Mali

Combattre les blessures invisibles après la guerre

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Durant le conflit de 2012/2013, la menace de mort était très forte dans différentes régions du Mali. Les tueries ont été importantes à Gao, Tombouctou et Kidal. De nombreux habitants ont fui leur maison en laissant tout derrière eux. Handicap International apporte une réponse spécifique aux victimes et témoins d'exactions pour les aider à se reconstruire et faire face à l'avenir. Laetitia, 31 ans, est la conseillère technique du projet. Psychologue clinicienne de la santé, spécialisée en psychologie interculturelle et dans les traumatismes d'ordre psychique liés aux contextes de guerre, elle témoigne : « Je suis surprise de voir la généralisation des traumatismes psychiques au sein de la population. Les situations vécues dans le Nord du Mali ont été d'une violence extrême : privation de liberté, violences physiques et sexuelles quotidiennes, meurtres arbitraires... ».

Ce type de violences peut générer une souffrance permanente. Un entretien individuel permet de comprendre l'impact du traumatisme psychique sur le quotidien de la personne affectée et de démarrer sa prise en charge. Elle suit ensuite des activités thérapeutiques : groupes de parole et de « guidance » pour les adultes et activités récréatives pour les enfants. Handicap international fournit également un appui aux proches et à la communauté. « Lorsqu'une personne a vécu ou a été témoin d'événements violents causés par l'homme, ce sont les fondements même de l'humanité qui vacillent pour elle. La vision et le sentiment de prévisibilité du monde, des autres et de soi-même est impactée. Notre objectif est d'accompagner 1 500 personnes. Elles ont besoin d'exprimer et de confronter leur vécu avec d'autres, de recréer du lien social et ainsi de sortir peu à peu de la sidération engendrée par le traumatisme psychique », explique Laetitia.