Madagascar

Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar : Campagne 2015/16 - Rapport final, Septembre 2015–juillet 2016

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RÉSUMÉ

L’invasion du Criquet migrateur malgache a commencé en avril 2012. Compte tenu de son ampleur, il était estimé que la sécurité alimentaire de 13 millions de personnes (60 pour cent de la population) pouvait être affectée en l’absence d’interventions antiacridiennes massives. Pour faire face à cette situation catastrophique, un Programme triennal (2013-2016) de réponse d’urgence à l’invasion acridienne a donc été préparé conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Ministère de l’agriculture (MinAgri) en décembre 2012 et mis en oeuvre à partir de septembre 2013.

Grâce à la réponse positive des bailleurs, tous les fonds requis pour le Programme triennal ont été réunis et ont permis à la FAO de le mener à son terme.

Les résultats de la mission d’évaluation de l’efficacité de la troisième campagne antiacridienne ont montré qu’elle a enregistré des résultats très positifs et constitue un succès. En effet, les opérations de lutte menées au cours de cette troisième campagne furent efficaces et ont permis de réduire notablement le nombre et l’étendue des zones de présence du Criquet migrateur malgache ainsi que la grégarité et les effectifs de ses populations. De plus, la décision de prolonger de 10 jours (jusqu’au 10 juillet 2016) le contrat de l’hélicoptère et d’un mois (jusqu’au 31 juillet 2016) les activités des équipes terrestres a permis de diminuer le nombre d’essaims encore en déplacement dans les zones infestées.

Les trois campagnes antiacridiennes successives ont été menées avec succès : les opérations de prospection et de lutte, principalement aériennes, réalisées de septembre 2013 à juillet 2016 ont permis de maîtriser les populations acridiennes sur plus de 2,3 millions d’hectares (ha) –près de 1,22 million d’ha pendant la campagne 2013/14, 640 000 ha pendant la campagne 2014/15 et quasiment 472 400 pendant la campagne 2015/16- dans le respect de la santé humaine et de l’environnement. De plus, la campagne 2015/16, encore plus que les deux précédentes, a considérablement contribué au renforcement des capacités nationales à travers des formations spécifiques dispensées dans différents domaines techniques, complétées par des formations pratiques in situ réalisées en continu par les différents experts présents sur le terrain.

Au terme de la troisième campagne antiacridienne (2015/16), le 31 juillet 2016, date de fin des activités de terrain, la situation acridienne était celle d’une quasi-rémission. Ainsi, les objectifs spécifiques des trois campagnes antiacridiennes, à savoir l’arrêt de l’invasion acridienne, l’accompagnement de son déclin escompté puis le retour vers une situation de rémission et le renforcement des capacités nationales en gestion antiacridienne, ont été atteints. De plus, les cultures et les pâturages ont été protégés tout comme la sécurité alimentaire, objectif principal du Programme triennal. En effet, le rapport CFSAM 2016 a indiqué que les dégâts causés par les criquets sur les cultures et les pâturages en 2016 étaient négligeables à l'échelle nationale et que l'invasion acridienne commencée en 2012 était désormais terminée.

Toutefois, quelques populations groupées, peu nombreuses et de petite taille, étaient toujours présentes. Par conséquent, il sera impératif que le Centre national antiacridien (CNA) évalue la survie de ces populations en fin d’hiver austral puis suive, si besoin est, leur dynamique, au même titre que celle des populations solitaires, au cours de la prochaine campagne, en 2016/17. En tout état de cause, les populations groupées résiduelles devront être localisées et éliminées sans tarder afin de ne pas risquer d’avoir à faire face à une nouvelle résurgence acridienne.