Madagascar

Les programmes de vivres-contre-travail aident les communautés affectées par les cyclones à rebâtir leur vie

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Par Volana Rarivoson

Plus de trois mois se sont écoulés depuis que les régions de la côte Est et du Sud-est de Madagascar ont été frappées par le passage successif des cyclones Giovanna et Irina. Le PAM aide les ménages les plus vulnérables à rebâtir leurs vies. Eliniamba est une des bénéficiaires de cette aide.

Evatana est une commune de 12 000 habitants du district de Manakara, au Sud-est de Madagascar. Cette partie du pays est régulièrement frappée par les cyclones et les inondations qui causent d’importants dégâts sur les infrastructures communautaires et les champs agricoles, notamment sur les deux principales cultures : le riz et le manioc. Dans cette région enclavée du pays, la vie n’a jamais été facile. Faute de pistes rurales, les communautés isolées ont de la difficulté à écouler leur production agricole. «Il arrive que nous soyons obligés de marcher jusqu’aux communes voisines juste pour pouvoir acheter un peu de manioc, surtout en période de soudure» confie Eliniamba, habitante d’Evatana. Pour bien des ménages, c’est rare de prendre trois repas par jour. «Et les conséquences des inondations ont aggravé notre situation déjà bien précaire», se désole Eliniamba, 50 ans et mère de deux enfants.

Rizières ensablées
Eliniamba cultive du riz et du manioc. Comme pour des milliers de paysans du village, sa rizière a été ensablée après les inondations. Après avoir apporté une assistance immédiate aux communautés les plus affectées au lendemain des catastrophes, le PAM appuie les ménages les plus vulnérables à rebâtir leurs vies et à se préparer à d’éventuelles futures catastrophes à travers des activités de vivres-contre-travail. Ces travaux visent à réhabiliter les infrastructures communautaires telles que les pistes et les aménagements agricoles endommagés. A Evatana, les activités, conduites par le PAM en collaboration avec son Partenaire Inter Aide consistent à aménager un canal d’irrigation et un barrage de rétention d’eau sur 300 hectares de rizière. Cinq cent vingt paysans participent à ces activités. «J’espère que ces travaux assureront la prochaine production rizicole prévue au mois d’août », poursuit Eliniamba.

Modes de subsistance perturbés

«Les rations alimentaires fournies par le PAM dans le cadre des vivres-contre-travail permettent d’atténuer les effets de la période de soudure et d’assurer une consommation alimentaire acceptable pour les communautés les plus affectées par les cyclones, tout en améliorant leurs économies grâce aux investissements qui donnent des fruits à moyen terme» a expliqué Willem van Milink, Représentant du PAM à Madagascar.

L’évaluation approfondie de la sécurité alimentaire menée par l’Equipe Humanitaire et le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophe en mars 2012 révèle que près de 400 000 personnes dans ces régions feront face à une insécurité alimentaire sévère dans les deux mois à venir. Il s’agit notamment des ménages dont les moyens de subsistance ont été perturbés voire entièrement anéantis par les inondations.

«Dans cette région, le nombre d’enfants par ménage est d’au moins six. Face à cette surpopulation, le relief, très accidenté, limite fortement les surfaces cultivables. Le manque de nourriture et l’insécurité alimentaire dure une bonne partie de l’année. Grâce à l’assistance, les communautés les plus vulnérables ont une consommation alimentaire régulière », explique Jeans Randriamanantsoa, technicien agricole auprès d’Inter Aide.

Grâce aux contributions de ses bailleurs de fonds, le PAM appuie près de 146 000 personnes à travers ces activités de vivres-contre-travail menées dans les régions du Sud-est et de l’Est de Madagascar.