Introduction
Dans les régions du centre et du nord du Mali l’accès humanitaire demeure préoccupant pour la communauté humanitaire.
Le contexte d’insécurité reste marqué par une criminalité grandissante, la prolifération des groupes et milices armés, les tensions violentes inter et intra-communautaires, et des incidents liés aux Engins Explosifs Improvisés (EEI). Les Groupes Armés Non Etatiques (GANE) mènent de plus en plus d’attaques contre les positions militaires maliennes. Ils semblent élargir leurs zones d’influence dans un contexte où les Forces Armées Maliennes (FAMa) se retirent, par moment, de certaines positions de sécurisation avancées créant un vide sécuritaire dans les cercles de Douentza, Koro et Bankass dans la région de Mopti et dans les régions de Ménaka et Gao. A cela s’ajoutent les contraintes d’accès physique à certaines localités du fait de l’absence et de l’état défectueux des infrastructures routières, la voie aérienne restant la voie principale d’accès et sécurisé. En général, l’effet combiné de ces deux facteurs rend de plus en plus compliqué l’acheminement de l’assistance humanitaire aux communautés vulnérables et particulièrement celles retranchées dans les localités éloignées des grandes villes. Au regard de la possibilité de l’impact sur la délivrance de l’assistance humanitaire, le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) Mali publie depuis janvier 2019 un bulletin périodique sur l’accès humanitaire en appui de la mise en œuvre des stratégies plus adaptées. Basés sur des discussions entre les acteurs humanitaires concernés, ces rapports fournissent une analyse de la situation de l’accès, basée sur la réalité du terrain au cours du trimestre écoulé. Le dernier bulletin paru en septembre 2019 signale que les contraintes d’accès humanitaire et leur intensité varient en fonction du contexte et des dynamiques locales. À travers ses sous-bureaux à Gao, Mopti, Ségou et à Tombouctou OCHA a organisé vingt-deux (22) discussions avec les partenaires humanitaires des Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales et internationales, ainsi que des Agences Fonds et Programmes (AFP) des Nations Unies. Ces discussions ont eu lieu dans les communes de Nianfunké, Goundam et Diré (région de Tombouctou), les communes de Douentza et de Djenné (région de Mopti), les communes de Niono et Ségou (région de Ségou), à Kidal et 3 à Gao pour les discussions avec les ONG nationales et internationales. Les discussions avec les représentants des AFP des Nations-Unies ont été organisés à Mopti, Gao, et Tombouctou.
Au cours de la période d’octobre à décembre 2019, ce rapport se focalise sur l’accès des organisations sur le terrain, leurs défis et les solutions préconisées. L’accès des organisations humanitaires à la population est basé sur une analyse individuelle de chaque acteur ou organisation humanitaire. La perception de l’accès de chaque organisation repose sur une analyse qui prend en compte des facteurs objectifs (comme des incidents sécuritaires antérieurs, l’état des infrastructures, etc.), mais aussi une lecture du contexte dans sa globalité, les risques de futurs incidents, des garanties ou confirmations d’acceptation de l’action humanitaire reçues ou non des acteurs pertinents, armés ou civils, des bénéficiaires, etc.
Le sud du pays n’est pas représenté pour des raisons de contexte, puisque dans les cercles de Koulikoro, Kayes et Sikasso, les interventions humanitaires se déroulent sans entrave. Néanmoins OCHA continue de suivre le développement de la situation dans cette partie du pays.
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