de vivres, moustiquaires imprégnées, nattes, jerricanes pour le transport et la conservation d’eau, produits de traitement d’eau et des pulvérisateurs. Les organisations humanitaires présentes sur le terrain ont également appuyé les efforts du Gouvernement en distribuant des dons en nature et en espèce aux ménages sinistrés.

Mais la dure équation au début de l’hivernage au moment où l’année scolaire n’est pas encore terminée est la difficulté de trouver des abris pour les 557 personnes sinistrées ayant des maisons totalement ou partiellement endommagées. Il n’est pas en effet possible de les reloger dans des écoles où les cours continuent. Les besoins en secours vitaux (abris et biens non alimentaires, eau/hygiène/assainissement, santé, sécurité alimentaire) sont évalués par les services de l’Etat, les agences du système des Nations Unies et les organisations humanitaires.

Par lettre n0 1645/MSPC-SG-OC-SMD du 7 juin 2019, le Ministre de la Sécurité et de la Protection civile du Mali a sollicité la Banque mondiale à appuyer le Gouvernement à faire l’évaluation rapide des dommages, des pertes et des besoins post-catastrophes et formuler un cadre de relèvement. Après coordination avec les partenaires de la Déclaration tripartite sur les PDNA (l’Union européenne et le PNUD), la Banque mondiale a marqué son accord pour le financement de l’évaluation à travers les fonds ACP-UE gérés par GFDRR. Elle a dépêché une mission d’experts sur place pour effectuer, en étroite collaboration avec une équipe nationale constituée des représentants des secteurs affectés, l’évaluation rapide des inondations à Bamako du 1er au 13 juillet 2019. Le Cadre de relèvement sera formulé à une prochaine étape quand le rapport d’évaluation rapide sera validé par le Gouvernement.

L’évaluation rapide a nécessité la mobilisation de 31 experts gouvernementaux et locaux désignés par les différents Ministères, le Gouvernorat du District et les Mairies affectées, la Croix rouge malienne et

l’Université des Sciences, Techniques et Technologies de Bamako, appuyés par deux experts internationaux et trois consultants locaux. Cette équipe est repartie en 6 groupes thématiques couvrant les secteurs suivants :

  • Le secteur social avec le Logement, l’Education et la Santé,

  • Le secteur des infrastructures avec le Transport, l’Eau et l’Assainissement,

  • Les domaines transversaux avec l’Environnement, la Réduction des Risques de Catastrophes, l’Emploi et les moyens de subsistance, le Genre et la Sensibilité aux conflits.

L’évaluation rapide a été conduite dans la période du 1er au 12 juillet 2019, avec la conduite parallèle d’une enquête auprès des ménages pour mieux capter la dimension humaine et sociale de la catastrophe. Elle a démarré par un atelier de formation des experts nationaux et locaux à la méthodologie d’évaluation des besoins post-catastrophes (PDNA). Elle s’est terminée par un atelier de restitution des résultats et recommandations de l’évaluation aux experts et autorités locales le 12 juillet 2019 à l’hôtel Salam de Bamako, puis une audience de récapitulation aux autorités gouvernementales (Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, en présence du Ministre des Infrastructures et de l’Equipement) le même jour dans l’après-midi. L’atelier final a réuni 55 participants, dont 19 femmes, issus des ministères centraux, des collectivités décentralisées, des institutions publiques, de partenaires techniques et financiers, d’organisations non gouvernementales et de la presse.

Le présent rapport décrit dans sa première partie le contexte national et local ainsi que la méthodologie d’évaluation. La deuxième partie est consacrée aux résultats des évaluations sectorielles des dommages et des pertes, à l’identification des besoins et la formulation d’une stratégie de relèvement dans les secteurs et communes évalués.