Définition des paniers de dépenses minimum (MEB) en Afrique de l’Ouest - Expériences du Cameroun, Mali, Niger, Tchad et Nigeria. Quelles leçons tirer pour d’autres pays ?

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from Cash Learning Partnership
Published on 27 May 2018 View Original

INTRODUCTION

L’expérience des acteurs de transferts monétaires en Afrique de l’Ouest s’est traditionnellement concentrée sur la réponse aux crises alimentaires chroniques dans la bande Sahélienne. Depuis 2015, l’intensification de la crise dans le Bassin du Lac Tchad a vu se développer un intérêt pour les transferts monétaires à travers les secteurs, une dynamique portée par les sièges des organisations, tirant les leçons de la réponse à la crise au Moyen Orient et l’expérimentation des transferts monétaires à usage multiple1 (TMUM ou Multipurpose Cash Grants, MPG). Alors que les Global Clusters se penchent de plus en plus sur le potentiel que représentent les transferts monétaires pour l’atteinte des objectifs sectoriels, les acteurs humanitaires au niveau des pays d’Afrique de l’Ouest suivent la tendance en réfléchissant à l’applicabilité du concept de MPG dans leur zone d’intervention.

Ainsi, en 2017, 5 pays de la région ont travaillé à la définition d’un panier de dépenses minimum2 (Minimum Expenditure Basket, MEB), visant à déterminer le coût moyen des besoins de base des populations cibles, étape préalable à la conception d’un MPG. Les acteurs du Cameroun, Mali, Tchad, Niger et Nigeria ont ainsi engagé un développement nouveau dans l’approche des transferts monétaires en Afrique de l’Ouest, marquant également une évolution significative dans la façon de concevoir l’aide et la coordination humanitaire. En effet, l’utilisation du MEB va au-delà de la conception de TMUM. En monétisant les besoins de base, à travers les secteurs, qui peuvent être couverts localement, il permet de mieux saisir la portée des interventions humanitaires (et des filets sociaux, là où ils sont mis en œuvre). Le MEB n’est pas systématiquement le montant des transferts monétaires à venir. Il permet d’évaluer dans quelle mesure ces transferts monétaires couvrent les besoins de base des bénéficiaires, de mesurer les gaps, et est en cela plus qu’un outil de coordination, mais aussi un outil de plaidoyer et d’aide au financement, y compris pour les acteurs étatiques.

Cette étude de cas n’est pas un « mode d’emploi » ou un guide de « bonnes pratiques » pour la définition du MEB, qui demeure un concept très récent et un processus nécessairement ancré dans le contexte. Pour autant, l’expérience Ouest Africaine, parce qu’elle couvre différents pays, partageant pour certains la réponse à une même crise et des contextes proches, offre une opportunité unique de documenter et comparer des processus de définition du MEB. L’étude de cas vise donc à identifier des facteurs de réussite, des éléments de processus communs ayant permis l’aboutissement de ce travail collectif, et informant de futurs travaux semblables, dans la région et au-delà.