Mali

Combats dans le nord, la nouvelle ‘guerre’ des Touaregs

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Les combats qui ont eu lieu entre rebelles touaregs et armée malienne ces derniers jours auraient fait 47 morts , 45 rebelles et deux soldats, dans les localités septentrionales de Ménaka, Aguelhoc et Tessalit. Dans seule la ville d’Aguelhoc 35 assaillants auraient été tués, selon le ministère de la Défense. Ce sont les rebelles du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui ont mené l’assaut dans ces tris villes, dans ce qu’ils appellent une campagne militaire contre les forces gouvernementales.

Un responsable du MNLA, contacté par téléphone à la MISNA, rejette catégoriquement la version officielle. « Il n’y a pas de pertes parmi nos hommes, alors que de nombreux militaires de Bamakosont morts. Nous avons le contrôle de Menaka et d’Adelhok », déclare Moussa Ag Acharatoumane, donnant une version différente de la version officielle, selon laquelle ces villes seraient repassées sous contrôle gouvernemental. « À Tessalit nous avons détecté la présence de quelques militaires algériens dans la caserne que nous allions attaquer et avons exigé qu’ils soient éloignés. La situation n’y est pas encore réglée », ajoute le porte-parole rebelle.

Le MNLA est une rébellion de formation récente, née il y a deux ans seulement, dont le secrétaire général est Bidal Ag Cherif et le colonel est Mohamed Ag Najim. Il est soutenu par de nombreux Touaregs retournés dans leur patrie suite au conflit libyen et à la chute de Mouammar Khadafi.

« Alors qu’une tentative de dialogue était en cours avec le gouvernement, Bamako a envoyé sur nos terres un imposant dispositif militaire, avec chars de combat et hélicoptères, sous prétexte de lutter contre l’insécurité dans la région. Il s’agit là d’occupation, que nous refusons. C’est pour cette raison que nous avons décidé de passer à la lutte armée pour obtenir notre autonomie », explique encore à la MISNA Moussa Ag (‘fils de’) Acharatoumane.

Le représentant précise que le mouvement ne se considère pas impliqué dans les élections imminentes, les présidentielles en avril prochain, « car ce qui concerne Bamako, ne concerne pas notre territoire », dit-il.

Selon le représentant de la rébellion, le territoire de l’Azawad s’étend de Tommbouctou à Gao et à Kidal, les principales villes du Nord-Est du pays. Pour la plupart désertique, c’est une région qui recèle de nombreuses ressources naturelles, notamment le gaz, l’uranium et le pétrole, mais aussi les routes pour les trafics illégaux.

Le porte-parole du MNLA assure que le mouvement a reçu le soutien de beaucoup de notables et citoyens de la région, mais sur certains forums de discussion et sites d’information sur le Nord du Mali figurent lit beaucoup de commentaires négatifs sur la reprise des hostilités dans la région à majorité touarègue.