Madagascar

Evaluation approfondie multisectorielle de la sécurite alimentaire Grand Sud de Madagascar (Avril 2022)

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Résumé

Cette évaluation concerne 2477 ménages répartie dans 250 Fokontany dans les trois régions du Grand Sud afin de s’enquérir des conditions de vies, l’évolution de la campagne encours et une mise à jour des indicateurs de sécurité alimentaire dans les ménages.

Plus part des chefs ménages sont peu ou pas scolarisés. 73% des ménages habitent dans une pièce ce qui dénoté une promiscuité précaire. Presque tout le monde utilise le bois de chauffe ou le charbon comme source d’énergie d’où une forte pression sur la nature. La moitié des ménages n’ont plus de personne d’inactive qu’active. 3 ménages sur 10 n’ont pas accès à une source potable. 84% des ménages pratiques l’agriculture et plus du tiers des ménages exerce le commerce ainsi que l’élevage. La majorité des ménages d’Ampanihy (74%) et Betioky (62%) consacrent plus de 75% de leurs dépenses en alimentation ce qui dénote une vulnérabilité économique très élevée. 75% des ménages ont déclaré avoir subi au moins un choc courant les 6 derniers mois, les principaux cités sont la sécheresse, la hausse des prix des denrées alimentaires, et les dégâts sur les cultures (criquets, oiseaux, animaux, etc.).

Les petites récoltes de novembre 2021 à mars 2022 ont été jugées inferieures à la moyenne pour 76% de ménages, avec une couverture moyenne de 1 mois de consommation. Pour la grande campagne, 60% des ménages ont semé tardivement à cause du retard de pluies utiles qui ne sont arrivées qu’au mois de janvier. Les dégâts des déprédateurs (ennemies des cultures) ont été fortement signalés par les communautés principalement sur le maïs, la patate douce et dans une moindre mesure le riz et le manioc. 52% des ménages ont besoin d’assistance principalement en termes de semences et de matériels d’irrigation. La moitié des communautés ont déclaré une baisse de 53 % de superficies cultivées comparer à l’habituelle. La production future (grande saison) serait en diminution de 63% par rapport à la normale. Cette baisse est plus prononcée dans les districts d’Ampanihy, Betioky, Bekily, Betroka et Taolagnaro (environ 70% de) à cause des conditions climatiques, des déprédateurs et des couts élevés des intrants agricoles. La couverture des récoltes en termes de consommation varie entre 1 à 5 mois.

Plus de 70 % des ménages d’Ambovombe et Bekily ont une consommation insuffisance (Pauvre et limite) dont plus du quart (25%) de leurs ménages affichant un score pauvre. Ils sont suivis d’Amboasary et Taolagnaro avec 67% chacun. La tendance affiche une amélioration par rapport à l’année passée dans tous les districts imputables aux assistances et à l’arrive de quelques petites récoltes et produits de cueillette par endroit. La même tendance est observée par rapport à la diversité alimentaire même si un niveau faible est observé pour au moins le tiers des ménages des districts d’Ambovombe, de Tsihombe et de Beloha. Concernant les stratégies d’adaptation réduit (rCSI), dans les districts de Bekily, d’Ambovombe, de Betroka : plus de 6 ménages sur 10, sont concernés par l’adoption de stratégie alimentaire classe en crise et ou d’urgence selon IPC c’est qui est alarmante. Les ménages ont eu recours à des stratégies néfastes basées sur leurs moyens d’existence productifs (Crise plus urgence) pour se procurer de la nourriture. Il s’agit des 61% des ménages de Bekily, 52% des ménages de Taolagna. Ce qui provoquera une érosion des moyens d’existence les rendant ainsi vulnérables à l’insécurité alimentaire. Par ailleurs, il est observé une diminution significative d’utilisation des CSI comparé à l’année passée.

Le niveau prévalence de l’insécurité alimentaire globale (IAG) reste critique surtout à Bekily avec 72% suivi d’Amboasary et d’Ambovombe avec 67% chacun ainsi que 66% pour Taolagnaro. Par rapport à l’année passée à la même période, une nette amélioration de la prévalence est notée, excepté le district Betioky avec une hausse de 7 points. Cette amélioration pourrait être imputable à l’assistance alimentaire et les petites récoltes par endroit.
La prévalence de la Malnutrition Aigüe Globale dans l’ensemble des trois régions du Sud de Madagascar est de 9,5% (IC 95% [8,0-11,1]) en Mars/Avril 2022 selon le Périmètre Brachial. Ce qui situe ces régions dans des situations IPC phase 2 (alerte) ou IPC phase 3 (sérieuse). Cette prévalence inférieure à la Proxy-MAG de l’enquête SMART dans 10 districts (12,4% - IC [10,8-14,2]) en Mars/Avril 2021. Ce qui montre une réelle amélioration de la situation par rapport a la même période de l’année passée.