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11 à 15 millions de tonnes de céréales attendues au Sahel cette année

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Réunion régionale sur les perspectives agricoles et alimentaires au Sahel et en Afrique de l'Ouest - Campagne agricole 2006-2007 Mindelo/Cap-Vert : 26-28 septembre 2006 Avis conjoint sur le déroulement de la campagne 2006-2007, les perspectives agricoles et alimentaires au Sahel et en Afrique de l'Ouest (Pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, CILSS, FAO, FEWS NET, PAM) Malgré un début de pluie incertain, la campagne agricole est sur le point de s'achever sur une note d'espoir avec de bonnes récoltes en cours ou en perspectives dans tous les pays. Les stades de développement des cultures sont satisfaisants allant du stade épiaison à maturation. La situation hydrologique est caractérisée par des écoulements généralement bons sauf dans les parties en amont du fleuve Sénégal et du fleuve Niger. Néanmoins, certaines zones situées au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont connues de fortes inondations ayant occasionné des dégâts importants. Pour ce qui concerne la situation pastorale, on note une bonne amelioration de la disponibilité fourragère et un remplissage satisfaisant des plans d'eau. Les termes de l'échange céréale/bétail sont favorables aux éleveurs dans les pays du CILSS. La situation phytosanitaire est calme et le risque de péril acridien est limité cette année. Sur la base des premières informations disponibles sur le développement actuel des cultures, les récoltes céréalières attendues au Sahel, se situeraient entre 11, 5 millions (scénario le plus pessimiste consistant à un arrêt brusque des pluies au 30 septembre 2006) et 15 millions de tonnes (en cas de poursuite desè pluies durant la première décade d'octobre 2006). Ce seuil pourrait être dépassé si les pressions parasitaires sont bien maîtrisées et si tous les semis tardifs arrivent à bien terminer leurs cycles. On pourra aussi assister à de très bonnes récoltes des cultures de rente particulièrement les légumineuses notamment le niébé dont l'importance économique se renforce. Par ailleurs, de bonnes conditions de cultures de contre saison se trouvent réunies dans plusieurs régions. Ainsi le tableau de perspectives de bonnes productions pluviales peut être embelli davantage par la mise en place de semences de contre saison ce qui viendra renforcer non seulement les disponibilités alimentaires mais aussi améliorer la situation nutritionnelle et les revenus des populations sahéliennes afin de faciliter l'accès aux denrées alimentaires de base. Dans les pays côtiers, les productions sont également favorables avec des niveaux attendues supérieurs à la moyenne. Sur le plan alimentaire, la situation est globalement bonne avec des marchés bien approvisionnés et des prix de céréales en général bas, ce qui a facilité l'accès des populations aux denrées alimentaires. La forte tension qui a caractérisé les marchés du Sahel en 2005 n'a pas dans l'ensemble été constatée cette année. Les transferts de céréales inter-zones ou entre pays se sont relativement maintenus bien que les surplus commercialisables n'étaient pas très importants car une bonne partie des productions de céréales a servi à la reconstitution des réserves familiales. Dans l'ensemble, le niveau d'approvisionnement des marchés en céréales est satisfaisant. L'arrivée de nouvelles récoltes a commencé de renforcer l'équilibre alimentaire de la région et la bonne production attendue serait plus utile si les producteurs trouvent des débouchés suffisamment rémunérateurs. En 2005, des obstacles aux échanges transfrontaliers ont été notés ce qui était déplorable et non conforme aux engagements des Etats dans le cadre de la CEDEAO et de l'UEMOA. Pour cette campagne, il faudra éviter que cette situation ne se répète. Des dispositions doivent alors être envisagées pour assurer une bonne commercialisation des excédents qui seront dégagés à travers la région. Les actions doivent viser rapidement le renforcement des stocks nationaux de sécurité alimentaire et la poursuite de la constitution des stocks stratégiques en cours au Sénégal et au Nigeria. D'autres actions peuvent être entreprises dans le cadre du renforcement

des banques céréalières pour assurer un transfert adéquat des produits alimentaires des zones excédentaires vers les zones déficitaires. A cet effet il convient dès maintenant de mettre à contribution les dispositifs d'information sur les marchés, les offices, les réseaux des opérateurs et autres structures de collecte/commercialisation sur les disponibilités prévisionnelles et les mesures visant l'application effective des réglementations en matière de commerce régional. Sur le plan nutritionnel, le taux de malnutrition reste encore élevé dans plusieurs pays même si on note une certaine amélioration notamment au Niger. Les interventions d'urgence et de longue durée (alimentaires et non alimentaires) sont encore nécessaires. Enfin, malgré ce bilan globalement satisfaisant, certaines zones vont connaître hélas des baisses significatives de production (surtout pour les cultures de rente comme le coton et l'arachide) à l'issue de la campagne agricole 2006-2007 et cela pour diverses raisons : - le retard d'installation de la campagne et l'insuffisance de semences des cultures de substitution dans de telle situation ; - les sécheresses ; - les inondations ; - les conditions structurelles et économiques de production notamment l'insuffisance des terres, des engrais, de la main d'œuvre qui ont entraîné plusieurs cas d'abandon de champs ou de mauvais traitement ayant abouti à des baisses de rendement. Ces zones très localisées sont éparpillées dans tous les pays et un travail minutieux doit être entrepris par les dispositifs d'information pour bien les identifier et définir leurs besoins et les types d'interventions appropriées qui pourraient leur être apportées. Les prochaines missions conjointes Gouvernement/CILSS/FAO/FEWS NET/PAM/ prévues à partir de la mi octobre 2006 procèderont à cette évaluation approfondie de la situation dans tous les pays du Sahel et au Nord du Nigeria. Par ailleurs, certaines populations sont ou seraient en difficultés alimentaires pour des raisons sociopolitiques. Il s'agit des réfugiés au Tchad, en Guinée Bissau, en Gambie, au Ghana, au Bénin, en Sierra Leone et en Guinée. Ces différentes situations méritent d'être suivies conjointement par toutes les institutions opérant dans la région afin d'informer régulièrement les décideurs nationaux, régionaux et internationaux de toute évolution et des dispositions a prendre. Un programme doit être établi à cet effet à la fin de la réunion régionale de concertation technique sur les résultats préliminaires des enquêtes agricoles et d'établissement des bilans alimentaires à Bamako/Mali en novembre 2006. Fait à Mindelo, le 28 septembre 2006