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Au Mali et au Niger, les civils pris au piège du conflit

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Populations ciblées et nouveaux déplacements

Au Niger, les attaques survenues le 2 janvier dans les villages de Tchouma Bangou et Zaroumdareye, dans la région de Tillabéri, ont fait 105 victimes civiles et 26 blessés selon les autorités.

« Nous sommes choqués par l'ampleur des souffrances et des destructions causées par la violence armée dans la région », déplore Nicolas Von Arx, chef de la délégation du CICR au Niger.

Suite à l'attaque des villages, 26 personnes blessées par balles ont été prise en charge grâce à l'appui du CICR. Parmi eux, 7 cas graves ont été transférés à l'Hôpital national de Niamey pour y recevoir des soins adaptés, et 19 blessés ont été admis à l'Hôpital de district de Ouallam.

L'organisation appuie l'Hôpital de district de Ouallam en matériel médical et en médicaments afin d'assurer la prise en charge des blessés et des malades. Elle soutient également le Centre de santé intégré de Mangaizé afin d'améliorer l'accès aux soins de santé primaires des communautés déplacées et résidentes de cette localité.

Les violences répétées dans la région de Tillaberi forcent des milliers de personnes à fuir leur localité d'origine. En avril 2020, suite à une précédente attaque, plus de 2500 personnes avaient trouvé refuge à Mangaizé.

Dans cette ville, on observe aujourd'hui une seconde vague de déplacement. Plusieurs centaines de familles provenant de neuf villages et hameaux voisins des villages de Tchombangou et Zaroumdarey sont récemment arrivées. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), plus de 10 000 personnes ont fui de manière préventive. La plupart ont rejoint des zones densément peuplées et vivent à présent dans des abris de fortune. Elles ont besoin de nourriture, d'eau et de soins médicaux.

Entre juin et décembre, le CICR a distribué 103,5 tonnes de rations alimentaires et évalue en ce moment, en collaboration avec la Croix-Rouge nigérienne, les besoins pour renforcer cette assistance.

Au Mali, au cours des deux derniers trimestres de l'année 2020, le conflit et les violences armées ont déstabilisé le cercle de Niono, dans la région de Ségou, ainsi que le cercle de Douentza dans la région de Mopti. Affrontements, foyers incendiés et pillages des réserves alimentaires y sont devenus monnaie courante.

En réponse aux besoins les plus urgents, le CICR a distribué des vivres et des articles de première nécessité à près de 6300 personnes touchées par ces événements, qu'elles soient déplacées ou résidentes.

Afflux de blessés et de malades

L'escalade de la violence entrave l'accès des populations aux soins de santé. La présence des groupes armés et l'absence des services de base ne font qu'empirer la situation. Dans un centre de santé situé à la limite de la zone des trois frontières, l'équipe a formé le personnel médical à la prise en charge des blessés. Elle a pu traiter 40 patients et effectué 23 opérations chirurgicales. Les stocks du centre de santé ont été réapprovisionnés en médicaments et en matériel médical.

« Les blessures de guerre sont toujours très contaminées et les projectiles peuvent causer une destruction massive des tissus mous, des os ou d'autres structures », explique Dr Rudy Lukamba, coordinateur médical pour le CICR au Mali.

« Nous ne suturons pas les plaies pour éviter les gangrènes et les amputations », poursuit-il. Ces procédures permettent ainsi de sauver des vies dans des zones où le personnel médical est rare.

Depuis le début de l'année, l'équipe chirurgicale du CICR à l'hôpital régional de Mopti a également pris en charge 26 blessés. Certains patients sont les victimes d'engins explosifs improvisés. Les civils continuent d'être la cible d'actes de violence, d'attaques intercommunautaires et de banditisme.

Ambulances attaquées

En ce début d'année, les organisations humanitaires et les autorités sanitaires ont subi des actes de violences, attaques et menaces visant leurs personnels et leurs moyens de transport.

On estime que lorsque des véhicules sanitaires sont entravés dans leurs mouvements ou attaqués, cela empêche entre 10 et 20 pour cent des patients d'avoir accès aux soins hospitaliers. Cela se traduirait par une baisse de fréquentation des structures de santé et une rétention des patients dans des structures inadaptées à leur état à défaut de pouvoir les référer vers les centres hospitaliers.

« Les blessés, les malades, le personnel de santé et les travailleurs humanitaires ne doivent pas être pris pour cibles. Ils doivent être épargnés et respectés. Tout le monde a le droit de recevoir des soins de santé. Le respect de la mission médicale ou de secours est une obligation en tout temps et en toutes circonstances », rappelle Ronald Ofteringer, chef de la délégation du CICR au Mali.

Au Sahel, le CICR soutient les structures de santé, distribue nourriture et semences, réhabilite les points d'eau, vaccine le bétail contribuant ainsi à l'amélioration des conditions de vie de près de 2 millions de personnes.