Rapport Spécial - Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire à Madasgascar (21 décembre 2018)

FAITS SAILLANTS

  • La production nationale de riz (paddy) est estimée à environ 3,3 millions de tonnes en 2018, soit 9 pour cent de plus que la maigre récolte de 2017, mais toujours 8 pour cent de moins que la moyenne quinquennale (2013-2017).

  • La croissance par rapport à l'année dernière tient principalement aux conditions météorologiques propices qui ont prévalu dans plusieurs des grandes régions productrices de riz. L’augmentation aurait pu être plus importante, mais elle a été limitée par une contraction de la production dans la région de Vakinankaratra, l’une des principales régions productrices, en raison de conditions météorologiques défavorables.

  • Dans les régions méridionales d'Atsimo Andrefana, Androy et Anosy, où les taux d’insécurité alimentaire sont les plus élevés, la campagne agricole 2017/18 a été caractérisée par des précipitations inférieures à la moyenne qui ont provoqué d'importantes réductions de la production.

  • Le pays a été frappé par les cyclones Ava (janvier) et Eliakim (mars) qui ont compromis les récoltes de paddy et la production des cultures commerciales dans les régions côtières de l’est et du nord.

  • Des invasions de chenilles légionnaires d'automne ont été signalées pour la première fois dans le pays en novembre 2017 et ont nui à la production de maïs dans plusieurs régions.

  • La production nationale de maïs est estimée à environ 215 000 tonnes, soit 24 pour cent de moins qu'en 2017 et 36 pour cent de moins que la moyenne.

  • La production de manioc – la deuxième culture alimentaire la plus importante en termes de calories consommées – est estimée à environ 2,5 millions de tonnes, soit un niveau similaire à celui de 2017, mais inférieur de 9 pour cent à la moyenne.

  • Les besoins d'importation de riz pour la campagne de commercialisation 2018/19 (avril/mars) sont estimés à environ 530 000 tonnes, contre 727 000 tonnes importées au cours de la campagne de commercialisation 2017/18.

  • Selon les estimations, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère serait en recul dans les régions d'Atsimo Atsinanana et de Vatovavy Fitovinany dans le sud-est du pays, grâce à la production accrue en 2018 par rapport aux récoltes réduites par la sécheresse en 2017. En revanche, dans les régions méridionales d'Androy, Anosy et Atsimo Andrefana, l'insécurité alimentaire s'est aggravée, en raison de la forte contraction de la production céréalière enregistrée cette année.

  • Dans les régions du sud, seulement un ménage sur dix dispose d’un accès acceptable à la nourriture et la majorité de ces ménages consomme moins de quatre groupes d'aliments. En outre, selon les estimations, les stocks alimentaires des ménages seraient épuisés depuis le mois d’août. En conséquence, les ménages ont été dépendants de l’offre sur le marché plus tôt qu’à la normale, et une large part des ménages a eu recours à des stratégies d’adaptation négatives, préjudiciables pour leurs moyens de subsistance.

  • La Mission estime que 564 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire dans les régions du sud, du sud-est et de l'est du pays. Environ 2,35 millions de personnes supplémentaires sont estimées en situation d’insécurité alimentaire modérée dans ces régions.

  • Les taux élevés d'insécurité alimentaire sont favorisés par une pauvreté structurelle et de faibles revenus; une analyse plus approfondie révèle également que l'insécurité alimentaire transitoire aiguë est très sensible aux chocs négatifs. Il convient par conséquent d’assurer une étroite coordination entre les interventions qui répondent à la fois aux facteurs à court et à long termes.