LES POINTS MARQUANTS
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Un barrage vient d’être inauguré sur la rivière Ankaibe afin d’accroître la productivité agricole
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Il va permettre d’irriguer une surface rizicole de 2 100 hectares et 6 000 ménages devraient en bénéficier
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Depuis 23 ans, cette zone agricole n’avait pu être exploitée par les agriculteurs, faute de système d’irrigation adéquat
ANDAPA, le 19 novembre 2014 - La région de la SAVA, au nord-est de Madagascar, l’un des principaux greniers à riz du pays, vient de se doter d’un barrage de dérivation sur la rivière Ankaibe, dans le district d’Andapa. Inauguré par le Président de la République de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina le 5 novembre dernier, ce barrage a coûté sept millions de dollars, financé avec le soutien de la Banque mondiale à travers le projet Bassins versants et périmètres irrigués (BVPI).
« Ce barrage va permettre d’augmenter la production, ce qui permettra aux agriculteurs d’accroître leurs revenus, et donc d’améliorer leurs conditions de vie » s’est réjoui le Président Rajaonarimampianina lors de la cérémonie d’inauguration. « Les surplus de production pourront être exportés, et contribuer à la richesse du pays. Mais ce barrage va aussi avoir un impact positif sur l’emploi dans la région, car il faudra plus de producteurs, de collecteurs et de transporteurs ».
Bâti sur la rivière Ankaibe, le barrage a une largeur de cinquante mètres, et est relié à six kilomètres de canaux, dont trois kilomètres souterrains et en béton. Le financement octroyé par la Banque mondiale a permis de bâtir le barrage, le bassin de dessablement qui y est associé, ainsi que les canaux. La construction du barrage a également nécessité l’arasement de toute une colline rocheuse. La couverture végétale qui existait avant les travaux a retrouvé son état d’origine . Le barrage va permettre de contrôler l’irrigation d’une surface rizicole de 2 100 hectares, et ainsi bénéficier à plus de 6 000 ménages de cette zone. Depuis vingt-trois ans, ce périmètre n’avait pu être exploité par les agriculteurs, faute de système d’irrigation adéquat.
Du fait de la construction du barrage, 145 ménages ont dû être déplacés, ou ont perdu leurs terres. « Toutes ces personnes ont été compensées sur la base d’un plan de relocalisation, dans le respect des lois en vigueur et des politiques opérationnelles de la Banque mondiale », a souligné Lanto Ramaroson, Coordinateur du programme national BVPI. Le Gouvernement malgache a alloué 600 millions d’ariary qui ont permis de financer des mesures compensatoires à travers le projet BVPI, mais également d’organiser des formations en techniques d’élevage et d’agriculture.
Depuis longtemps, la Banque mondiale accorde un intérêt majeur au secteur agricole en général, et au développement de l’irrigation en particulier. « Notre approche se veut maintenant plus intégrée » a expliqué Coralie Gevers, représentante résidente de la Banque mondiale à Madagascar. « Elle associe à la fois la réhabilitation des infrastructures, l’intensification agricole avec un paquet technologique performant, la sécurisation foncière, et le développement des bassins versants ». L’implication de toutes les parties prenantes (associations d’usagers de l’eau, le ministère de l’Agriculture et du développement rural, ainsi que les autorités locales) dans la gestion et l’entretien des périmètres irrigués favorise l’appropriation des infrastructures, ce qui sera un facteur essentiel pour leur pérennisation.
La méthode a démontré son efficacité. « Dans nos zones d’interventions, nous avons pu constater que le rendement moyen a au moins doublé. Il était autrefois de 2,7 tonnes à l’hectare, et est passé à 4,4 tonnes/hectare depuis la mise en œuvre du projet » explique Ziva Razafintsalama, spécialiste senior en développement rural à la Banque mondiale. La croissance de la productivité a eu un effet positif sur le revenu des paysans. Léon Rakotonirina, président des riziculteurs de Sahamaloto (région d’Alaotra-Mangoro, dans laquelle le BVPI intervient également), manifeste sa satisfaction : « la plupart des agriculteurs qui travaillent sur une superficie d’au moins deux hectares ont été capables de s’acheter un motoculteur, et ceux qui allaient autrefois à pied ou à bicyclette ont pu s’acheter une moto ». D’autres, comme Lucienne à Ambohitraivo (région d’Alaotra-Mangoro) ont pu bâtir une maison plus grande et acheter un tracteur.