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Un camp de transit de l'UNICEF donne de l'espoir aux enfants à la frontière entre la Tunisie et la Libye

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Par Natasha Scripture

RAS JDIR, Tunisie, 12 mai 2011 - Les tentes blanches de la nouvelle école soutenue par l'UNICEF, dans le camp de Shousha à Ras Jdir, brillent sous les rayons du soleil et redonnent une lueur d'espoir aux populations.

L'école a ouvert ses portes cette semaine et a accueilli plus de 150 enfants, tous impatients de commencer à étudier et à participer aux activités récréatives après les longues semaines d'incertitude qu'ils ont vécues. Le long de la frontière entre la Tunisie et la Libye, des milliers de personnes fuyant le conflit en Libye se déplacent constamment depuis la mi-février.

De nouvelles aspirations

« Je veux apprendre l'anglais car c'est la langue internationale », déclare Tahir, 18 ans, originaire du Tchad, qui a appris à lire l'alphabet en anglais ce matin, aux côtés de presque 50 autres élèves, dont la plupart viennent du Tchad, du Niger, de l'Érythrée et de la Somalie.

L'anglais est l'une des matières enseignées à l'école financée par l'UNICEF, dans le camp de transit de Shousha, en Tunisie. Le camp est dirigé par Save the Children, une organisation partenaire de l'UNICEF. Le français, les mathématiques et l'arabe font aussi partie du programme d'études et sont enseignés par huit professeurs qualifiés qui ont passé un examen officiel d'enseignement. Même si la plupart des élèves parlent arabe, les professeurs parlent plusieurs langues, ce qui permet à tous les enfants de suivre et de participer aux leçons.

L'UNICEF, qui part du principe que tous les enfants ont le droit à l'éducation, continue de faire campagne partout dans le monde en montrant l'importance du retour des enfants à l'école, même dans les situations les plus difficiles.

« Dans l'idéal, les enfants devraient apprendre dans leur langue maternelle, mais dans ce contexte, avec tous ces enfants de nationalités différentes, la langue principale d'enseignement est l'arabe. Un soutien supplémentaire est fourni aux communautés somaliennes et érythréennes », explique Sara Hildrew, conseillère en matière d'éducation à Save the Children UK.

Ce mardi, Jude, 8 ans, est venue s'inscrire à l'école financée par l'UNICEF accompagnée de sa mère, Awatef. « Quand je serai grande, je veux devenir un ophtalmologue », dit-elle avec beaucoup de conviction.

« Un environnement protecteur »

Awatef, originaire du Darfour, Soudan, doit, pour la deuxième fois de sa vie, fuir un conflit. A la fin du mois de mars, elle est partie en bus de Tripoli, où elle travaillait en tant que coiffeuse, accompagnée de ses sept enfants, après avoir vécu 28 ans en Lybie. « J'ai fui une guerre, et maintenant j'en fui une autre. Tout ce que je veux c'est vivre en paix, dans un lieu où mes enfants pourront étudier et trouver du travail », dit-elle. Un de ses enfants est resté à Tripoli.

Cela fait 10 jours qu'Awatef et sa famille vivent dans le camp de Shousha. Au début, ils sont restés au camp de transit des Émirats arabes unis, à proximité, avant d'être déplacés à Shousha, où vivent actuellement près de 3700 personnes. Tous sont des ressortissants de pays tiers qui attendent d'être rapatriés ou réinstallés.

« Il est primordial que les enfants retournent à l'école après avoir vécu une situation d'urgence. Cela leur offre non seulement un environnement protecteur, mais les aide à surmonter l'impact psychologique provoqué par un déplacement qui les emmène souvent loin de ce qu'ils ont toujours connu », a expliqué Maria-Luisa Fornara, représentante de l'UNICEF en Tunisie.

Ces événements donnent à Abdullah, 16 ans, originaire de Guinée, une nouvelle perspective. Pendant un an, il a vécu et travaillé dans un moulin à blé à Sabha, en Lybie. « Tout ce que je veux, c'est étudier. Étudier, étudier, étudier. Maintenant, je vais aller là où l'on pourra me laisser aller à l'école », dit-il.

Un droit de l'enfant

L'UNICEF travaille également avec le ministère tunisien de l'Éducation pour construire deux ou trois salles de classe dans les écoles tunisiennes des zones autour de Ramada, où vivent actuellement de nombreux enfants et familles libyens réfugiés.

Les enseignants libyens des communautés réfugiées seront sollicités pour donner des cours aux enfants. Ainsi, les besoins éducatifs spécifiques des enfants libyens seront satisfaits et les enfants auront l'occasion de reprendre une vie normale en combinant interaction sociale et apprentissage.