Rapport Spécial : Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire à Madagascar, 22 décembre 2017

FAITS SAILLANTS

  • La production nationale de riz (paddy) est estimée à un peu plus de 3,1 millions de tonnes en 2017, soit 20 pour cent de moins qu’en 2016 et 19 pour cent de moins que la moyenne des trois précédentes années (2013-2015).

  • Ce recul de la production est principalement dû à un démarrage tardif de la saison des pluies et à une sécheresse sévère qui a tout particulièrement touché les principales régions productrices de riz du nord, du centre et de l’est en milieu de campagne.

  • Le pays a également été frappé par le Cyclone Enawo, qui a compromis davantage encore les récoltes de cette année. Toutefois, les fortes pluies ont partiellement comblé les déficits hydriques observés en début de campagne dans certaines régions et ont contribué à limiter les répercussions du stress hydrique dans certaines zones.

  • Dans les régions méridionales d’Androy et d’Anosy, les conditions météorologiques ont été plus clémentes et ont favorisé des gains de production annuels modérés, après trois années consécutives de production réduite à cause de la sécheresse. Toutefois, les récoltes de 2017 restent inférieures à la moyenne.

  • La production nationale de maïs est estimée à 280 000 tonnes, soit environ 20 pour cent de moins que la moyenne pour la période 2013-2015, en raison des conditions de sècheresse. La production de manioc est estimée à environ 2,5 millions de tonnes, soit une réduction de 4 pour cent par rapport à l'année dernière.

  • Le resserrement de l’offre sur le marché intérieur a provoqué une augmentation des prix du riz au début de 2017. Depuis le mois de mai, les prix se sont stabilisés, les importants volumes importés et l’arrivée des nouvelles récoltes ayant atténué la pression à la hausse, les prix sont toutefois restés plus élevés qu’il y a un an.

  • Les besoins d'importation de riz pour la campagne de commercialisation 2017/18 (avril/mars) sont estimés à environ 570 000 tonnes, contre 241 000 tonnes importées au cours de la précédente campagne de commercialisation. Selon les prévisions, les importations commerciales devraient presque entièrement combler ce déficit. Dans l'ensemble, les besoins d’importation céréalière (y compris de maïs et de blé) sont estimés à 832 000 tonnes.

  • Selon les résultats de l'enquête sur la sécurité alimentaire des ménages, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère a diminué dans les régions du sud, grâce principalement à une amélioration de la production agricole dans les régions d’Androy et d’Anosy. En revanche, dans le sud-est du pays, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire modérée a augmenté à la suite des chocs météorologiques qui ont frappé cette partie du pays.

  • La Mission estime que 407 655 personnes sont en situation de grave insécurité alimentaire dans le sud et le sud-est, contre près de 600 000 en 2016, et 1,7 million de personnes supplémentaires sont estimées en situation d'insécurité alimentaire modérée. Le rapport indique que 35 pour cent des personnes en situation d'insécurité alimentaire modérée ont été contraintes d’adopter des stratégies de survie négatives et restent donc exposées à un risque élevé d’insécurité alimentaire sévère en l’absence d’aide humanitaire.

  • Les populations les plus vulnérables sont généralement les ménages dirigés par des femmes ou des personnes âgées, qui possèdent souvent peu de biens de production et dont l'agriculture constitue la principale source de subsistance.