Mali

Communique des ONG présentes à Menaka

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Bamako, le 29 octobre 2018 - Nous, coordination des ONG Internationales opérant à Ménaka, constatons avec regret la persistance de l’insécurité dans la ville de Ménaka, qui affecte autant les populations que les agents des ONG. Depuis le début de l’année 2018, pas moins de 28 incidents ont affecté le personnel d’ONG pour la région de Ménaka, ce qui en fait actuellement l’une des régions les plus dangereuses du Mali pour les ONG.

Le constat est donc malheureusement sans appel, la population de la ville de Ménaka et le personnel des ONG qui y travaillent sont ciblés par des bandits armés commettant des braquages violents, la nuit et ce malgré la reprise des patrouilles. On ne compte plus les boutiques des commerçants de Ménaka pillées, ni les habitations des particuliers visitées, ou les agents d’ONG brutalisés.

Malgré les nombreuses concertations avec les leaders locaux, des alertes répétées auprès de bien des décideurs, un plaidoyer constant auprès des entités locales et internationales, des communiqués de presse, nous avons la sensation que notre voix peine à trouver un écho favorable. En effet les patrouilles sensées arrêter les violences et dissuader les voleurs d’opérer n’ont pas l’impact attendu et ne permettent pas d’avoir une large couverture pour lutter contre l’insécurité. Le processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR) semble tarder à se matérialiser, ce qui ne permet pas une diminution des armes circulant en masse, et explique la présence de combattants issus de nombreuses mouvances dans la ville de Ménaka.

Enfin, le tribunal de Ménaka n’est toujours pas fonctionnel, exacerbant le sentiment d’impunité des malfrats qui est tel qu’ils se permettent de transporter des échelles dans la ville pour mieux pénétrer dans l’enceinte de leurs futures victimes, n’hésitant pas à rester beaucoup de temps sur les lieux des braquages, avant de repartir sans être jamais inquiétés. La peur et le stress s’emparent de plus en plus de la population et de nos collèguestravailleurs des ONG sur Ménaka qui ne peuvent dormir la nuit sans appréhender le moment où des malfrats viendront les dévaliser.

Il apparait donc urgent de ramener la sécurité dans la ville de Ménaka pour ses habitants comme ses travailleurs des ONG, et ce avant que l’irrémédiable ne soit commis, que la ou les prochaines victimes ne soient gravement blessées ou tuées et finalement que l’absence de réponse appropriée devienne une menace sérieuse à la présence des ONG dans la ville de Ménaka.

Nous ONG de Ménaka, en appelons donc à tousles leaders et décideurs, pour qu’une solution soit rapidement trouvée avec des engagements fermes, suivis d’actions qui favorisent un environnement de travail plus apaisé et moins risqué pour tous.